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FRANCE

L'épineuse mission des "imams" dans les hôpitaux français

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Texte par Hasnae MALIH

Dernière modification : 09/08/2010

Depuis mars 2010, plusieurs hôpitaux français ont recours aux services d'aumôniers musulmans soucieux d'apporter aux malades un point de vue religieux sur des questions de santé. Une tâche qui n'est pas sans difficultés...

Après les prisons et l’armée, des aumôniers musulmans font leur entrée dans les hôpitaux français. En mars 2010, un premier groupe a officiellement pris ses fonctions dans certains hôpitaux de la région parisienne, où un nombre croissant de patients de confession musulmane réclament la présence d’une autorité religieuse à leurs côtés.

Bien qu’il repose sur le principe de laïcité depuis la loi de 1905, le droit français garantit à chaque citoyen le droit d’exercer sa religion dans l’enceinte d’institutions publiques et prévoit qu’une partie du budget de ces institutions puisse être allouée à la rémunération d’aumôniers par exemple. Selon le même principe, la "Charte de la personne hospitalisée", édictée par le ministère de la Santé, préconise le respect des préceptes de la religion du patient et lui donne le droit de pratiquer son culte à l’hôpital, que ce soit pour l’alimentation ou les rituels mortuaires.

Les aumôniers musulmans placés dans les hôpitaux ont tous été formés pendant un an à l’Institut de formation des imams de la Grande Mosquée de Paris. Outre les cours de théologie, ils ont également pu suivre des cours de droit, d’histoire de France et d’économie à l’Institut catholique de Paris. Objectif : mieux appréhender la gestion d’un lieu de culte ou la recherche de financement publique.

"Nous ne sommes pas des missionnaires"

Si, aujourd’hui, les aumôniers musulmans ont davantage accès aux hôpitaux, c’est grâce aux imams eux-mêmes qui ont écrit au président français, Nicolas Sarkozy, ainsi qu’à nombre de ministères et d’hôpitaux afin que des postes puissent être créés pour eux. Pour Abdelkader Khali, aumônier à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière "les hôpitaux grouillent de malades musulmans car il leur est encore difficile de s’orienter vers des cabinets particuliers. Avant l’arrivée des imams, les patients se retrouvaient souvent perdus sur les questions qui touchent à la foi, à leur santé et à leur religion. Ils ont souvent dû appeler la Grande Mosquée de Paris pour obtenir des réponses, mais la mosquée n’était pas toujours à même de répondre à tous les appels."

À la Pitié-Salpêtrière, dans le XIIIe arrondissement de Paris, les deux aumôniers jouent le même rôle que les autres représentants religieux, catholiques, protestants ou juifs, celui d’intermédiaire entre les patients et le personnel hospitalier. Ils sont à l’écoute des patients et leur apportent des réponses à certaines questions religieuses. Mais c’est au patient d’en manifester le souhait et non l’inverse.

"Nous ne sommes pas là en tant que missionnaires ou pour répandre l’islam dans l’hôpital, et même si nous le voulions, le droit français, bâti sur le principe de laïcité, nous en empêche, explique Abbas Abd el-Nour. On fait appel à nous pour prodiguer les soins selon le rite musulman, ou pour prier avec la famille d’un patient décédé. Nous intervenons également en cas de désaccords entre les familles et le personnel hospitalier pour apaiser la situation."

Le ramadan chez les malades

La mission de ces aumôniers n’est cependant pas sans difficultés au quotidien. "Depuis que nous sommes à l’hôpital, nous n’avons pas encore rencontré de problème grave, témoigne Abbas Abd el-Nour. Certains aumôniers bénévoles qui travaillent, ici à la Salpêtrière, ou ailleurs, ont rencontré quelques difficultés. Comme ce mari qui a refusé que son épouse, qui venait d’accoucher à l’hôpital Beaujon, soit examinée par un médecin homme ou qu’elle reste seule dans sa chambre." Dans ces cas précis, c’est par le dialogue que les aumôniers parviennent à conseiller les patients ou leurs proches. Mais l’entêtement de certains nécessite parfois de faire appliquer de force le règlement de l’hôpital.

Parfois, des personnes souffrant de maladies graves, de problèmes cardiaques ou d’insuffisance rénale refusent parfois de se conformer à un traitement régulier. C’est ce dont témoigne encore Abbas al-Nouri : "Certains patients, notamment les plus âgés, refusent totalement l’idée de ne pas faire le ramadan. Ils disent qu’ils sont à l’article de la mort et qu’ils ont peur de se retrouver devant leur Dieu en n’ayant pas respecté le jeûne. Devant ce genre de situation, certains médecins se montrent compréhensifs et essaient de modifier l’heure de prise des médicaments selon celle de la rupture du jeûne, mais ce n’est pas toujours possible selon l’état de santé des patients."

Don d’organe et crémation, que dit l’islam ?

Ce sont toutefois les questions morales qui représentent pour ces aumôniers la plus grande difficulté. "Des patients nous ont demandé le point de vue de l’islam sur le don d’organe, explique Abdelkader Khali. Nous ne donnons pas de réponse précise car la question est très sensible, et c’est au patient ou à sa famille de prendre la décision. Tout ce que nous pouvons faire, c’est les aider à réfléchir au travers de textes religieux. El l’aumônier d’ajouter : "Il y a également le cas de patients qui, souffrant de malformations cardiaques, ont besoin de valves fabriquées à base de tissus d’animaux et se posent la question de savoir si l’islam le permet."

L’une des raisons qui a poussé les aumôniers musulmans à s’investir en milieu hospitalier est le fait que des patients décédés ont subi une crémation. Une pratique que l’islam interdit. "Dans le cas ou un malade décède et qu’il n’a pas de famille, ou si sa famille n’a pas les moyens de lui offrir une sépulture, dont la concession peut s'élever à 3 000 euros, la mairie prend la décision soit de lui faire subir une crémation, soit de l’enterrer dans une fosse commune où son corps restera cinq ans avant d’être brûlé, explique Abdelkader Khali. Lorsque nous sommes confrontés à ce cas de figure, nous demandons l’aide financière des fidèles pour pouvoir offrir des tombes aux musulmans dans le besoin."

Aujourd’hui à Paris, une dizaine d’aumôniers musulmans sont rémunérés par les hôpitaux. Parmi eux, des femmes qui ont pour tâche notamment de laver les corps des patientes décédées. Dans les hôpitaux parisiens et en province interviennent aussi des aumôniers bénévoles dont le travail n’est pas toujours connu du public. Aussi n’est-il pas rare de voir certains d’entre eux sur les marchés très fréquentés de la communauté musulmane en train de distribuer des tracts promouvant leurs activités.

 

Première publication : 03/08/2010

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