Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Fin de règne au Burkina Faso

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Coup d'état au Burkina Faso

En savoir plus

DÉBAT

Violences au Burkina Faso : vers un nouveau coup d'état ? (Partie 2)

En savoir plus

DÉBAT

Crise au Burkina Faso : l’état de siège déclaré (Partie 1)

En savoir plus

L'ENTRETIEN

Tibéhirine : "Nous voudrions expertiser" les prélèvements, dit Trévidic

En savoir plus

L'INVITÉ DE L'ÉCO

Inès Boujbel, PDG de Deyma

En savoir plus

POLITIQUE

Drame de Sivens : Placé dénonce "l’absence absolue d’empathie" du gouvernement

En savoir plus

POLITIQUE

Bruno Le Roux : il est "indigne" de servir du drame de Sivens

En savoir plus

DÉBAT

Législatives en Tunisie, la désillusion? (partie 2)

En savoir plus

FRANCE

"Nicolas Sarkozy désacralise lui-même la fonction présidentielle"

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/08/2010

Le président français est une fois de plus dans la ligne de mire de l'hebdomadaire Marianne qui le qualifie de "voyou de la République". Maurice Szafran, directeur de la publication du magazine, explique le choix de la rédaction.

La une de l’hebdomadaire français Marianne fait bondir, à droite comme à gauche. Affichant une photographie de Nicolas Sarkozy, le magazine titre "Nationalité, immigration, délinquance, le voyou de la République". Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille, a qualifié cette couverture "d’insultante" et "de démagogique", évoquant une stratégie marketing du journal. Interrogé sur la radio RMC, le député socialiste Pierre Moscovici a défendu le principe du respect de la fonction présidentielle, estimant que le terme de "voyou" n’était pas approprié.

Maurice Szafran, directeur de la publication de l’hebdomadaire, explique à France24.com les raisons du choix de Marianne.

 


 

France24.com - Que recherchiez vous en qualifiant Sarkozy de voyou ?

Maurice Szafran - Nous ne l’avons pas qualifié de "voyou" mais de "voyou de la République". Et nous ne cherchions rien. Nous avons tout simplement fait notre travail et écrit ce que nous pensions. Si cette une nous avait laissé entrevoir de mauvaises ventes, nous l’aurions faite quand même. Nous avons choisi ce titre sans aucune arrière-pensée : nous n’avons pas voulu booster les ventes, nous n’avons pas voulu créer de polémique…
Nous avons trouvé que le discours de Nicolas Sarkozy à Grenoble [le 30 juillet] était un discours de voyou. Il nous a profondément choqués, profondément troublés. De façon consciente, le chef de l’État a abordé des thèmes et pris des décisions auxquels il ne croit pas lui-même : il sait que c’est contraire à tous les principes de la République.
Nous avons aussi été choqués par les réactions qui ont suivi. Par exemple, la gauche a traité Nicolas Sarkozy de fasciste et de pétainiste à plusieurs reprises. Nous sommes convaincus que Nicolas Sarkozy n’est rien de tout ça, qu’il est profondément démocrate, et nous l’avons dit dans notre dossier.

 

F24 -Trouvez-vous votre Une insultante ?

M. S. - Non, je ne trouve pas que "voyou de la République" soit insultant. C’est dur, c’est même très dur, mais ce n’est pas insultant. Pierre Moscovici [député socialiste du Doubs] a trouvé que le terme de "voyou" n’était pas approprié, mais il a ensuite taxé Sarkozy de "Le Pen light". C’est beaucoup plus insultant ! Je préfère qu’on me traite de voyou plutôt que de fasciste.

Moi, par contre, je me suis senti insulté par le discours de Grenoble. J’ose espérer que Nicolas Sarkozy ne croit pas lui-même à tout ce qu’il a dit…

On peut d’ailleurs s’étonner que ce discours n’ait pas provoqué plus de réactions. À part Bernard Henri-Levy dans un éditorial du Monde, et Michel Rocard dans Marianne, il n’y a pas eu grand écho dans la presse.

 

La désacralisation de la fonction présidentielle ne va-t-elle pas trop loin ? Ce type de une aurait été impensable il y a quelques années…

M. S. - Ni chez de Gaulle, Giscard d’Estaing, Mitterrand ou Chirac, vous ne trouverez de discours à ce point contraire aux principes de la République. Par ailleurs, on ne peut pas dire qu’ils ont été épargnés par la presse.

Celui qui désacralise la fonction présidentielle, c’est Nicolas Sarkozy lui-même. Regardez ce qu’en dit la presse étrangère [Le "casse-toi pauvre con" lâché par le président lors du salon de l’agriculture en 2008 avait notamment fait les choux gras de la presse étrangère]. Sa façon de gouverner, sa façon de ne pas laisser la parole à son Premier ministre, sa façon de parler, sa façon de se comporter, sa façon d’être en vacances… Chez lui, tout tranche. Mais peut-être est-ce une bonne chose, c’est une question intéressante à se poser.

Première publication : 10/08/2010

  • FRANCE

    Le discours répressif de Sarkozy fait réagir les Français... et les Américains

    En savoir plus

  • FRANCE

    Sarkozy franchit une nouvelle étape dans sa "guerre" contre la délinquance

    En savoir plus

  • FRANCE

    "La proposition de démettre une personne de sa nationalité constitue un dangereux virage"

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)