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La mauvaise gestion des forêts pointée du doigt en Russie
Assèchement des marais et mauvais entretien des forêts : autant de causes structurelles qui expliquent en partie l’ampleur des incendies auxquels la Russie fait face ces dernières semaines, et qui ont provoqué la mort de plus de 50 personnes.
La nature est la seule responsable de la catastrophe : c’est la théorie du maire de Moscou, Iouri Loujkov, sur les incendies qui ravagent les environs de la capitale russe. "Faux" répondent les défenseurs de l’environnement, qui dénoncent une mauvaise gestion des forêts. "Ce qui arrive était prévisible ", a notamment dénoncé Alexeï Iablokov, fondateur de Greenpeace en ex-Union soviétique, interviewé par l’AFP. "De toute son histoire, la Russie n'a jamais dépensé aussi peu pour la forêt."
Si les conditions climatiques extrêmes de cet été sont la cause immédiate de la catastrophe – sécheresse, chaleur et vent favorisant l’éclosion du feu – les causes profondes résultent d’une mauvaise gestion des espaces naturels, explique Marie-Hélène Mandrillon, historienne spécialiste de l’histoire environnementale de la Russie au CNRS et enseignante à l’EHESS.
Des tourbières asséchées très inflammables
Première raison historique : les tourbières, qui sont à l’origine des zones marécageuses omniprésentes dans la région, ont été asséchées sous l’ère soviétique, ce qui les a rendues très inflammables. “En Russie centrale, tourbières et forêts, entremêlées, occupent quasi tout le territoire" explique Marie-Hélène Mandrillon.
"Alors qu’aujourd’hui, on protège les zones humides, d’une grande valeur écologique, les Soviétiques avaient une conception très dix-neuviémiste des marais : il s’agissait de zones malsaines qu’il fallait rendre propre à l’agriculture ou exploiter pour leur tourbe." Cette dernière peut, par exemple, être utilisée comme combustible ou engrais.
La fumée dégagée lors de feux de tourbières est toxique, et les incendies sont difficiles à éteindre. “La tourbe peut brûler longtemps quand elle n’est plus imbibée d’eau, précise-t-on au WWF France. L'air présent dans celle-ci couve le feu et favorise sa propagation en profondeur.” Même sous la neige, la tourbe peut se consumer. “Les tourbières brûlent régulièrement" depuis que la production de la tourbe a été jugée non rentable et que ces terrains ont été abandonnés dans les années 1970, relate Alexeï Iarochenko, à l'AFP.
Le nouveau code forestier de 2007
Mais, c’est surtout la réforme du code forestier de 2007 qui est pointée du doigt aujourd’hui, ajoute Pierre Lorrain, journaliste français spécialiste de la Russie et auteur de “Moscou et la naissance d’une nation”. “Avant, c’était l’État qui s’occupait de la gestion des forêts, poursuit-il. Maintenant, ce sont les collectivités locales et les exploitants qui ont cette responsabilité.” Le hic, c’est que “le gouvernement n’a pas transféré de moyens” et que personne n’est venu forcer les collectivités locales et les exploitants à prévenir les feux de forêt.
Résultat, déplore Marie-Hélène Mandrillon, rien n’oblige ces acteurs à débroussailler et à créer des zones coupe-feu pour créer une discontinuité dans le tissu forestier, et limiter ainsi la propagation de l’incendie, à aménager des accès et des points d’eau pour l’intervention des pompiers, ou à mettre sur pied un dispositif de surveillance.
Un électrochoc environnemental ?
En Russie, la protection de l’environnement n’est une priorité ni pour l’opinion, ni pour les autorités, même si les habitants sont "très attachés à la forêt", explique Marie-Hélène Mandrillon. Vladimir Poutine a, par exemple, supprimé en 2000 le poste de ministre de l’Environnement. “Son objectif était de relancer l’économie et de supprimer toutes les contraintes de la réglementation environnementale pouvant limiter l’exploitation des hydrocarbures ou renchérir son coût”.
Les Russes vivent toutefois la catastrophe actuelle comme “un électrochoc de l’ordre de celui de Tchernobyl”, poursuit-elle. Dans la foulée de cet accident, Mikhaïl Gorbatchev [qui a dirigé l'URSS de 1985 à 1991] avait pris des mesures environnementales. Un dirigeant de premier plan pourrait-il rebondir aujourd’hui sur la catastrophe pour faire passer des réformes, notamment en matière de gestion des forêts ? “Pas le Premier ministre Vladimir Poutine en tout cas, répond Marie-Hélène Mandrillon, personne n’attend rien de lui sur le plan environnemental. Il blague sur le réchauffement, il dit qu'en Russie, quelques degrés de plus seraient les bienvenus…”
“Le président Medvedev paraît depuis peu plus soucieux d’écologie, mais ce n’est encore que rhétorique. Si un politique veut tirer parti de la colère actuelle de la population, conclut-elle, c’est le moment ou jamais d’agir dans ce domaine.”




























Commentaires (4)
gestion des forêts
Nous allons à la catastrophe si nous comptabilisons les hectares de forêts pour cette années et l'addition des hectares de bois manquants qui ont brûlés l'an passé sur la surface de la terre c'est sûr que nous chercherons l'air, l'oxygène et l'acidification des océans, plus la fonte glacière aux pôles une vrai catastrophe s'annonce, sauf pour les grosse firme pétrolière qui pourront accèder dans les pôles pour forer et puiser leur foutu pétrole, en espérant que les mentalités changent, être plus respectueux, moins égoïste,plus biologique,moins consomateurs conditionner à acheter produits toxiques être logique, NOUS ALLONS A NOTRE PERTE.SI IL N ' Y A PLUS DE FORETS IL N'Y AURA PLUS DE VIE.
La variabilité du climat
Bonjour comment allez-vous que ces incendies et les inondations en général sont tous les aspects négatifs du tremblement de terre au Chili parce que la Terre ne tourne pas autour de son axe comme il était avant leur provoquant des inondations au Pakistan, le pays connu sous le nom climat désertique et les incendies en Russie, un pays qui n'a pas vu de neige de FPL Ces degrés de chaleur qui a causé l'incendie merçi
ce n´est pas poutine qui a
ce n´est pas poutine qui a mis le feu ; les catastrophes naturelles sont difficiles à contenir....
Forêts russes
Les intérêts économiques et financiers de quelques uns-les oligarques en particulier qui ont les mains libres pour agir à leur guise-ont pris le pas sur le bien public en Russie (et ailleurs) à un point tel que cela devrait avoir des conséquences politiques importantes.
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