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Afrique

Les journalistes togolais réagissent à la vidéo polémique du militaire français

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 12/08/2010

La vidéo de l'altercation entre un militaire français et un reporter togolais a suscité nombre de réactions sur le Web. Mais selon des journalistes locaux, l'événement ne reflète pas réellement le comportement des troupes françaises au Togo.

La vidéo a été vue près de 225 000 fois en deux jours. Dans une ruelle de la capitale togolaise, Lomé, un coopérant militaire français menace un journaliste togolais venu couvrir, mardi 10 août, des heurts entre membres de l’opposition togolaise et les forces de l’ordre du pays. L’objet de la dispute : un cliché que le journaliste refuse d’effacer et sur lequel apparaît le militaire. Le ton de l’altercation est nauséabond : le Français tutoie le journaliste, les menaces pleuvent… 

Sur le Web français, les réactions n’ont pas tardé. "Françafrique", "comportement digne de l’ère colonialiste"… Embarrassés, le Quai d'Orsay et le ministère de la Défense ont "condamné fermement les propos tenus par le lieutenant-colonel Romuald Létondot" et affirmé que de telles attitudes n’étaient pas tolérées dans les rangs français. Sur place, les journalistes confirment : les coopérants français sont d'ordinaire "discrets".

"Insultant pour les autres Français en uniforme"

Didier Ledoux, le journaliste pris à parti par le militaire, a été le premier surpris par le ton de l’altercation. "Ce n’est vraiment pas habituel avec les militaires français, explique le journaliste à France24.com. Je considère d’ailleurs que ce qu’a fait cet homme est aussi insultant pour les autres Français en uniforme dans le pays."

Un étonnement que partage Emmanuel Sodji, correspondante de FRANCE 24 au Togo. "Je crois qu’il s’agit d’un comportement anecdotique qui a pris des proportions énormes parce que la scène a été filmée", déclare-t-elle.

L'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF),  basée à Paris, affirme n’avoir jamais eu vent de tels comportements, jusqu’à cette altercation. "Il s’agit de quelqu’un qui a perdu son sang froid, il faut à mon avis s’en tenir à ça, déclare Gilles Lordet, directeur des opérations de RSF. Le Togo n’est d’ailleurs pas un pays dans lequel nous traitons beaucoup d’affaires."

Excuses du militaire

Le lieutenant-colonel s’est excusé auprès de Didier Ledoux, jeudi, dans les locaux de l’ambassade de France à Lomé. "J'ai été victime d'un jet de pierre d'opposant, parce que j'étais dans ma voiture de fonction. Je montrais les faits [la voiture abîmée] à un gendarme togolais quand je me suis rendu compte que j'étais pris en photo, et que cette photo pouvait être mal interprétée […] Je me suis emporté, le but était d'empêcher une photo volée", a-t-il expliqué à l’AFP.

Le journaliste a accepté les excuses. "Pour autant, cela ne va pas endiguer la violence des forces de l’ordre togolaises à l’égard des journalistes, regrette-t-il. Je n’avais jusqu’à présent jamais eu de problème avec les soldats français, mais on est confrontés quotidiennement à ce genre de situation avec la police togolaise. Je me sens en danger à chaque fois que j’aborde un sujet sensible", affirme encore le journaliste.

Pour Emmanuelle Sodji, la situation s’est considérablement améliorée. "Même si les policiers sont parfois durs avec les journalistes, il y a eu beaucoup de progrès ces deux dernières années, depuis que les militaires français forment les forces togolaises". Avant, raconte-t-elle, il fallait passer la frontière pour pouvoir monter et diffuser des sujets. "Quand je vois de là où on vient, je me dis que c’est quand même plus cool maintenant. Même si ce n’est pas encore parfait, loin de là."

Première publication : 12/08/2010

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