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L’implosion programmée de l’opposition risque de fragiliser la démocratie

Texte par Guillaume GUGUEN

Dernière modification : 13/08/2010

La bataille de pouvoir qui fait rage entre Jean-Pierre Fabre et Gilchrist Olympio au sein de l'Union des forces de changement (UFC), le principal parti d’opposition togolais, menace de compromettre davantage encore l’équilibre démocratique du pays.

Il aura suffi d’une vidéo diffusée sur Internet pour que l’événement passe, sur le moment, inaperçu. Mais l’altercation médiatisée entre un coopérant militaire français et un journaliste togolais en marge de la manifestation d’opposants organisée le 10 août à Lomé, la capitale togolaise, n'aura éclipsé le déclenchement d’une guerre qui couvait depuis plusieurs mois au sein du principal parti d'opposition du pays, l’Union des forces de changement (UFC), que quelques jours seulement.

Ce jour-là, le camp de Jean-Pierre Fabre, candidat malheureux de l’UFC à la présidentielle de mars, tient dans la quasi-clandestinité un congrès "extraordinaire" du parti visant à en écarter son leader historique, Gilchrist Olympio, fils de Sylvanus Olympio, le premier président du Togo indépendant assassiné en 1963 lors d'un coup d'État. Son tort : avoir accepté, le 28 mai dernier, un accord avec le président Faure Gnassingbé lui ouvrant sept portefeuilles au sein du gouvernement. À l’issue du conclave, les dissidents annoncent la destitution de l’emblématique opposant togolais au profit de Jean-Pierre Fabre, qui occupait jusqu’alors le poste de secrétaire général du parti.

Forts du soutien de 35 des 40 fédérations que l’UFC compte dans le pays, les frondeurs entendent reprendre la main sur une formation politique d’opposition dont le nom est aujourd’hui associé à celui du Rassemblement du peuple togolais (RPT), l’ennemi héréditaire au pouvoir depuis 1969. "Nous ne comprenons pas que Gilchrist Olympio puisse prendre part à la logique de répression suivie par le régime, explique Jean-Pierre Fabre à France24.com. Il a pris cette décision tout seul, sans nous consulter. On ne peut pas bâtir un parti qui a combattu la dictature en se comportant comme un dictateur."

La présidence se frotte les mains

Quelque peu bousculé par les turbulences qui agitent le parti, le chef historique contre-attaque. Au lendemain du congrès de son rival, Olympio tient sa propre réunion des instances de l’UFC. Sous les applaudissements nourris de ses supporters, il n’hésite pas à radier les mutins, qualifiés au passage de "putschistes" aux "statuts fictifs et illégaux".

Le divorce est consommé. L’emblématique parti d’opposition au régime du général Gnassingbé Eyadéma (1967-2005), dont le fils Faure a pris la succession, est définitivement coupé en deux. Le RPT jubile. "Celui qui tire les meilleurs dividendes de ce déchirement reste le président, analyse Seidik Abba, journaliste à l’Association de la presse panafricaine (APPA). Une opposition qui se déchire est une opposition affaiblie." D’autant plus affaiblie qu’une importante frange qui compose l’UFC pourrait être réduite au silence.

Officiellement intégré à l’équipe gouvernementale - mais sans détenir encore de portefeuille -, Gilchrist Olympio a d’ores et déjà reçu le soutien des autorités. Le 11 août, le ministère de l’Administration territoriale, chargé de statuer sur la légalité de tout parti, a refusé de reconnaître le nouveau bureau composé la veille par le camp de Jean-Pierre Fabre. Dans l’impossibilité de parler au nom de l’UFC, le chef de file de la dissidence n’aurait alors plus voix au chapitre. Et ne serait plus habilité à organiser un quelconque rassemblement, à l’instar de ceux qui se sont tenus après la réélection contestée de Faure Gnassingbé à la présidence.

Reste aux "putschistes" la possibilité de lancer leur propre écurie politique, sans être certain de recevoir l’agrément de ce même ministère de l’Administration territoriale. Le 10 août, les partisans de Jean-Pierre Fabre ont eu toutes les peines du monde à se réunir en congrès. "Les autorités ont encerclé le siège du parti à Lomé ainsi que le site où le congrès devait avoir lieu, rapporte ce dernier. Les forces de l’ordre ont arrêté plusieurs personnes et ont lancé des grenades lacrymogènes qui ont causé des blessures à plusieurs militants." Et l’ancien candidat à la présidentielle d’ajouter : "Il est clair que nous devrons trouver une solution qui ne nous porte pas préjudice."
 

Première publication : 13/08/2010

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