Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

SUR LE NET

La Toile divisée à propos de Darren Wilson

En savoir plus

À L’AFFICHE !

Adèle Haenel, nouveau visage du cinéma français

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Ebola : le Cameroun ferme ses frontières avec le Nigeria

En savoir plus

LE JOURNAL DE L'ÉCONOMIE

Moins d'un Français sur deux est imposable

En savoir plus

UN ŒIL SUR LES MÉDIAS

Vers une police sous surveillance ?

En savoir plus

DÉBAT

Syrie, la guerre oubliée

En savoir plus

EXPRESS ORIENT

Irak : au coeur des monts Sinjar

En savoir plus

DÉBAT

Centrafrique : comment sortir de l'impasse ?

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"L'écureuil et le serpent"

En savoir plus

  • Gaza : pourquoi les négociations sur un cessez-le-feu permanent sont un cauchemar ?

    En savoir plus

  • Fabius veut coordonner avec l'Iran la lutte contre l'État islamique

    En savoir plus

  • Ce qu'il faut retenir de la vidéo de la décapitation de James Foley par l'EI

    En savoir plus

  • Darius, ce jeune Rom lynché en juin et SDF en août

    En savoir plus

  • Heurts à Bangui entre soldats français et individus armés

    En savoir plus

  • Vidéo : après une nuit plus calme, la situation reste tendue à Ferguson

    En savoir plus

  • Hollande : "La situation internationale est la plus grave depuis 2001"

    En savoir plus

  • Gaza : la trêve une nouvelle fois rompue, Israël vise un chef du Hamas

    En savoir plus

  • La Fifa interdit au FC Barcelone de recruter

    En savoir plus

  • Au bord de l'éruption, le volcan islandais Bardarbunga menace le trafic aérien

    En savoir plus

  • Quand l’Égypte sermonne Washington sur les émeutes de Ferguson

    En savoir plus

  • RDC : le retour tant espéré des réfugiés angolais dans leur pays

    En savoir plus

  • Reportage : les combattants kurdes reprennent le barrage de Mossoul

    En savoir plus

  • Présidentielle 2017 : Alain Juppé candidat à la primaire de l'UMP

    En savoir plus

  • Glissements de terrain meurtriers à Hiroshima

    En savoir plus

Asie - pacifique

Sarath Fonseka, des honneurs militaires à la disgrâce

Texte par Gaëlle LE ROUX

Dernière modification : 14/09/2010

Sarath Fonseka, ancien commandant en chef des armées sri-lankaises et artisan de la victoire contre les Tigres tamouls, a été condamné par une cour martiale pour avoir fomenté un coup d'État contre le président en place. Portrait.

Sarath Fonseka à la barre d’une cour martiale. Le tableau a quelque chose d’étrange. L’homme, considéré au Sri Lanka comme un héros de la lutte contre la rébellion tamoule, est désormais persona non grata dans son pays. Il vient d’être reconnu coupable de s’être immiscé dans les affaires politiques nationales alors qu’il portait encore l’uniforme militaire.

Selon une source au sein de l’armée citée par l’AFP, la cour l’a condamné à être dégradé. Exit, donc, les distinctions accumulées pendant ses quarante années de carrière militaire. Le tort de Sarath Fonseka est de s’être présenté face au président sortant Mahinda Rajapakse à l’élection présidentielle de janvier 2010. L’ex-militaire avait pourtant quitté l’armée deux mois auparavant, à l’apogée de sa carrière… 

Parallèlement, Fonseka fait aussi l’objet d’une seconde enquête pour corruption dans l’attribution d’un marché public. L’affaire devrait être, elle aussi, jugée devant une cour martiale dans les mois qui viennent… Un bien triste destin pour la figure emblématique de la lutte contre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE), un mouvement indépendantiste créé en 1976 inscrit sur la liste noire américaine des organisations terroristes.

Brillante carrière militaire 

Originaire de la petite ville côtière d’Ambalangoda, Sarath Fonseka a consacré toute sa vie à l’armée. Aux yeux des Sri Lankais, il passe pour le principal artisan de la victoire finale des forces régulières contre l’organisation séparatiste tamoule, en mai 2009. 

Détenteur de la précieuse carte verte qui permet d’émigrer et de travailler aux États-Unis, il n’a pourtant jamais cédé au mirage américain, préférant entrer au service de l’armée sri-lankaise en 1970, à l’âge de 20 ans, après avoir achevé sa formation en Occident. Si la situation est plutôt calme dans le pays à l’époque, les tensions avec les séparatistes tamouls ne tardent pas à naître. En 1983, les heurts dégénèrent en une guerre civile qui durera vingt-six ans. Vingt-six années au cours desquelles le jeune soldat gravit un à un les échelons militaires. 

Dans les années 1980 et 1990, les opérations auxquelles Sarath Fonseka participe se concentrent autour de la ville de Jaffna, la capitale culturelle tamoule située sur une péninsule, à l’extrême nord du Sri Lanka. Passée sous le contrôle des Tigres tamouls en 1992, la ville est reprise par Fonseka – désormais colonel –, l’année suivante. L’homme est blessé au cours des combats, ce qui ne l’empêche pourtant pas de libérer, quelques mois plus tard, plusieurs centaines de soldats de l’armée régulière assiégés par les Tigres dans le fort de Jaffna, au cours d’une opération spectaculaire. 

Artisan de la reddition des rebelles 

L’année 2000 marque toutefois un tournant dans sa carrière. Fonseka connaît alors sa première grande défaite dans la passe des Éléphants, l’une des seules voies terrestres permettant d’accéder à la péninsule de Jaffna. Malgré une résistance acharnée de ses hommes, le site tombe aux mains des séparatistes tamouls. Une humiliation que le colonel digère d’autant moins que la passe de l’Éléphant ne sera reprise par l’armée que neuf ans plus tard.

Promu commandant en chef des armées en 2005, Sarath Fonseka échappe de peu à un attentat-suicide l’année suivante. Neuf de ses collaborateurs sont tués dans l’attaque. Lui est sérieusement blessé. Sa convalescence, qui dure plusieurs mois, ne fait que renforcer sa détermination à éradiquer la rébellion tamoule, si bien qu’en 2009, il prend la tête de l’assaut final de l’armée gouvernementale contre les Tigres. 

Au terme de plusieurs décennies de guerre civile, Fonseka parvient à chasser les rebelles de toutes les villes qu’ils contrôlaient jusqu’alors et les accule dans le nord du pays. Selon l’ONU, près de 50 000 civils sont pris au piège... Les blessés sont légion et manquent de tout : eau, nourriture, médicaments. La situation est telle que, le 18 mai 2009, la rébellion tamoule est contrainte de déposer les armes, au terme de combats qui ont fait quelque 20 000 morts, selon les Nations unies. 

"[Cette victoire contre les LTTE] est le couronnement de ma carrière militaire", confiait Fonseka à un journaliste de la chaîne britannique BBC au lendemain de leur reddition. Nommé ministre de la Défense en juillet 2009, il abandonne le poste six mois plus tard pour se consacrer à la politique. Ironie du sort : l’opposition dont il prend la tête est composée d’une multitude de petites formations politiques musulmanes et … tamoules.

Première publication : 13/08/2010

  • SRI LANKA

    L'ex-chef de l'armée Sarath Fonseka condamné par une cour martiale

    En savoir plus

  • SRI LANKA

    Colombo nomme sa propre commission d'enquête sur la guerre civile

    En savoir plus

  • SRI LANKA

    Le parti présidentiel triomphe aux élections législatives

    En savoir plus

COMMENTAIRE(S)