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Moyen-orient

L'armée affirme avoir tué le chef du groupe radical Fatah al-Islam

©

Vidéo par Aude SOUFI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 15/08/2010

Recherché depuis trois ans par les autorités, Abdel Rahmane Awad (en photo), l'"émir" présumé du groupe islamiste radical Fatah al-Islam, aurait été tué samedi avec son adjoint lors d'un accrochage avec l'armée à Chtaura, dans l'est du Liban.

AFP - Le chef présumé du Fatah al-Islam, recherché depuis trois ans par les autorités, a été tué samedi au Liban, a annoncé l'armée, que des combats meurtriers avaient opposé en 2007 à ce groupe islamiste radical dans un camp de réfugiés palestiniens du nord du pays.

Soupçonné par la justice d'être l'"émir" de ce groupuscule à la hiérarchie obscure et inspiré idéologiquement d'Al-Qaïda, Abdel Rahmane Awad était l'un des islamistes les plus recherchés au Liban.

Cet homme, qui aurait trouvé refuge depuis 2008 à Aïn Héloué (sud), le plus grand des 12 camps palestiniens au Liban, a été tué par l'armée avec son principal adjoint, connu sous le pseudonyme d'"Abou Bakr", à Chtaura, dans la région de la Békaa (est).

"Deux personnes appartenant à des cellules terroristes ont été tuées" à Chtaura, a indiqué dans la matinée un porte-parole militaire. "Elles ont tiré sur les soldats, qui ont riposté", a-t-il ajouté, précisant que les deux hommes, dont il a donné l'identité plus tard, étaient pourchassés par une patrouille de l'armée.

Selon lui, chacun portait sur lui trois pièces d'identité falsifiées.

Abdel Rahmane Awad est accusé d'avoir "incité" à l'exécution en août et en septembre 2008 de deux attentats ayant visé des soldats libanais à Tripoli, la grande ville du nord, faisant 21 morts, dont 13 soldats.

Il est également accusé d'avoir surveillé les déplacements de l'armée et des soldats de la Force des Nations unies stationnée dans le sud du Liban (Finul).

Il aurait succédé à Chaker Al-Abssi à la tête du Fatah al-Islam, selon les "aveux" de membres de ce groupe radical diffusés en 2008 par la télévision publique syrienne.

Abssi avait mené les combats contre l'armée dans le camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared (nord), du 20 mai au 2 septembre 2007. Les affrontements avaient fait plus de 400 morts, dont 222 islamistes et 168 soldats.

Abssi, un moment donné pour mort après la chute du camp avant que l'information ne soit démentie, se trouve en fuite.

En août 2007, le Département d'Etat américain avait désigné le Fatah al-Islam comme "un groupe terroriste".

Les autorités libanaises craignaient qu'après sa défaite, le groupe ne se soit déplacé à Aïn Héloué, véritable poudrière en raison de la présence de plusieurs cellules extrémistes, dormantes ou actives qui se sont établies à la faveur de la pauvreté qui y règne.

D'après la justice libanaise, les 12 camps au Liban ont enregistré depuis 2005 une "montée de l'extrémisme avec des groupuscules salafistes et fondamentalistes".

Outre Abssi, un autre membre important du groupe, le Libanais Abdel Ghani Jawhar, est activement recherché par les services de sécurité.

Il est accusé de s'être déguisé en militaire et d'avoir posé une valise piégée près de soldats qui attendaient le bus avant de la faire exploser à distance en août 2008, à Tripoli.

Fin 2009, la justice avait requis la peine de mort contre sept membres du Fatah al-Islam dans cette affaire.

L'acte d'accusation comprenait des aveux d'un islamiste palestinien, Hamza el Kassem, selon lesquels Abssi lui avait affirmé que son groupe était l'auteur de deux assassinats ainsi que d'une attaque mortelle contre la Finul.

Il s'agit de celui du général François el Hajj, chef des opérations au sein de l'armée, notamment à Nahr al-Bared (décembre 2007), et celui d'un responsable des services de renseignement au sein de la police, le capitaine Wissam Eid (janvier 2008).

Le groupuscule serait également responsable de l'attentat qui a coûté la vie, en juin 2007, à trois soldats espagnols et colombiens de la Finul.

Première publication : 14/08/2010

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