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Asie - pacifique

Le parquet fait appel de la condamnation à 30 ans de prison du tortionnaire "Douch"

Texte par Dépêche

Dernière modification : 16/08/2010

Le parquet du tribunal parrainé par l'ONU qui a jugé l'ex-chef khmer rouge de la prison S-21 fait appel de la condamnation prononcée à son encontre pour crime contre l'humanité. Il juge "indues" les circonstances atténuantes dont il a bénéficié.

AFP - Le tribunal parrainé par les Nations unies a annoncé lundi que le parquet faisait appel de la condamnation à 30 ans de prison prononcée en juillet contre "Douch", l'ex-chef de la prison de Phnom Penh sous le régime des Khmers rouges.

"Douch", l'ex-chef de la prison de Phnom Penh sous le régime des Khmers rouges (1975-79), a été condamné fin juillet à 30 ans de prison pour crimes contre l'humanité.

Le tribunal avait d'abord annoncé que Douch était condamné à 35 ans de prison avant de réduire la peine à 30 ans en raison d'une période de détention illégale, à l'époque où le tribunal à participation internationale n'avait pas encore été mis en place.

Cette peine est inférieure aux réquisitions du procureur, qui avait réclamé en novembre 2009 quarante ans de prison à l'encontre de Douch, de son vrai nom Kaing Guek Eav, 67 ans.

L'ancien bourreau, qui répondait de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, était passible de la perpétuité.

Le parquet estime que la sentence "donne un poids insuffisant à la gravité des crimes de Douch et à son rôle et à sa participation de plein gré à ces crimes", a indiqué le tribunal dans un communiqué.

Le parquet juge également qu'une "importance indue est donnée aux circonstances atténuantes applicables à Douch", selon le communiqué.

Après l'énoncé du verdict, son avocat, Kar Savuth, avait annoncé que "Douch" allait de son côté faire appel de sa condamnation.

"Douch" était jugé pour avoir dirigé la prison de Tuol Sleng, aussi appelée S-21, un ancien collège de Phnom Penh, où 15.000 personnes ont été torturées et exécutées entre 1975 et 1979.

Ce jugement prononcé le 26 juillet était l'aboutissement de la première procédure du tribunal parrainé par l'ONU, qui avait été créé en 2003 après d'interminables tractations entre le Cambodge et la communauté internationale et qui n'a commencé ses activités que trois ans plus tard.

Entretien avec François Ponchaud, témoin de l'évacuation de Phnom Penh par le régime de Pol Pot
Plusieurs autres ex-dirigeants khmers rouges attendent d'être jugés, dont le "frère numéro 2" Nuon Chea, en principe en 2011. "Le frère numéro 1", Pol Pot, est décédé en 1998.

Au lendemain du verdict, le chef de la diplomatie cambodgienne, Hor Namhong, avait jugé, à titre personnel, inappropriée et trop clémente la condamnation à 30 ans de "Douch".

"De mon point de vue, pas celui du gouvernement, la sentence n'est pas appropriée", avait déclaré le ministre.

L'un des rares survivants de S-21 avait exprimé son dépit que "Douch" ait échappé à la prison à perpétuité. "Je pleure de nouveau. Nous avons souffert sous ce régime, et nous souffrons de nouveau aujourd'hui (...) Justice n'est pas rendue", avait réagi Chum Mey, 79 ans.

"Douch" qui avait congédié en juillet son avocat français, Me François Roux, a depuis lors recruté, aux côtés de Me Savuth, un second avocat cambodgien, Me Kang Ritheary.

Première publication : 16/08/2010

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