Ouvrir

À suivre

Rendez-vous

Rejouer


LES DERNIÈRES ÉMISSIONS

MODE

La mode de 2014 marquée par une douce révolution et une prise de conscience des créateurs.

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Centrafrique : calme précaire dans la capitale, violences en province

En savoir plus

JOURNAL DE L’AFRIQUE

Au Cameroun, la population se mobilise pour l'éducation

En savoir plus

#ActuElles

Canada : les mystérieuses disparitions des femmes autochtones

En savoir plus

REPORTERS

Le meilleur des grands reportages de France 24 en 2014

En savoir plus

7 JOURS EN FRANCE

Retour sur les temps forts de l’année 2014

En savoir plus

REVUE DE PRESSE

"Un troisième Bush à la Maison Blanche ?"

En savoir plus

DÉBAT

CAN-2015 : un défi pour le continent africain

En savoir plus

L'ENTRETIEN

"Il faut que Pékin réévalue ses politiques dans les régions tibétaines"

En savoir plus

Economie

Voulez-vous incarner un Taliban dans Medal of Honor ?

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 25/08/2010

L’un des jeux de guerre les plus attendus de l’année, Medal of Honor, est violemment critiqué parce qu’il permet aux joueurs d’incarner des Taliban. Il n’est certes pas le premier à parier sur la polémique pour faire parler de lui.

Des millions d’occidentaux vont peut-être se transformer en Taliban. Du moins virtuellement, lors de la sortie le 12 octobre aux Etats-Unis (le 15 en Europe) du jeu vidéo de guerre Medal of Honor. Le titre permet en effet aux joueurs d’incarner les Taliban et d’affronter sur les champs de bataille pixélisés d’autres joueurs qui, eux, seront des soldats américains.

Cette perspective a soulevé une vague d’indignation jusqu’aux plus hautes sphères politiques. Le ministre britannique de la Défense, Liam Fox, a qualifié le jeu, édité par le géant américain du secteur Electronic Arts (EA), d’"anti-britannique" et a demandé qu’il soit interdit à la vente. "A cause des Taliban, des enfants ont perdu leur père et des femmes leur mari. Il est choquant d’imaginer que quelqu’un puisse trouver acceptable de recréer cet état de fait", a-t-il déclaré dans un communiqué dimanche dernier. Electronic Arts a précisé à ce sujet que les troupes britanniques étaient absentes du jeu.

La chaîne américaine conservatrice Fox News a, quant à elle, lancé depuis la semaine dernière une campagne contre Medal of Honor. Jeudi, elle a organisé une émission invitant la mère d’un soldat américain mort en Afghanistan a témoigné contre le jeu. Le site technologique TechCrunch prévient que cette première salve en appellera sûrement d’autres, car cette année se déroulent des élections de mi-mandat aux États-Unis. "Il y a fort à parier que des politiciens en quête de présence médiatique vont s’emparer de ce thème", écrit le site.

Conflit en cours

En réponse à ces attaques, Electronic Arts a annoncé lundi qu’il ne comptait pas abandonner son concept de jeu. "Dans un jeu, il faut toujours que quelqu’un incarne le méchant, que ce soit le bandit contre le policier ou le Taliban" contre les soldats des forces alliés, souligne Frank Gibeau, le président d’EA Games. Dans le "Sunday Times", une porte-parole de l’éditeur américain affirme que cette option offerte aux joueurs "reflète le fait que dans chaque conflit, il y a deux camps".

Depuis toujours dans les jeux de guerre, il est possible d’incarner un méchant. Mais s’il existe une multitude de titres qui se déroulent pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’agit cette fois-ci d’un conflit en cours. "Alors qu’il y a du vrai sang versé actuellement en Afghanistan, il est un peu dérangeant de décrocher des trophées dans des bains de sang virtuels qui rappellent des vrais champs de bataille", reconnaît le site de jeu vidéo Eurogamer.

Effet polémique

Cette polémique n’est pas sans rappeler celle qui avait accompagné la sortie du dernier Call of Duty, le grand concurrent de Medal of Honor dans le monde des jeux de guerre. Une des missions permettait au joueur d'être un allié d’un groupe de terroristes faisant un carnage dans un aéroport. Le sang de civils innocents tués par le joueur avait laissé un très mauvais arrière-goût dans la bouche des critiques de l’époque. L’éditeur du jeu, Activision, avait finalement décidé de rendre cette phase de jeu facultative.

Certains avaient pourtant estimé que cet aspect sulfureux de Call of Duty n’était pas étranger au succès commercial du titre, devenu avec 7 millions d’exemplaires écoulés le jeu vidéo le plus vendu de l’histoire. Si Electronic Arts tente à son tour de profiter d’un certain effet polémique, il met les pieds dans le conflit le plus sensible de ces dernières années, au risque de pousser le bouchon un peu loin.

Première publication : 24/08/2010

COMMENTAIRE(S)