- France - Roms - Roumanie
Paris lance une nouvelle vague d'expulsions de Roms
Près de 300 Roms doivent être renvoyés de France vers la Roumanie ce jeudi. Hier, le ministre de l'Immigration, Éric Besson, a annoncé une "accélération des reconduites de ressortissants bulgares et roumains".
AFP - En pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France renvoie jeudi par avion près de 300 Roms vers la Roumanie, le gouvernement voulant "accélérer" ces reconduites, malgré la vague de critiques.
Après deux séries de vols la semaine dernière, deux avions "spécialement affrétés" transportant des Roms, originaires de Roumanie ou de Bulgarie, doivent décoller de l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle à 12H00 avec 158 personnes et de Lyon vers 11H30 avec 125 personnes.
Quatre autobus sont arrivés dans la matinée au terminal 3 de Roissy, débarquant plusieurs dizaines d'hommes, femmes et enfants - le visage fermé - et sous bonne escorte policière. Ces Roms enregistraient sur un vol Blue Air à destination de Bucarest. Chargés de valises ou de sacs en toile, les voyageurs n'ont fait aucune déclaration.
Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé mercredi à l'AFP une "accélération des reconduites de ressortissants bulgares et roumains", sans dire explicitement qu'il s'agissait de membres de la communauté des Roms originaires de ces deux Etats de l'Union européenne.
Avec les vols de ce jeudi, ce seront 8.313 Roumains et Bulgares qui auront été raccompagnés, en grande majorité "de manière volontaire", depuis le 1er janvier, contre 9.875 pour l'ensemble de l'année 2009, selon M. Besson.
Ces chiffres ont été divulgués par M. Besson en pleine visite de concertation à Paris de deux ministres roumains et au moment où la Commission européenne a exprimé une "certaine inquiétude" sur la politique française à l'égard des Roms.
Les deux responsables roumains - Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration des Roms, et Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d'Etat chargé de l'Ordre et de la Sécurité publique - ont été reçus mercredi par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux en compagnie de M. Besson et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche.
Les deux pays ont souligné "la volonté des gouvernements roumain et français de mieux gérer les flux migratoires bilatéraux, de soutenir le renforcement des politiques d'intégration des populations défavorisées".
Les Roumains doivent revoir M. Lellouche jeudi après-midi.
Ces dernières semaines, la France a été critiquée par l'ONU, la Commission européenne, le Conseil de l'Europe et par le Vatican pour ses mesures contre les Roms.
Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a critiqué jeudi la "surenchère verbale" à propos de la politique gouvernementale contre l'insécurité, tout en estimant "qu'on n'a pas vocation à accueillir tous les Roms en France".
48% des Français se disent favorables aux reconduites en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, selon un sondage CSA pour le Parisien/Aujourd'hui en France. 42% des Français sont opposés à ces renvois.
Apaisant, le Premier ministre François Fillon avait appelé mardi à agir "avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès" dans le dossier des Roms et à ne pas "instrumentaliser" la lutte contre l’immigration irrégulière.
Simultanément, M. Hortefeux a annoncé que la délinquance de nationalité roumaine avait augmenté de 138% en 2009 (3.151 faits contre 1.323 en 2008).
Par ailleurs, 13 Roms bulgares, dont deux enfants, sont rentrés mercredi soir à Sofia. Le ministre de l'Intérieur, Tsvetan Tsvetanov, a déclaré ne trouver "rien d'inquiétant" dans cette politique française de reconduite aux frontières.

























Commentaires (3)
Les Roms
Il y a du boulot avant que l'Union Européenne existe vraiment, si elle existe un jour... Le constat, c'est que pour l'instant, comme d'hab', ce sont les populations les plus défavorisées qui paient le prix fort. Et je ne suis pas fière d'être française à l'heure qu'il est même si je ne suis pour rien dans ces reconduites à la frontière (???!!! - elle est où l'Europe ?).
loi des Roms
Quelle hypocrisie ! S'ils n'ont pas de papiers, ils ne peuvent pas travailler !! Ceux que je connais, ici à Troyes, ne demandent qu'à travailler, mais cela leur est refusé car pas de papiers. Alors on tourne en rond. Vous voyez la perversité de cette loi ?
au bien ensemble, dans le mal la solitude
Pour aider les Tziganes en Roumanie et en Bulgarie, il n’ya pas encore une culture et une tradition mure dans le champ social dans ces pays. Pourquoi !? Parce ces deux pays ont commencé que de peu de temps à développer ce que dans le social et dans l’assistance sociale européenne occidentale c’est réalisé petit à petit, au fil des siècles. A la fin du XIX siècle la Roumanie et la Bulgarie étaient encore des sujets des Ottomans, avec un histoire dans le social et de l’intégration quasi inexistante. Les Tziganes étaient encore à la même époque des esclaves de l’Eglise Grecque et des grand Boyards. Le XXème siècle, a apporté avec le stalinisme une culture sociale brutale, selon laquelle le travail dans l’assistance publique et de l’intégration était au service du politique et non de l’individu. C’est pour cela qu’avant de montrer du doigt la discrimination dans ces pays envers les Tziganes, il faut encore aider les Roumains et les Bulgares de continuer à créer une mentalité diverse pour reformer leur social. Après un changement brutal du système et de l’économie, les vingt années passées dans le travail social ne sont pas encore suffisants pour atteindre tout de suite un résultat efficace dans l’intégration, semblable a celui de l’Occident. Le fait que la Roumanie et la Bulgarie ont rejoint UE est déjà un pas de géant. Mais avec cette politique cultivé actuellement contre la Roumanie et la Bulgarie : « on vous aide en payant, prenez donc vos Tziganes chez vous et intégré-les » on ne résout rien. Il faut encore du temps et surtout de clairvoyance : Si la France supporte mal le voisinage de quelque milliers de Tziganes errantes, que-est-ce que nous pouvons faire en grande hâte, en Roumanie, come on veut à Paris, d’un jour à l’autre, avec quasi deux millions ? Le fait qu’ils sont nés en Roumanie ou en Bulgarie n’est pas l’unique solution. C’est un problème de l’échelle européenne vis-à-vis de cette population mais il manque de structures, et cela, même en France.
Réagir à cet article