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Arte déprogramme un documentaire sur les jeunes des cités
Arte a décidé de reporter la diffusion de "La cité du mâle", tourné à Vitry-sur-Seine, après que certains de ses protagonistes se sont dit en danger. Reste que, pour certains, faire parler les jeunes de banlieue sur l’amour est une démarche biaisée.
"Femmes : pourquoi tant de haine ?" Cette question, qui devait faire l’objet d’une soirée "Théma", mardi, sur Arte, s’habille d’une lumière encore plus crue depuis la déprogrammation du documentaire intitulé "La cité du mâle", qui tentait justement d’y répondre.
Réalisé par Cathy Sanchez, le film donne la parole à des jeunes de Vitry-sur-Seine et revient à la cité Balzac, où Sohane Benziane est morte brûlée vive en 2002. Elle avait 17 ans. "La réalisatrice, qui s’était mobilisée à l’époque, veut comprendre comment les choses ont évolué, peut-on lire dans la note d’intention du documentaire. Pourquoi les violences faites aux femmes sont-elles trop souvent ignorées ou minimisées ?"
Mais le jour de sa diffusion, le sujet est retiré de la grille. "Nous vous confirmons que certains protagonistes du documentaire se disant en danger, la production et l'antenne ont décidé d'une déprogrammation temporaire", peut-on lire sur la page Facebook d’Arte, où de nombreux commentaires dénoncent tantôt une "censure", tantôt une "stigmatisation des hommes dans les cités".
Mots choisis
C’est que les extraits déjà diffusés sur le Net ne laissent pas indifférents. Gros plan face caméra, Okito explique, par exemple, la différence qu’il fait entre "les filles bien" et "les chiennes". Quant à Rachid, s'il est filmé dans un cadre plus bucolique - allongé dans de l’herbe fraîche - son propos est tout aussi frontal : celui-ci dit "menotter" sa sœur aînée de 28 ans si elle rentre après 22 heures à la maison...
Caricatural ? Sensationnaliste ? La question est légitime. Rue89 a montré ces images à deux jeunes lycéens de Vitry-sur-Seine que le site suit depuis un an. "Eux parlent certainement moins fort, moins cru, écrit la journaliste Chloé Leprince. Ils soulignent aussi que 'présenter ces mecs comme des chefs de bande est vraiment naïf', 'plutôt cliché comme toujours sur la banlieue'. Pourtant, à mesure que le film progresse, Julie et Amid*, 16 et 18 ans, retrouvent le climat général dans lequel ils ont grandi." Extraits.
Julie, sur la virginité des filles : "Je suis athée, blanche, pas musulmane. Mais ça compte aussi. C'est un truc de respect pour elle-même, chez la fille. Si vous me dîtes qu'à Paris, la plupart des filles couchent avant le mariage, ça ne m'étonne pas, je sais que c'est normal pour vous. Mais pour nous, c'est quand même une chienne. Ça marginalise". Amid, sur l’homosexualité : "Dans une cité, c'est impossible. [Un homosexuel] n'a rien à faire là. J'en connais pas et j'ai pas envie d'en connaître. C'est toujours cette trace de la religion dans la culture banlieue. C'est pas naturel."
"Un effet loupe inévitable"
Chargée de recherche au CNRS, la sociologue Isabelle Clair a publié, en 2008, un ouvrage intitulé "Les jeunes et l'amour dans les cités" (éditions Armand Colin). Elle n’a pas vu le documentaire de Cathy Sanchez, mais a lu l’article paru sur Rue 89. Et de pointer du doigt un procédé somme toute très médiatique, avec l’effet loupe inévitable porté sur le discours de ces jeunes.
"Il y a toujours quelque chose d’étrange à aller saisir la normalité d’un milieu social dans un lieu très marqué par un fait divers, en l’occurrence la mort de Sohane", estime celle-ci. Les propos de Julie et d’Amid ne l’étonne guère. "Ils incarnent beaucoup le discours de l’opposition eux/nous, mais ils servent sur un plateau ce que l’on attend d’eux."
Ces jeunes sont conscients de l'écho médiatique de leur parole. "Pendant des décennies, ils ont construit une contre-culture, un contre-discours à nos valeurs de société blanche et bourgeoise, poursuit-elle. Ils disent, grosso modo : ‘Tu me stigmatises par ma différence, ma différence, je vais en faire quelque chose de positif’. Il y a un côté piège dans tout ça, car ces jeunes se construisent dans leur miroir, en lisant par exemple chaque actualité consacrée à leur cité dans 'Le Parisien'. Cette représentation médiatique les travaille."
Isabelle Clair préfère suivre une autre démarche, à l'extérieur du champ médiatique. Après les jeunes des cités, elle travaille sur le discours amoureux des jeunes ruraux. "Je peux vous dire que le discours sur l’homosexualité est le même en banlieue que dans un bled du centre de la France. Lorsque l’on parle du couple, de la sexualité, des rapports hommes-femmes, il y a des 'effets culture' certes, mais ils sont toujours marginaux par rapport aux effets générationnels."
Comme en écho, une lectrice de Rue89 raconte, sous le pseudo Pham, son expérience : "Cet article me ramène 10 ans en arrière... et rien n'a changé. J'ai aujourd'hui 25 ans et j'ai subi durant mon adolescence diverses agressions et insultes (...). Mon crime ? Avoir flirté et eu une relation sexuelle avec un mec de mon quartier (...). Ce n'était pas une banlieue difficile, juste une petite ville de province".
*les prénoms ont été modifiés


























Commentaires (8)
Les frapes siblé sur la Lybie
Le président français Nikola Sarcosi a dit que les seront siblé et dit de frapper 4 localité.Ce si non pas étè respecter.Pourquoi?.Il ne fait que de montrer son force.Je suis contre à la politique étrangére en Lybie merci.
Texte de stagiaire?
Incroyable commentaire de la sociologue Isabelle Clair. "nos valeurs blanches et bourgeoises"... C'est ridicule. Le respect des femmes, de leur liberté, de leur dignité, ce sont des valeurs "blanches et bourgeoises"? On croit rêver.
"le discours sur l’homosexualité est le même en banlieue que dans un bled du centre de la France". Parce que dans un "bled du centre de la France", on est évidemment à des années-lumière de Paris? Quelle stupidité! Quelles paroles prétentieuses! Il y a une différence entre le centre de la France et les cités soumises aux groupes qu'on connaît: dans le centre de la France, on ne risque pas sa vie quand on est homo. Dans les cités soumises aux gangs qui défraient l'actualité, oui.
Et un dernier paragraphe confondant de bêtise. Désolé mais la liberté sexuelle est la même partout en France, on n'est plus au temps de "Paris et la province"!
censure
comme à l époque de l union sovietique .
cette soirée théma était
cette soirée théma était franchement douteuse: 1er reportage sur les violences contre les femmes en banlieue, 2ème reportage sur les violences contre les femmes chez les afro-américains, débat sur les violences contre les femmes dans les communautés turques d'allemagne et maghrébines françaises.
rappelons que la plupart des violences conjugales sont liées à l'alcoolisme. pas un mot là-dessus de toute la soirée...
Je crois hélas que ce n'est
Je crois hélas que ce n'est ni caricatural ni sensationnaliste : ce n'est malheuruesement pas un scoop! Triste réalité et propos d'une banalité effrayante que l'on entend quasi quotidiennement dans le bus, dans certains lycées de banlieue, etc. C'est devenu une posture et "un art de vivre" en quelque sorte : des petits caids contrôleurs des bonnes moeurs... à quand les milices ? le contrôle social est là, les valeurs de regression et son lot d'obscurantisme aussi.
Il ne faut pas nier cette réalité et faire semblant de croire qu'elle est la même que dans n'importe quel bled du centre de la France : par rapport à l'homosexualité peut-être, oui, mais pour le reste, une telle image dégardée de la femme, un tel mépris, une telle violence et un tel irrespect... Jusqu'où va-t-on aller ? Ce n'est pas stigmatiser ces quartiers et ces populations que de dire qu'il y a un vrai vrai problème et qu'il ne fait pas bon être femme d'origine maghrébine, ce qui est mon cas...
Medames et messieurs les sociologues, de grâce, ne vous voilez pas la face : c'est de plus en plus grave
La plupart des violences
La plupart des violences conjugales sont le fait surtout de misogynes qui ne voient les femmes que comme une sous espèce humaine. L'alcool peut aider.
Appelons un chat un chat et arrêtons de se voiler (...) la face.
Ah ouais et c'est du racisme
Ah ouais et c'est du racisme de dénoncer les violences dans les banlieues ?
Désolé mais les voitures brulées, j'ai vu faire que dans les banlieues. Donc oui il y a bien des spécificités culturelles.
Ce que vous dites dans votre commentaire me choque absolument pas, parce que la pauvreté appellent à la cruauté et à la violence. Ce n'est pas stigmatisé une population en particulier, mes plutôt cette condition humaine.
cette soirée théma était
cette soirée théma était ouvertement raciste: commentaires de daniel leconte pourfendant la "diversité culturelle", 1er reportage sur les violences contre les femmes en banlieue, 2ème reportage sur les violences contre les femmes chez les afro-américains, débat sur les violences contre les femmes dans les communautés turques d'allemagne et maghrébines françaises.
rappelons que la plupart des violences conjugales sont liées à l'alcoolisme. pas un mot là-dessus hier soir...
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