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EUROPE

Berlin prolonge la durée de vie de ses centrales nucléaires

©

Vidéo par Damien COQUET

Texte par Dépêche

Dernière modification : 06/09/2010

Les responsables politiques allemands se sont mis d'accord, dimanche, sur une prolongation de 12 ans, en moyenne, de l'activité des 17 centrales nucléaires du pays. La coalition d'Angela Merkel était divisée depuis des mois sur le sujet.

REUTERS - Le gouvernement allemand a décidé de prolonger l'activité des 17 centrales nucléaires du pays d'un nombre d'années variable selon leur ancienneté, après une réunion fondamentale pour la politique énergétique du pays.

L'accord trouvé dimanche met fin à des mois de division au sein de la coalition de la chancelière Angela Merkel sur l'avenir des centrales, dont la fermeture était prévue au plus tard en 2021 aux termes d'une loi adoptée en 2002 par la coalition social-démocrate et verte alors au pouvoir.

La chancelière allemande s'était prononcée fin août en faveur d'une prolongation de l'activité des centrales, jugeant raisonnable de les laisser en service 10 à 15 ans de plus que prévu.

Cette durée d'activité sera prolongée en moyenne de douze ans, selon un principe de différenciation en fonction de l'ancienneté des sites, a déclaré dimanche, après la réunion, le ministre allemand de l'Environnement, Norbert Röttgen.

"Nous avons convenu que la prolongation sera de huit ans pour les centrales nucléaires les plus vieilles et de 14 ans pour les plus récentes qui fonctionnent selon des normes
techniques différentes", a-t-il précisé à la presse à sa sortie de la chancellerie, devant laquelle un millier de militants anti-nucléaire ont manifesté.

Selon une source gouvernementale, l'année charnière qui permettra de différencier les deux groupes de centrales devrait être 1980, celles construites il y a moins de 30 ans bénéficiant de systèmes de sécurité plus performants.

L'accord sur le nucléaire devrait être la pierre angulaire de la politique énergétique du gouvernement allemand, qui devrait être définie ce mois-ci.

Merkel a beaucoup misé sur ce dossier et sa mise en oeuvre devra se dérouler en douceur si elle veut inverser la tendance défavorable à son gouvernement dans les sondages avant une série d'élections régionales cruciales prévues en 2011.

Les Allemands ne sont pas convaincus de la sécurité des centrales nucléaires et des réponses apportées à la question du stockage des déchets nucléaires.

Discorde sur une taxe

Les écologistes pourraient toutefois trouver un motif de satisfaction dans l'impulsion nouvelle donnée au soutien public et privé au développement des énergies renouvelables.

L'accord table en effet sur un effort de long terme en ce sens, a expliqué Röttgen, ajoutant que l'investissement devrait désormais être de trois à quatre milliards d'euros par an.

Les fournisseurs d'électricité devront financer les énergies renouvelables à hauteur de neuf euros par mégawatt-heure d'électricité d'origine nucléaire distribué.

De source gouvernementale, on expliquait un peu plus tôt que cette contribution devrait s'élever à 300 millions d'euros par an en 2010 et 2011, puis 200 millions par an entre 2013 et 2016.

La réunion de dimanche a en outre permis de définir certains détails du projet de taxation du nucléaire qui occasionne un débat houleux entre les exploitants des centrales et l'Etat, qui entend lever 2,3 milliards d'euros par an dans le cadre du plan de réduction du déficit budgétaire.

Selon la source gouvernementale, le gouvernement a décidé de fixer le montant de cette taxe à 145 euros par gramme de combustible pour les six ans à venir.

Les compagnies concernées, E.ON, Energie Baden-Württemberg et Vattenfall mènent une campagne acharnée contre le projet de taxe sur l'électricité nucléaire, qu'elles souhaitent voir remplacée par une redevance fixe déductible de l'impôt sur les sociétés.
Plusieurs dizaines de chefs d'entreprise allemands ont signé le mois dernier une lettre ouverte à Angela Merkel dans laquelle ils lui reprochent de mettre en péril l'approvisionnement futur en énergie du pays.

Les exploitants de centrales nucléaires, eux, menacent de réduire leurs investissements, voire de fermer certaines centrales si le projet de taxe est mis en oeuvre.

L'opposition social-démocrate a pour sa part critiqué immédiatement l'accord et prévenu qu'elle le contesterait en justice si le gouvernement était tenté de passer outre au vote
législatif. La coalition de Merkel a perdu cette année le contrôle du Bundesrat, la chambre haute du parlement.

Le SPD, principal parti de la coalition qui avait voté l'arrêt des centrales en 2021, a également prévenu qu'il annulerait la prolongation d'activité s'il revenait au pouvoir.
 

Première publication : 06/09/2010

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