AFP - Meilleur marqueur du Mondial, Luis Scola porte l'Argentine à bout de bras et s'affirme comme l'un des plus grands basketteurs non-américains de la planète avant de rencontrer la Lituanie en demi-finale jeudi.
"S'il vous plaît, parlez un peu de nos autres joueurs, il y a beaucoup de choses à dire", a imploré mardi l'ailier-fort au look d'Apache surdimensionné, harcelé de questions depuis le début du tournoi.
C'est pourtant de sa faute si le joueur des Houston Rockets focalise les regards, tellement il survole la compétition. Ses statistiques (30,3 points de moyenne à 61,5% de réussite et 8,3 rebonds) parlent d'elles-mêmes. Mais aussi brillantes soient-elles, elles peinent encore à rendre compte de son influence.
A Istanbul, comme à Kayseri au premier tour, Luis Scola a fait des fins de matches son royaume, la marque des plus grands, et mardi il a dévasté l'équipe brésilienne à lui tout seul en huitièmes de finale en marquant dix de ses 37 points dans les trois dernières minutes du match remporté (93-89).
"Je savais que l'équipe allait me chercher en fin de match, c'est mon job. Je peux vous garantir que j'ai souvent raté des tirs dans cette situation et ça arrivera encore. (Cette fois), ils sont tous rentrés, c'est le basket", soulignait Scola, refusant, malgré l'évidence, de tirer la couverture à lui.
Pour se rendre compte de son poids, il valait mieux écouter ses adversaires. "Fantastique mec!", l'a félicité le Brésilien Huertas. "Je le connais bien et quand il joue comme ça, il est inarrêtable", a embrayé Tiago Splitter son ancien coéquipier dans le club espagnol de Vitoria.
Le sélectionneur argentin Sergio Hernandez boit, lui, du petit lait: à 30 ans, son roc de 2,06 m est au somment de son talent. Pilier de la sélection avec laquelle il fut vice-champion du monde en 2002 et champion olympique en 2004, Scola sort d'une saison solide en NBA (16,2 points et 8,6 rebonds) qu'il a fini par rejoindre après dix ans en Espagne et deux finales d'Euroligue.
A l'aise dans les deux baskets, américain et international, il est, avec l'Allemand Dirk Nowitzki et l'Espagnol Pau Gasol, le meilleur joueur non-américain du moment et s'impose comme un candidat brûlant pour le titre de meilleur joueur (MVP) du Mondial.
S'il veut remporter le trophée, il faudrait que son équipe aille encore un plus loin dans la compétition. Elle compte sur lui pour y arriver.





