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Ouverture à Manille du procès du responsable présumé du massacre de Mindanao

Dernière modification : 08/09/2010

Le procès d'un puissant élu local, accusé d'être à l'origine de la tuerie de 57 civils en novembre 2009 sur l'île de Mindanao, pour se débarrasser d'un candidat rival à l'élection au poste de gouverneur débute ce mercredi.

AFP - Le procès d'un puissant élu local, responsable présumé du massacre de 57 civils en novembre dernier sur l'île de Mindanao, dans le sud des Philippines, s'est ouvert mercredi à Manille, a constaté un journaliste de l'AFP.

Andal Ampatuan Jr, alors maire d'une commune de la province de Maguindanao, est soupçonné d'être à l'origine de la tuerie de 57 civils, dont une trentaine de journalistes, qui accompagnaient un candidat rival à l'élection au poste de gouverneur.

Ampatuan Jr, fils de l'ex-gouverneur de Maguindanao, Andal Ampatuan Sr, lui-même inculpé, est accusé d'avoir intercepté, avec l'aide d'une centaine d'hommes armés, le convoi qui accompagnait ce candidat rival. Les 57 civils avaient été abattus avant d'être jetés dans des fosses communes.

Un total de 196 personnes, dont cinq membres du puissant clan musulman Ampatuan, ont été inculpées dans cette affaire.

Le premier témoin, Lakmudin Saliao, ancien bras droit de l'accusé, a été appelé à la barre après le rejet par le juge d'une nouvelle demande de renvoi du procès par Ampatuan Jr.

M. Saliao a raconté comment, six jours avant l'attaque, le clan s'était réuni pour trouver un moyen de contrer le candidat rival.

"C'est facile, père. Nous les abattons tous quand ils viendront ici", a alors lancé Ampatuan Jr à son père, selon le témoin.

L'accusé, portant la veste jaune des détenus et flanqué de policiers, est resté assis, impassible, derrière ses avocats.

Le procès, organisé dans une salle placée sous très haute sécurité dans une prison du sud de Manille, se tient alors que témoins auraient subi des intimidations.

Selon Elaine Pearson, directrice adjointe pour l'Asie de l'ONG Human Rights Watch, basée à New York, cinq personnes, dont un témoin-clé du massacre, ont été tuées.

"Les violences à Maguindanao n'ont pas cessé avec l'arrestation de six membres de la famille Ampatuan", a-t-elle estimé dans un communiqué.

"Des enquêtes rapides sur les crimes qui se poursuivent sont essentielles afin d'empêcher de nouveaux meurtres et d'éviter que des suspects n'interfèrent dans le déroulement du procès", a-t-elle ajouté.

Manette Salaysay, proche d'une des victimes du massacre, a salué le début d'un procès qui a été retardé de cinq mois.

"Il est difficile de se battre contre ces diables", a-t-elle déclaré à l'AFP, faisant allusion à la famille Ampatuan et à 16 policiers également accusés d'avoir pris part au massacre.

"Nous voulons voir la lumière de la justice", a-t-elle ajouté.

Gloria Arroyo, alors présidente philippine, avait autorisé le clan Ampatuan, en échange de son soutien politique, à se doter d'une milice privée et lui avait livré des armes, dans le cadre d'une stratégie controversée visant à contenir la rébellion musulmane séparatiste dans la région.

Les règlements de comptes et les violences entre clans rivaux, dotés de milices privées, ne sont pas rares dans le sud des Philippines, également théâtre d'un conflit entre l'armée et les rebelles séparatistes musulmans.

Première publication : 08/09/2010

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