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FRANCE

Fillon jette l'opprobre sur MAM dans l'affaire du "Monde"

Texte par Charlotte BOITIAUX

Dernière modification : 15/09/2010

Lors d'une séance à huis clos des députés UMP à l'Assemblée nationale, ce mardi, François Fillon a épinglé Michèle Alliot-Marie. Le Premier ministre s’étonne des "fuites à répétition" qui émanent du cabinet de la garde des Sceaux.

En pleine affaire sur la divulgation par le journal "Le Monde" des procès-verbaux d’audition de l’enquête Woerth-Bettencourt, François Fillon s’en est pris à Michèle Alliot-Marie. La garde des Sceaux, dans le collimateur du Premier ministre depuis que l'un de ses conseillers, David Sénat, a été désigné comme l'une des taupes possibles dans l’affaire, a été recadrée, mardi, lors de la réunion hebdomadaire du groupe UMP à l’Assemblée nationale. Une remise en place qui a laissé les députés stupéfaits.

Le Premier ministre a en effet estimé qu'il fallait "remettre les choses à l'endroit", avant de déplorer – dans une phrase assassine - "les fuites répétées émanant du cabinet de

Michèle Alliot-Marie". "La République ne peut pas accepter" que soit "violé le secret de l'enquête", a-t-il continué. En désignant le cabinet de MAM comme instigateur des fuites à répétition, le Premier ministre a frappé fort.

Une première ministrable écartée ?

Jamais encore le nom d’Alliot-Marie - première ministrable potentielle - n’avait été ouvertement évoqué dans l'enquête sur la source du journal "Le Monde". "C'était très dur, très violent cette charge contre Michèle Alliot-Marie", commente un élu UMP, tel que l'a rapporté Libération.fr. "Quand on connaît un peu François, on sait qu'il ne dit jamais rien au hasard. Cette phrase n'en prend que plus de poids", ajoute une autre source parlementaire. Selon le Parisien.fr, un député a même sous-entendu une possible implication de la garde des Sceaux dans cette affaire d’État en déclarant : "David Sénat n’est pas un conseiller lambda. Il est proche de MAM, il l’a suivie dans trois cabinets, il est très politique…"

Reste à savoir si le Premier ministre essaye sciemment d’écarter la garde des Sceaux d’un poste qu’elle convoite. Son nom circule depuis quelques temps pour lui succéder à Matignon. Ambition désormais avortée ? Pour le moment, MAM n’a ni réagi ni tenté de se justifier. Elle était pourtant présente salle Colbert au moment de cette attaque frontale.

Première publication : 15/09/2010

  • AFFAIRE BETTENCOURT

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