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EUROPE

Visite controversée de Benoît XVI au Royaume-Uni

Texte par Amara MAKHOUL-YATIM

Dernière modification : 16/09/2010

Première visite d'État d'un pape au Royaume-Uni depuis le schisme de 1534, le déplacement, jeudi, de Benoît XVI en terre anglicane suscite l'hostilité de nombreux sujets britanniques.

France 24 retransmet en direct la visite du Pape à Edimbourg, son discours ainsi que l'allocution de bienvenue de la Reine. Suivez sur notre antenne l'édition spéciale, à partir de 12h40 (heure française).

Le pape Benoît XVI entame ce jeudi une visite de quatre jours au Royaume-Uni que d'aucuns qualifient d'historique. Il s’agit en effet du premier voyage dans l’île d’un souverain pontife en tant que chef d’État depuis la création de l’Église anglicane par Henri VIII en 1534. Lors de son passage remarqué en Grande-Bretagne en 1982, Jean-Paul II n’était venu qu’en tant que chef de l’Église catholique. Ce qui ne devrait pas empêcher Benoît XVI d'échapper à la comparaison avec son charismatique prédécesseur, qui avait alors attiré un million de fidèles.

Il est vrai que le contexte d’aujourd’hui est loin d’être aussi favorable qu’en 1982, où l’Église catholique jouissait d’une meilleure image grâce, notamment, au concile Vatican II et son lot de réformes modernisatrices.

Rarement visite d'un pape aura suscité une telle hostilité sur une terre chrétienne. Selon un sondage du "Times", paru mardi, seuls 14 % des Britanniques sont favorables à la visite du Saint-Père. Pour sa part, le quotidien "The Independent" résumait mercredi la situation : le pape " entre dans la cage aux lions".

Plusieurs facteurs alimentent la polémique qui enfle depuis des semaines, au premier rang desquels la question du scandale des prêtres pédophiles ravivée par la récente révélation de l’ampleur de l'affaire en Belgique. Selon le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, il est probable que Benoît XVI réitère en Grande-Bretagne sa "condamnation des crimes commis" formulée la première fois aux États-Unis. Le souverain pontife devrait aussi recevoir en privé des victimes britanniques d'abus sexuels. Un geste insuffisant aux yeux de ceux qui accusent le pape d’avoir contribué à protéger les coupables.

Plus largement, c’est l’image de l’Église catholique dans son ensemble qui est écornée. Toujours selon le sondage du "Times", 72 % des sujets de Sa Majesté estiment que l’Église catholique est "intolérante". Une coalition nommée "Protestez contre le pape" s’est même formée pour l’occasion de sa visite. Regroupant associations et personnalités de différents bords, ce groupe milite contre les "positions rétrogrades" de Benoît XVI sur de nombreux sujets, comme l’homosexualité ou la place des femmes dans le clergé. La coalition espère réunir 2 000 personnes à Hyde Park, à Londres, où le souverain pontife doit présider une veillée de prières.

La personnalité même du pape n’est pas étrangère à cette hostilité. Bien que ses positions soient proches de celles de Jean-Paul II, l'actuel Saint-Père garde l’image d'un conservateur attaché à la doctrine.

À la charge du contribuable

Une majorité des Britanniques s’insurge également contre le coût de la visite pontificale, dont la moitié doit être financée par les contribuables. Contrairement à la visite de Jean-Paul II qui avait été prise en charge par l’Église catholique britannique, c'est l’État, qui prendra en charge à hauteur de 12 à 14 millions d'euros, les aspects non religieux du séjour de Benoît XVI. L’Église catholique d’Angleterre et d’Écosse assumera le reste estimé entre 11 et 12 millions d'euros. Grande première dans l’histoire du Vatican, les apparitions du pape, messes et autres rassemblements, seront payants. Au grand dam de certains membres de la communauté catholique qui protestent contre le prix élevé du ticket (jusqu’à 30 euros).

Résultat, entre 10 % et 15 % des places pour la messe de dimanche à Birmingham, censée constituer le point d’orgue du séjour britannique de Benoît XVI, n’ont toujours pas trouvé acquéreur. Le pape doit y béatifier le cardinal et théologien John Newman (1801-1890) qui s’était converti au catholicisme.

Symbolique, le sujet n’en demeure pas moins sensible. Benoît XVI tentera de prôner le rapprochement entre catholiques et anglicans sans froisser les sensibilités. L'an dernier, son texte apostolique "Anglicanorum coetibus" avait suscité peu d’enthousiasme. Il prévoyait notamment l'accueil de traditionalistes anglicans en rupture avec leur Église qu'ils jugeraient trop libérale depuis qu'elle ordonne des femmes prêtres et des évêques homosexuels.

Durant les quatre jours de sa visite, le pape célèbrera des messes et prières en plein air à Edimbourg, Glasgow, Londres et Birmingham, en présence de quelque 400 000 fidèles. Il doit également rencontrer la reine Elisabeth II et le Premier ministre David Cameron.

Première publication : 15/09/2010

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