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Afrique

L'exploitation de l'uranium nigérien, une activité stratégique pour Areva

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 17/09/2010

Le géant français du nucléaire civil Areva exploite l'uranium nigérien depuis plus de quarante ans. Mais ces dernières années, sa présence sur le sol du Niger a soulevé de vives controverses.

L'enlèvement des sept ressortissants étrangers au Niger intervient alors que, depuis un peu plus de deux ans, le n°1 mondial du nucléaire civil tente de redorer son image auprès de la population, dans une région en proie au banditisme, aux révoltes populaires et à l’intégrisme islamique.

"Pendant près de quarante ans, Areva a laissé les populations locales sur le carreau, ce qui ne la gênait pas beaucoup, explique Moussa Kaka, correspondant de RFI au Niger. Mais, depuis quelques années, elle a changé de stratégie et a commencé à mener des projets de développement pour la société civile".

Affrontements et accusations

En 2007, de vives tensions apparaissent entre le gouvernement nigérien et Paris. Les affrontements se multiplient entre militaires nigériens et rebelles touaregs, exaspérés par les maigres retombées économiques de l’exploitation minière pour les populations locales. Le président de l'époque, Mamadou Tandja, accuse Areva de financer la rébellion touarègue pour qu’elle ne s’attaque pas à ses infrastructures.

Or, l’exploitation de l’uranium nigérien est hautement stratégique pour le groupe et, plus globalement, pour la France. en effet, un tiers des centrales nucléaires de l’Hexagone sont alimentées par le minerai extrait du sous-sol nigérien et Areva, présent au Niger depuis quarante-deux ans, en tire 40 % de sa production mondiale. Une "province uranifère majeure" extrêmement importante à préserver, d’autant que l’attribution de l’exploitation d’une nouvelle – et immense – réserve se profile à Imouraren.

Parallèlement, les ONG montent au créneau, accusant le groupe français de négliger la sécurité de ses employés (soumis à des radiations), de polluer les nappes phréatiques et d’assécher la région en captant l’eau des sous-sols. Le groupe souffre d’une image extrêmement négative au sein de la population. 

Redorer son blason auprès de la population locale 

Areva finit par décrocher le juteux contrat d’exploitation du site d’Imouraren, le deuxième gisement mondial d’uranium. Le groupe annonce son intention d’y investir 1,2 milliard d’euros et d’en faire le plus grand site minier du Niger. En contrepartie, il promet de reverser 60 % des revenus tirés de l’exploitation au Niger et de consacrer 30 millions d’euros, en cinq ans, à des projets de développement au profit de la société civile. 

Depuis la signature des contrats en 2009, Areva n’a eu de cesse de choyer le gouvernement nigérien. Ainsi, en juillet dernier lors d’une conférence de presse à Niamey, Sébastien de Montessus, directeur des activités minières d’Areva, affirmait que le groupe avait mis en place une aide d’urgence d'un million d’euros pour faire face à la crise alimentaire sévissant dans le pays. Il a également assuré que l’entreprise étudiait les moyens dont elle disposait pour aider l’État nigérien à affronter une crise budgétaire "aiguë". 

L’entreprise s’attache également à redorer son blason auprès de la population locale. Sur son site internet par exemple, elle affirme avoir "mis en place et financé le fonctionnement de structures sanitaires" autour de ses sites. Selon le groupe, les deux hôpitaux créés "répondent aux normes françaises les plus strictes" et "réalisent 200 000 actes de soins gratuits par an". 

Des affirmations que balaient d’un revers de main plusieurs ONG locales. Parmi elles, Aghir In Man, organisation créée par un Touareg, Almoustapha Alassane. Spectateur impuissant de la mort "mystérieuse" de nombreuses personnes dans la région uranifère nigérienne, l’homme se bat depuis 2003 contre Areva, coupable selon lui de contaminer l'eau et la terre de la région. Mais soucieux d’éviter toute nouvelle polémique, le groupe a décidé de mettre en place un "observatoire de la santé" en partenariat avec plusieurs ONG.

Première publication : 16/09/2010

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