Dernière modification : 20/09/2010 

- France - Nicolas Sarkozy - ONU - Pauvreté


À l'ONU, la France se targue de figurer parmi les bons élèves des Objectifs du millénaire

À la tribune de l'ONU, le président français Nicolas Sarkozy s'est fait fort de rappeler que l'Hexagone était le deuxième contributeur mondial à l'aide au développement, derrière les États-Unis. Un point de vue sujet à caution, selon plusieurs ONG.

Par Sébastian SEIBT (texte)
 

"La France a décidé de se mobiliser, a déclaré le chef de l’État français, Nicolas Sarkozy, lundi, à New York, lors de l'Assemblée générale de l'ONU. Nous allons être au rendez-vous de nos promesses" pour les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Avec 10 milliards d’euros consacrés aux OMD en 2009, l’Hexagone fait figure de bon élève de l’aide au développement – le pays se place bon deuxième en valeur absolue derrière les États-Unis.

Dans sa lancée, le président français a en outre indiqué qu'il comptait augmenter à hauteur de 20 % l’aide destinée à lutter contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Tout en renouvelant son attachement à une taxation des transactions financières. Une belle image qu’il convient tout de même de nuancer, selon l’Organisation de coordination et de développement économiques (OCDE) et plusieurs ONG.

Objectifs non tenus. En 2005, les pays qui ont signé les Objectifs du millénaire s’étaient engagés à atteindre d’ici à 2010 une aide publique pour le développement de 0,51 % du revenu national brut (RNB). Las, Paris ne tiendra pas cet engagement. Selon des prévisions publiées en avril par l’OCDE, la France devrait dépenser 0,47 %. Les Objectifs du millénaire prévoient que les pays signataires fournissent 0,7 % de leur RNB en 2015… Cela semble donc mal parti. "La France devrait maintenir les 0,47% d’aides pendant plusieurs années encore", affirme Hubert de Milly, coordinateur du groupe de travail sur l’efficacité de l’aide au développement à l’OCDE. Au sein de l’Europe en revanche, huit pays ont réussi à tenir leur engagement (Allemagne, Belgique, Danemark, Luxembourg, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède).

Le contenu de l’Aide publique au développement (APD). L’Aide publique au développement (APD) correspond au montant des sommes allouées chaque année aux pays pauvres. Or, selon plusieurs ONG, à l’instar de la Coordination Solidarité urgence au développement (SUD), l’APD permet aux États d’inclure dans leur compte de l’aide des volets quelque peu fantaisistes.

Ainsi le premier bénéficiaire, en 2008, de l’APD française était… Mayotte, un territoire français. Une pratique étonnante mais légale puisque les régions ayant statut de "territoire" peuvent profiter, au même titre que les États, de l’aide au développement. "C’est la seule façon d’inclure des zones, comme les Territoires palestiniens, dont les besoins sont réels", résume Hubert de Milly.

En 2008, la France donnait...

Tous les ans, l'OCDE décortique l'aide au développement de chaque État membre. Les dernières statistiques définitives remontent à 2008, et l'ONG Coordination Sud a dressé le tableau des "pays" aidés par la France. Voici la liste des dix premiers pays dans l'ordre décroissant.

Mayotte : 329,12 euros

République démocratique du Congo : 255,12 millions d'euros

Irak : 218,42 millions d'euros

Liban : 212,03 millions d'euros

Turquie : 203,67 millions d'euros

Chine : 143,87 millions d'euros

Sénégal : 131,05 millions d'euros

Vietnam : 114,80 millions d'euros

Maroc : 113,15 millions d'euros

Tunisie : 111,25 millions d'euros

La France intègre également dans son calcul l’écolage (la subvention dédiée aux étudiants étrangers) et l’aide aux réfugiés. "Ce sont des aides certes nécessaires mais qui ne devraient pas être prises en compte dans l’aide directe au développement", juge Ronack Monabay, d’Action mondiale contre la pauvreté. La France avait d’ailleurs été vertement critiquée par l’OCDE en 2006 pour gonfler son aide à l’écolage. "Depuis lors, il est vrai que le montant à l’écolage a été réduit", souligne Hubert de Milly.

Enfin, en 2009, la France a déclaré 1 milliard d’euros d’annulation de dettes. Une somme qui fait bondir les ONG. "Ce qui est en cause ici, c’est le fait que pour certaines de ces dettes n’auraient de toute façon pas pu être remboursées et qu’en les effaçant, les pays ne viennent pas vraiment en aide aux pays pauvres", résume Hubert de Milly.

Le recours aux prêts. La France fait partie des trois derniers pays, avec l’Allemagne et le Japon, à avoir recours aux prêts et non pas à des dons directs aux États. Une opération qui, sur le moment, ne lui coûte pas un sou. "En effet, le pays prêteur emprunte lui-même de l’argent qu’il va fournir au titre de l’aide au développement, confirme Hubert de Milly. En réalité, il ne sort rien de sa propre poche."

Ainsi la France a-t-elle pu inscrire 1,3 milliard d’euros, soit 15 % de son APD, au titre de prêts sans avoir à les sortir de ses caisses. De plus, les pays ne peuvent pas prêter à n’importe qui : les États les plus pauvres, qui ne pourront de toute façon pas rembourser, ne peuvent pas souscrire de crédit. La France se prive ainsi de venir en aide à "des pays qui en ont le plus besoin", juge la Coordination SUD.
 

Commentaires (8)

ce que les pays dit riches

ce que les pays dit riches doivent aux pauvres ce n´est pas 1% du PIB
mais bien plus
avant hier, ces pays ont usé de l´esclavage pour leur prospérité
hier de la colonisation pour s´approprier les matières premières chez les pauvres
aujourd´hui, les pauvres d´afriques et d´asie produisent à des prix de misère pour qu´ils s´enrchissent davantage...
ce que le pauvre cultivateur de cacao ou le producteur de nike vietnamien veut ce n´est pas une aide bidon, mais un salaire suffisant
c´est aussi simple et vrai que cela....

les pauvres n´ont pas besoin

les pauvres n´ont pas besoin d´aide mais de justice
ils veulent vivre du fruit de leur travail
on vole les revenus des planteurs de cacao, de café etc... les matières premières sont volées
et après, on organise des soit disant sommets de la pauvreté
avec l´argent que coûtent ces sommets de la honte on pourait augmenter le revenus des cultivateurs et autres travailleurs
qui donnent leur vie pour que les économies des soi disant riches prospèrent....

c'est bien beau tout cela mai

c'est bien beau tout cela mai nous sommes en déficit sa vas bientot etre nous qu'il faudra aidé pourquoi ne pas les stérilisés les empèché de procré e donné la pillulle aux femmescecon de vrai lapinesdes nichée ces pay la font un concour de gosses pour envhir l'europe c'est un cheval de troi!!!

à quand le crack ?

Ne voyez-vous pas qu'on nous créé un amoncellement de conflits sociaux, politiques, religieux, environnementaux, économiques, pour que les peuples écrasés de malheurs accueillent avec ferveur un véritable "changement" qui les maintiendra muselés, en esclavage et bon qu'à payer. La mondialisation, une crise qui n'en finit pas, des marchés qui s’attaquent aux démocraties et aux Etats-providence malmènent les travailleurs du monde qu'on brade à bas prix et laisse sans protection social pour toujours plus de profits des spéculateurs ; la pauvreté gagne de plus en plus de terrain. On reparlera de citoyenneté quand les citoyens européens seront tous logés à la même enseigne, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Nos gouvernants en France nous expliquent que la charge de la dette sera le premier poste budgétaire en 2013 car nous avons un sur-endettement qui a dépassé le point de non retour laissant une dette à nos enfants pour 35 000 € chacun et qu'il est urgent de revenir à l'équilibre des comptes publics avant 2013 et en conséquence raboter sévèrement les revenus du travail,les retraites, l'assurance-maladie... qu'il n'a plus de sous.
Comment, dans ces conditions, l'Etat peut-il encore financer avec l'argent du contribuable ces aides à la Grèce, au développement, aides aux catastrophes climatiques, impôts communautaires, subventions, privilèges de toutes sortes accordés à nos politiques et fonction publique.

Encore un journaliste qui se

Encore un journaliste qui se permet de détourner un beau discourt au service de la critique. En tout cas je retiendrai que pour un président qui est jugé dangereux... Eh bien il reste quand meme attacher a batailler sur tout les fronts.

Une France unie et généreuse :-)

pauvreté

Et chaque année, la France paie - nous, français, nous payons La participation devient de plus en plus importante alors que cet argent serait bien mieux utilisé à venir en aide aux pauvres qui vivent en France. On annule les dettes - bien sûr ces pays pauvres ne peuvent même pas rembourser les intérêts - et ces pays sont toujours aussi pauvres. Et nous les payeurs nous sommes critiqués. Mais être indépendant pour ces pays pauvres, au fait, c'est quoi ?

Discours de Sarkozy

Très beau discours du Président Français qui a montré encore une fois son attachement aux pays en développement et particulièrement pour les pays africains.Merci Président

Discours de Sarkozy

Très beau discours du Président Français qui a montré encore une fois son attachement aux pays en développement et particulièrement pour les pays africains.Merci Président

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