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Afrique

Les sept otages auraient été victimes d'une "trahison"

©

Vidéo par Willy BRACCIANO

Texte par Dépêche

Dernière modification : 21/09/2010

Le conseiller sécurité d'Areva au Niger a affirmé lundi que les ravisseurs avaient "bénéficié d'une excellente information" au sein même du groupe français. "On peut même appeler cela une trahison", a-t-il ajouté dans une interview accordée à RTL.

AFP - Areva était une cible de choix pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), soupçonné d'être derrière la prise d'otages de jeudi au Niger, et ce rapt atteste, selon des experts, d'une faille de sécurité dont Niamey et le groupe nucléaire français se renvoient la responsabilité.

Les précisions de notre correspondant au Mali

"Les installations d'Areva au nord-Niger sont comme un champignon au milieu du désert, qui ne pouvaient qu'attirer Aqmi, dans sa volonté de s’en prendre aux intérêts français", a commenté lundi une source proche du dossier interrogée par l'AFP.

"On a pour le moins une énorme carence des forces de sécurité (nigériennes). Ils ont mal fait leur boulot", a estimé Gilles Denamur, ancien responsable de la sécurité des mines d'Areva au Niger.

"D'après mes sources, des +barbus+ étaient dans Arlit (site minier où a eu lieu l'enlèvement, à environ 1.000 km au nord-est de Niamey) depuis deux ou trois jours", a déclaré à l'AFP M. Denamur, colonel en retraite qui a aussi été attaché militaire à l'ambassade de France à Niamey.

Cette information a été confirmée à l'AFP lundi par une source touareg familière des questions de sécurité dans la région.

L'ancien militaire s'étonne notamment que les ravisseurs n'aient été "détectés par personne" dans une ville minière isolée, en plein désert nigérien, où tout se sait très vite.

"Cet enlèvement n'a pu être organisé qu'avec d’évidentes complicités locales, je dirais même de trahisons, y compris au sein des sociétés du groupe Areva elles-mêmes", affirme de son côté la source proche du dossier.

Les preneurs d'otage "ont bénéficié d'une excellente information au sein du groupe Areva, c'est clair. On peut même appeler cela une trahison", a renchéri le colonel Jacques Hogard, conseiller sécurité d'Areva au Niger.

Les sept otages sont un cadre d'Areva et son épouse, tous deux Français, ainsi que cinq employés (trois Français, un Togolais et un Malgache) de son sous-traitant Satom, filiale du groupe de bâtiment et travaux publics Vinci. Tous ont été enlevés à leurs domiciles.

Une polémique s'est engagée entre les autorités nigériennes et le groupe nucléaire français, sur les conditions de sécurité qui entouraient les expatriés à Arlit.

"Il y a sans doute eu un ensemble de complicités, de défaillances, de choses qui n'ont pas fonctionné, pour lesquelles l'enquête rapportera ce qu'il se passe", a reconnu lundi le directeur de la communication d'Areva, Jacques-Emmanuel Saulnier.

"Nous n'avons jamais refusé aucune aide d'aucune sorte", a-t-il cependant souligné, réfutant des accusations de Niamey.

Dimanche, le porte-parole du gouvernement nigérien, Laouali Dan Dah, avait affirmé que Niamey avait proposé "il y a moins de deux mois" à Areva "de prendre en charge la sécurité de ses agents", mais que le groupe français avait refusé.

Areva fait valoir que la sécurité de ses employés était de la responsabilité des forces nigériennes, conformément à un accord-cadre signé en 2008 avec Niamey. "Le Niger c'est un Etat souverain. Dans ce pays comme dans les autres, nulle part dans le monde nos gardes ne sont armés", a assuré M. Saulnier.

Quelque 350 militaires, gendarmes et policiers nigériens sont chargés d'assurer la sécurité à Arlit, selon Areva. La surveillance des résidences est elle confiée à 150 gardiens non armés, dont d'anciens rebelles touareg.

Pour autant, "la sécurité d'un site aussi vaste et ouvert qu'Arlit, face à une menace d'ordre militaire de type commando (...), nécessite un dispositif complet incluant outre police, gendarmerie et unités militaires classiques, une capacité d'anticipation et de réaction immédiate que seules des forces spéciales entraînées peuvent garantir", estime la source proche du dossier.

Première publication : 21/09/2010

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