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"La situation s'est fortement détériorée, mais pas autant qu'en 2008"

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 24/09/2010

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO) tient une réunion de crise ce vendredi que Concepcion Calpe, experte des marchés de céréales à la FAO, décrypte pour France24.com.

L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation (FAO) a tenu, ce vendredi, une réunion de crise pour évoquer la flambée actuelle des prix alimentaires. Cette réunion extraordinaire d’une journée, à Rome, vise à avoir une vue d’ensemble sur la situation, alors que de plus en plus de personnes évoquent le risque d’une nouvelle crise alimentaire comme celle qui a provoqué des"émeutes de la faim" en 2008. Concepcion Calpe, experte des marchés de céréales à la FAO et qui assiste à cette réunion, en décrypte les enjeux alors que des émeutes ont secoué le Mozambique en septembre.

 


 

France24.com - Quel but espérez-vous atteindre avec cette réunion ?

Concepcion Calpe - Nous voulions surtout fournir une réponse à la peur qui est en train de monter au sein des populations face à la montée des prix des céréales et du riz. Lors des discussions ce matin, nous en sommes arrivés à la conclusion que la situation s’est certes fortement détériorée, mais que pour l’instant nous ne sommes pas dans une situation similaire à celle de 2008.

 

F24 - Mais ne nous dirigeons-nous pas vers une situation similaire à 2008, étant donné le bond de 20 points de l’indice des prix des céréales entre juillet et août ?

C. C. - Il nous est impossible de prévoir précisément comment va évoluer la situation. Tout ce qu’on peut dire à l’heure actuelle, c'est que les fondamentaux des marchés de céréales sont meilleurs qu’à l’époque. Après il y a des facteurs sur lesquels nous ne pouvons pas avoir d’influence comme la politique des gouvernements, la météo et la volatilité des marchés qui restent très opaques.

 

F24 - Est-ce que cette réunion peut avoir un impact concret sur la situation ?

C. C. - La grande priorité du moment, c'est d'avoir une plus grande visibilité sur les niveaux de production des céréales et des denrées alimentaires. On pourrait espérer que cette réunion serve de socle à une réflexion plus large sur les mécanismes à mettre en place pour éviter que ces augmentations très fortes des prix se répètent.

 

F24 - La Russie, qui a décrété une interdiction des exportations de céréales suite aux sécheresses de cet été, est représentée à cette réunion. Quelle est aujourd’hui sa position ?

C. C. - La question a été abordée, mais pour l’heure la Russie ne s’est pas engagée à lever l’interdiction des exportations. Le pays a vraiment été durement touché par ces sécheresses et doit faire face à des problèmes intérieurs importants [selon une étude russe du 23 septembre, le pays va devoir importer près de 6 millions de tonnes de céréales pour faire face à ces besoins, NDLR].

F24 - Le rapporteur spécial de l’ONU pour l’alimentation, Olivier De Schutter, a rendu un rapport ce jeudi dans lequel il évoque une "bulle spéculative" qui contribuerait grandement à la dégradation de la situation, qu’en pensez-vous ?

C. C. - Il est clair qu’il y a une très forte volatilité sur ces marchés qui brillent par leur opacité. Nous réfléchissons actuellement à la faisabilité et à l’opportunité de mécanismes qui permettraient de limiter l’impact de certaines spéculations. La question est sur la table.

Première publication : 24/09/2010

  • MOZAMBIQUE

    "La crise alimentaire pourrait se propager à d’autres pays"

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  • RUSSIE

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