Dernière modification : 26/09/2010 

- Conflit israélo-palestinien - Hillary Clinton - Mahmoud Abbas - Processus de paix israélo-palestinien


Le dialogue israélo-palestinien suspendu au "gel" de la colonisation

À quelques heures de l'expiration du moratoire israélien, les négociations de paix entre Abbas et Netanyahou sont au point mort. Le président de l'autorité palestinienne réclame un "arrêt total" de la colonisation en Cisjordanie.

Par Constance de BONNAVENTURE (vidéo)
Dépêche (texte)
 

AFP - L'expiration du moratoire israélien sur la colonisation en Cisjordanie, dimanche soir, va aussitôt mettre à l'épreuve le fragile dialogue de paix relancé le 2 septembre dernier entre Israël et les Palestiniens sous l'égide des Etats-Unis.

A l'initiative de Washington, les efforts se sont poursuivis jusqu'à la dernière heure pour tenter d'arracher un compromis entre les deux camps.

Le président palestinien Mahmoud Abbas exige la prolongation du moratoire pour

continuer les négociations tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a exclu de poursuivre le gel de la construction dans les implantations juives de Cisjordanie au-delà de dimanche.

Afin de sauver les pourparlers, la communauté internationale --le président Barack Obama en tête-- a expressément demandé à M. Netanyahu de prolonger son moratoire.

Israël se dit "disposé à parvenir à un compromis agréé par toutes les parties" mais a répété qu'"il ne saurait y avoir zéro construction" dans les colonies.

"Dimanche soir, les chantiers vont redémarrer, nous n'aurons pas besoin de décision

Gel des colonies : de quoi s'agit-il ?

spéciale ou d'annonce", a assuré la ministre israélienne des Sports et de la Culture Limor Livnat.

Côté palestinien, le président Abbas, qui a le soutien de la Ligue arabe, a jusqu'à présent rejeté tout compromis qui ne garantirait pas un "arrêt total" de la colonisation. Il a affirmé qu'il refusait une "solution partielle".

Israël doit "choisir entre la paix et la poursuite de la colonisation", a plaidé le chef de l'Autorité palestinienne samedi à la tribune de l'ONU.

Quant aux colons juifs de Cisjordanie, ils ont fustigé l'appel du président Obama à une prolongation du moratoire, l'accusant "d'avoir cédé aux menaces des Palestiniens".

Ils ont prévu de poser symboliquement dimanche la première pierre d'un nouveau quartier dans la colonie de Revava (nord de la Cisjordanie) afin de marquer le "dégel" de la construction.

Les colons ont aussi promis de lancer, sitôt l'expiration du moratoire, une série d'appels d'offres pour une relance à grande échelle des mises en chantiers.

Annoncé le 25 novembre 2009 pour une durée de dix mois, le moratoire porte sur les implantations de Cisjordanie occupée, où vivent 300.000 colons israéliens mais pas sur les milliers de chantiers déjà engagés, ni sur la construction de bâtiments publics (écoles, synagogues, bains rituels etc.), ni sur Jérusalem-Est annexée.

Commentaires (1)

ramallah

Difficile de croire que l'Orjuwan, club branché et restaurant de luxe, se trouve en Judée-Samarie. Il y a quelques années à peine, quel Palestinien aurait imaginé pouvoir déguster de la haute gastronomie italienne dans un tel établissement en plein cœur de Ramallah ? Situé dans le quartier à la mode d'Al-Masyoun, l'Orjuwan Lounge est devenu le symbole de la métamorphose que connaît la ville depuis trois ans.

Ramadan à Ramallah. Atmosphère festive dans une ville en plein développement.
Photo: Muhammed Muheisen/AP , JPost
Désormais, ce ne sont plus délinquants et hommes armés du Fatah qui sillonnent les rues, mais policiers et agents de sécurité qui n'hésitent pas à recourir à la force contre tous ceux qui s'avisent d'enfreindre la loi. De meilleures conditions de sécurité qui ont encouragé des investisseurs palestiniens et étrangers à miser sur la ville, voire à s'y installer. Des appartements de luxe sont en vente dans tous les quartiers, à des prix certes en hausse, mais qui restent séduisants. Un trois-pièces dans un immeuble neuf s'est vendu, récemment, pour 600 000 shekels. Il en aurait valu la moitié il y a trois ans. "Je vends au moins trois appartements par mois", affirme le promoteur Hussein Mansour. "L'avantage, ces derniers temps, c'est que les banques locales acceptent de prêter à tout le monde ou presque. Autrefois, elles refusaient tout crédit aux fonctionnaires de l'Autorité palestinienne, parce qu'ils ne savaient jamais s'ils allaient recevoir leur salaire à la fin du mois ou pas."

Tareq Abou Shousheh, un charpentier de Jérusalem, vient d'acheter dans le quartier d'Al-Masyoun. "J'ai payé à peine 500 000 shekels un appartement magnifique", explique-t-il. "A Jérusalem, je n'aurais jamais trouvé à ce prix-là, même plus petit. Dans les quartiers arabes de Jérusalem, il n'y a rien à moins d'un million de shekels." Beaucoup de ses amis envisagent de suivre son exemple en achetant dans du neuf à Ramallah, ou encore à Jéricho ou à Bethléem.

Jérusalem-Est et Ramallah : le jour et la nuit

Mahroum, la célèbre pâtisserie orientale de Nazareth, vient d'ouvrir un magasin à Ramallah. Ses spécialités au miel, à la pistache, aux amandes et aux épices font la joie des habitants. A la municipalité, on confie que plus de 100 Palestiniens de Jérusalem ont délocalisé leur entreprise pour l'implanter à Ramallah au cours des derniers mois. "Ici, ils ont plus de clients et moins de taxes à payer", nous explique un responsable. "A Jérusalem-Est, les gens rentrent chez eux dès le coucher du soleil et les rues sont désertes ensuite. Comparé à l'animation de Ramallah, c'est le jour et la nuit !"

L'Orjuwan, restaurant et night-club qui a le vent en poupe, attire une clientèle hétéroclite de jeunes et de moins jeunes où se mêlent Palestiniens et Israéliens, Américains et Européens, Chrétiens, Musulmans et même Juifs. Ce sont deux frères et une sœur de la célèbre famille Sakakini qui l'ont ouvert il y a moins d'un an. Mais l'Orjuwan Lounge n'est qu'un exemple parmi les dizaines de restaurants, de bars et de discothèques qui fleurissent à Ramallah depuis trois ans et viennent s'ajouter à une multitude de chantiers de construction que l'on remarque dans presque tous les quartiers de la ville. Autre établissement où il faut être vu, le Tché Tché, rendez-vous de la jeunesse de Ramallah. Il existe une vingtaine de Tché Tché au Moyen-Orient, ce qui fait de cette enseigne l'une des principales chaînes de cafés-restaurants de la région.

Les hôtels cinq-étoiles et les restaurants gastronomiques fleurissent également dans la ville. Les résidents guettent avec impatience l'ouverture prochaine de l'hôtel suisse Mövenpick, situé à 3 km du centre et qui offrira une vue magnifique sur les environs de Jérusalem. Doté de 172 chambres et suites, il disposera de plusieurs restaurants et de piscines, ainsi que d'un centre commercial.

La fin d'un "repaire de mafieux"

Comme beaucoup d'autres établissements, l'hôtel n'est qu'à faible distance du camp de réfugiés d'Al-Ama'ri, qui regroupe des milliers de Palestiniens souvent sans emploi et vivant dans des conditions misérables. Des habitants qui ne cachent pas leur colère face à l'incapacité du gouvernement à améliorer leur quotidien.

"On construit de beaux restaurants pour les riches", se lamente Jamal Abou Kwaik, un militant du Fatah, "mais l'Autorité palestinienne ne pense pas aux trois camps de réfugiés qui entourent Ramallah. Jamais vous ne verrez un réfugié manger ou même boire un verre dans ces établissements, parce que nous n'en aurons jamais les moyens !"
L'atmosphère qui règne ces jours-ci à Ramallah ressemble à celle qui prévalait au lendemain des Accords d'Oslo et de la création de l'Autorité palestinienne. A la suite de ces négociations, Ramallah avait également connu un fort développement économique : des investisseurs du monde entier y avaient convergé, porteurs de grands projets. La plupart étaient repartis très vite en s'apercevant que le gouvernement palestinien était, selon les termes d'un homme d'affaires palestinien, "un repaire de mafieux".

A l'époque, un grand nombre de riches Palestiniens avaient fui aux Etats-Unis ou dans les pays du Golfe après avoir été, affirmaient-ils, victimes de la corruption des hauts fonctionnaires, qui exigeaient sans cesse pots-de-vin et commissions. "On ne pouvait pas ouvrir un commerce sans verser une commission à l'un ou l'autre des proches de Yasser Arafat", raconte un propriétaire de restaurant. "Cela a fait fuir une multitude d'hommes d'affaires, qui ne pouvaient pas s'en sortir dans ces conditions."

Il affirme qu'aujourd'hui, en revanche, tout a changé. "Il y a moins de corruption", confirme Omar Salman qui, avec son frère, compte faire construire un nouvel hôtel-boutique dans la banlieue de Ramallah. "Et puis, avec les efforts que déploie le gouvernement pour restaurer la loi et l'ordre, les gens ne craignent plus d'investir leur argent à Ramallah."

Centre financier et politique

"Ramallah est en train de devenir la capitale de facto de la Palestine", constate Hani Saadeh, ingénieur. "C'est déjà la capitale politique et économique des Palestiniens."

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