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Moyen-orient

À l'ONU, Lieberman prône l'échange de populations, Netanyahou se désolidarise

Texte par Dépêche

Dernière modification : 29/09/2010

Devant l'ONU, le chef de la diplomatie israélienne Avigdor Lieberman a défendu l'idée d'un "échange de territoires avec leurs populations" comme solution au conflit avec les Palestiniens. Le Premier ministre Netanyahou a désavoué son discours.

AFP - Le discours du ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor Lieberman devant l'ONU sur le règlement du conflit israélo-palestinien ne représente pas la position du gouvernement israélien, a indiqué mardi un communiqué du bureau du Premier ministre Benjamin Netanyahu.

Le communiqué de M. Netanyahu semble se référer notamment à des passages de l'intervention dans lesquels M. Lieberman a plaidé pour un "échange de territoires avec leurs populations" comme solution au conflit ainsi que pour "un accord intérimaire à long terme", excluant dans l'immédiat un règlement final.

"Le contenu du discours du ministre des Affaires étrangères aux Nations unies n'a pas été coordonné avec le Premier ministre", souligne le communiqué publié à Jérusalem.

"C'est le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui s'occcupe des négociations diplomatiques. Les différents arrangements pour la paix seront définis uniquement autour de la table de négociations et nulle part ailleurs", morigène le bureau de M. Netanyahu.

Malgré son titre officiel, M. Lieberman ne participe pas aux pourparlers de paix israélo-palestiniens, qui ont redémarré le 2 septembre à Washington.

"Nous devons nous concentrer sur un accord intérimaire à long terme (avec les Palestiniens), quelque chose qui pourrait prendre quelques décennies" avant d'être conclu, a-t-il dit dans son discours devant l'Assemblée générale des Nations unies.

M. Lieberman a également repris une idée qui lui est chère, l'abandon du "principe de la terre contre la paix", qui sous-tend le processus de paix israélo-palestinien depuis une vingtaine d'années, pour lui substituer celui de l'échange de territoires avec leurs populations.

"Je ne parle pas de déplacer des populations, mais plutôt de déplacer des frontières pour mieux refléter des réalités démographiques", a-t-il précisé, en référence à sa volonté de faire passer sous administration palestinienne une partie de la minorité arabe d'Israël en échange de l'annexion des colonies juives de Cisjordanie avec leurs habitants.

Face aux critiques soulevées par une précédente intervention de sa part sur cette question le 19 septembre, le ministre avait assuré qu'il n'exprimait que son "avis personnel". "Ce n'est pas la position officielle de notre gouvernement", avait-il dit.

Sa prise de position pour un "accord intermédiaire" contredit en outre celle du Premier ministre qui a fait de la "fin du conflit" un des principes d'un éventuel accord de paix.

M. Lieberman, un populiste ultranationaliste, est connu pour ses opinions iconoclastes sur le processus de paix, mais c'est la première fois qu'il les expose devant une telle enceinte.
 

Première publication : 29/09/2010

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