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Amériques

Le président Rafael Correa dénonce une tentative de coup d'État

©

Vidéo par Christophe DANSETTE

Texte par Dépêche

Dernière modification : 30/09/2010

Alors que des militaires et des policiers manifestent contre une baisse de salaire, notamment en bloquant l'aéroport international de Quito, jeudi, le président Rafael Correa dénonce un coup d'État. Le gouvernement a déclaré l'état d'urgence.

L'état d'urgence déclaré

Le gouvernement équatorien a déclaré jeudi l'état d'urgence dans le pays, a annoncé le ministre de la Sécurité, Miguel Carvajal.

"Nous avons déclaré l'état d'urgence et les forces armées ont reçu pour instruction d'assurer l'ordre public en respectant et en garantissant les droits des citoyens", a annoncé le ministre au cours d'une conférence de presse.

AFP - Le président équatorien Rafael Correa a dénoncé jeudi une "tentative de coup d'Etat" alors que des militaires occupaient l'aéroport de Quito et que des policiers s'emparaient du Congrès, lors de la pire crise affrontée par le chef d'Etat socialiste.

"Ceci est une tentative de coup d'Etat menée par l'opposition et certains secteurs des forces armées et de police", a déclaré M. Correa lors d'un entretien à une télévision locale.

M. Correa a dit par téléphone qu'il était réfugié dans une chambre d'hôpital de Quito et qu'il craignait pour sa vie.

"Au cas où il m'arriverait quelque chose, je veux exprimer mon amour à ma famille et à ma patrie", a-t-il déclaré.

"Environ 150 membres des forces aériennes équatoriennes ont pris la piste de l'aéroport Mariscal Sucre", a annoncé plus tôt à la radio Luis Galarraga, porte-parole de l'entreprise Quiport, gestionnaire de l'aéroport.

"Pour des raisons de sécurité, les opérations (aériennes) doivent être immédiatement suspendues", a-t-il ajouté vers 10h30 (15h30 GMT).

"Ils n'ont plus confiance en leur supérieurs"
Pendant ce temps, des dizaines de policiers manifestaient dans la principale caserne de la capitale, mais aussi à Guayaquil, la grande ville portuaire du sud-ouest et à Cuenca, des manifestations qui ont débouché sur des échaufourées et l'emploi de gaz lacrymogènes.

Vers 12h30 (17h30 GMT), des policiers ont également occupé le Congrès, a déclaré à l'AFP la porte-parole de cette institution.

Le chef de l'Etat, qui s'était rendu aux abords de la principale caserne de la capitale pour tenter de calmer les agents, a lui-même essuyé une bombe lacrymogène, tombée a ses pieds, et a dû quitter les lieux, un masque sur le visage, après un discours enflammé où il a annoncé qu'il ne céderait pas.

"Je ne ferai pas un seul pas en arrière, si vous voulez prendre les casernes, si vous voulez laisser les citoyens sans défense, si vous voulez trahir votre mission de policiers, faites-le", a lancé M. Correa.

Il a ensuite visiblement perdu ses nerfs, arrachant presque sa cravate en criant aux policiers: "Si vous voulez détruire la patrie, allez-y. Mais ce président ne cédera pas".

"La troupe unie ne sera jamais vaincue", criaient pour leur part les policiers en appelant les militaires à se joindre au mouvement.

Une loi approuvée par l'assemblée supprime certaines primes à l'ancienneté pour les membres des forces de l'ordre.

La loi de "service public" a également entraîné une crise entre l'exécutif et le Parlement, la majorité ayant refusé d'adopter certains articles du projet réduisant les émoluments des fonctionnaires de l'Etat.

Mercredi soir, la ministre de la Politique (relations avec le Parlement ndlr), Doris Solis, avait affirmé que Rafael Correa envisageait de dissoudre l'assemblée, à l'issue d'une réunion avec ce dernier.

Le commandant des forces armées équatoriennes, Ernesto Gonzalez, a pour sa part annoncé qu'il soutenait le gouvernement de Rafael Correa.

"Nous sommes dans un Etat de droit, nous sommes subordonnés à la plus haute autorité incarnée par Monsieur le président de la République", a déclaré le général lors d'une conférence de presse retransmise par les médias locaux à Cuenca (sud de l'Equateur).

Rafael Correa, 47 ans, au pouvoir depuis janvier 2007, a été réélu lors d'élections découlant de l'adoption d'une nouvelle constitution, organisées en avril 2009. Son mandat s'achève en 2013. Selon un sondage Cedatos-Gallup publié à la mi-septembre, 53% des Equatoriens approuvent sa gestion. Il affronte toutefois depuis quelques semaines la fronde de divers secteurs, notamment les enseignants et les chauffeurs. L'opposition en outre cherche pour sa part à promouvoir un référendum en vue de sa révocation.

L'Equateur, 14 millions d'habitants, est un pays notoirement instable, où les trois prédécesseurs de Rafael Correa ont été renversés ou destitués par le Parlement.

A Washington, l'Organisation des Etats américains (OEA) a décidé de convoquer une session extraordinaire de son conseil permament consacrée à la situation en Equateur jeudi à 14h30 heure locale (18h30 GMT).

Les Etats-Unis suivent "de près" la situation en Equateur, a indiqué le département d'Etat.

Madrid a condamné une "tentative de coup d'Etat" et affirmé son soutien à Rafael Correa.

Première publication : 30/09/2010

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