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Afrique

Les casques bleus interpellent un chef de milice accusé de viols au Nord-Kivu

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/10/2010

Le colonel Mayele, chef des miliciens Maï-Maï Cheka, a été arrêté lors d'une opération menée par la Mission de l'ONU en RDC et l'armée nationale congolaise. La milice est accusée d'avoir commis 300 viols en 4 jours dans le Nord-Kivu.

REUTERS - Les casques bleus des Nations unies ont arrêté mardi un chef rebelle soupçonné d'avoir orchestré le viol cet été de plusieurs centaines de civils au Nord-Kivu, dans l'est de l'ex-Zaïre.

Le mois dernier, un rapport de la Mission d'observation de l'Onu au Congo (Monusco) identifiait un certain "colonel Mayele" comme étant le chef d'une alliance de milices ayant attaqué le 30 juillet la localité de Luvungi. Les miliciens avaient occupé la ville jusqu'au 3 août, commettant au moins 303 viols dans cette ville et les villages environnants.

"Nous l'avons appréhendé et nous l'avons remis aux Forces armées de la République du Congo démocratique (FARDC, l'armée nationale congolaise)", a indiqué sans plus de précision un porte-parole de l'Onu joint au téléphone.

La Monusco, qui constitue la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies dans le monde, disposait d'une base située à une trentaine de km au moment des faits. Elle a été accusée par certains de n'avoir pas su ou pu empêcher ces viols en série.

L'arrestation du colonel Mayele coïncide avec la visite en RDC de l'envoyée spéciale des Nations unies sur les violences sexuelles dans les conflits, la Suédoise Margot Wallström, qui a qualifié l'ancienne possession belge de "capitale mondiale du viol".

Le colonel Mayele, membre de la milice Maï-Maï de Cheka, commande un aggrégat de forces insurgées dans l'est du pays."Faisons en sorte que son arrestation soit perçue comme un message adressé à tous les auteurs de violences sexuelles disant: l'immunité pour ce genre de crimes n'est plus acceptable tolérable et la justice finira pas passer", a déclaré Wallström dans un communiqué.

DES VIOLS EN SERIE SYSTEMATIQUES

Le Dr Cris Baguma, de l'ONG humanitaire International Medical Corps, qui a pu se rendre sur les lieux des exactions pour porter assistance aux femmes violées, s'est également
réjoui de cette arrestation.

"C'est une excellente nouvelle - assurons-nous maintenant qu'il reste enfermé pour un bon bout de temps. Ce qui m'a le plus horrifié, c'est le caractère systématique de ces viols en
série. C'est accablant parce qu'en raison de problèmes de sécurité, on n'a pas pu être sur place à temps, c'est-à-dire dans les 72 heures, pour donner aux femmes violées des pillules contraceptives préventives et des médicaments contre le sida".

Selon le médecin, plus de 200 rebelles ont fait irruption dans Luvungi et les villages des environs en affirmant être animés d'un esprit de paix. Ils se sont mis à violer les femmes
une fois qu'elles leur avaient préparé à manger en guise de célébration.

D'après son enquête, les miliciens ont violé à plusieurs reprises leurs victimes, y compris des enfants, des hommes et des vieillards.

"Des hommes ont assisté au viol de leurs épouses, des fils ont vu leurs mères violées: chacun dans ces villages est aujourd'hui dans un état de prostration nécessitant une aide
psychologique", a raconté le Dr Baguma.

L'Est de la RDC vit toujours sous la hantise de la présence d'éléments de la rébellion des Hutus rwandais des FDLR et de miliciens Maï-Maï depuis la guerre de 1998-2003.

Selon un communiqué de la Monusco, le parquet militaire congolais a ouvert une enquête criminelle sur le colonel Mayele, fait prisonnier dans la région de Walikale lors d'une opération menée conjointement par les casques bleus et les FARDC.


 

Première publication : 05/10/2010

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