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FRANCE

"Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial"

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 08/10/2010

Invité de L’Entretien de FRANCE 24, Hugues Le Bret, directeur de la communication de la Société générale lors du scandale Jérôme Kerviel, considère que les agissements de l'ex-trader auraient pu entraîner sur les marchés un choc systémique.

Dès le lendemain du verdict accablant pour Jérôme Kerviel, condamné à 3 ans de prison ferme et 4,9 milliards de dommages et intérêts, Hugues Le Bret, directeur de la communication de la Société générale, au moment des faits, contredit l'ex-trader qui se dit la seule victime de l'affaire. Invité de l’Entretien de FRANCE 24, l’auteur du livre, au titre pour le moins évocateur, "La semaine où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial"* n’a pas de mots assez durs pour qualifier celui dont les prises de positions frauduleuses avaient atteint, au début de 2008, les 50 milliards d’euros.
 

À l’instar du tribunal correctionnel de Paris, Le Bret considère que Kerviel n’a, à aucun moment, obtenu l’autorisation de ses supérieurs pour spéculer une telle somme. Lorsqu’en janvier 2008, la banque découvre l’étendue de la fraude commise par le Breton, "le premier réflexe de Daniel Bouton [alors PDG de la Société générale, ndlr] fut d’alerter les autorités de tutelle avant les politiques. Si cette affaire devenait publique, elle aurait provoqué la panique sur les marchés et entraîné un choc systémique."


"Monstrueux"

"C’est monstrueux d’avoir monté ces opérations à l’insu de ses supérieurs, c’est monstrueux d’avoir jeté l’opprobre sur ses collaborateurs, c’est monstrueux de n’avoir exprimé aucun regret", indique-t-il. Et l’ancien collègue du trader déchu d’ajouter : "Le verdict est juste et cohérent". Un bémol cependant : "Si j’étais encore à la Société générale, je demanderais à ce qu’elle renonce à la demande de dommages et intérêts de 4,9 milliards d’euros. Les trois ans de prison ferme suffisent."


L’ancien trader aurait donc profité des failles du système pour mener ses opérations. "Aucun objet n’est parfait, [...] je pense donc qu’il peut y avoir encore des fraudes. Mais j’espère qu’elles auront lieu le plus tard possible." Pour ce faire, l’ancien salarié de la Société générale préconise de limiter les montants à mettre aux mains d’un seul homme, de ne plus accorder de confiance a priori aux traders et, surtout, "renforcer les mécanismes de contrôle" sur les salles de marché.
 

* À paraître le 7 octobre aux éditions Les Arènes.

 

 



 

Première publication : 06/10/2010

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