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FRANCE

Huit mois de prison ferme pour deux fausses alertes à la bombe à Paris

Texte par Dépêche

Dernière modification : 07/10/2010

Deux ans de prison dont huit mois ferme, telle est la condamnation prononcée à l'encontre d'un homme de 53 ans étant à l'origine de deux fausses alertes à la bombe la semaine dernière dans la gare Saint-Lazare, à Paris.

AFP - Un homme de 53 ans a été condamné mercredi à Paris à deux ans de prison, dont huit mois ferme, pour deux alertes à la bombe sans fondement à la gare Saint-Lazare les 30 septembre et 1er octobre, alors que la France est sous la menace d'attentats selon le gouvernement.

Cet homme sans emploi, qui touche le RSA et connaît des problèmes d'alcool, a immédiatement été incarcéré et fera l'objet d'une injonction de soins à sa sortie.

"Il faut qu'on sache que de tels actes, actuellement, ne sont pas anodins", a estimé dans son réquisitoire le procureur, qui avait réclamé deux ans de prison dont un ferme à son encontre.

Il avait été interpellé à Meudon (Hauts-de-Seine) lundi matin par la section antiterroriste de la brigade criminelle.

Les policiers sont remontés à cet homme, déjà condamné pour des dégradations et des violences, grâce à ses empreintes génétiques relevées dans la cabine.

Jugé en comparution immédiate, il a reconnu à l'audience avoir passé deux appels à police-secours jeudi et vendredi depuis une cabine téléphonique du quartier des Grands boulevards à Paris.

Le premier appel a duré 16 secondes, le second 1mn18. Ils n'ont pas entraîné d'évacuation de la gare. Depuis près d'un mois, le nombre d'alertes à la bombe se révélant sans fondement a quasiment doublé à Paris.

"J'étais légèrement éméché", a tenté de se justifier le prévenu devant les juges de la 23e chambre correctionnelle. "C'était pour embêter, me rendre intéressant", souffle-t-il pour toute explication d'une voix à peine audible.

La préfecture de police, qui a dépêché des hommes pour quadriller la gare, lui réclame 5.000 euros de dommages et intérêts, la SNCF 8.700 euros.

"Si la gare avait été évacuée et les trains arrêtés pendant une heure", comme cela a été le cas le 27 septembre, "nous aurions réclamé 85.000 euros pour le préjudice économique et commercial", a fait valoir l'avocate de la société, Marie-Christine Ghazarian.

Il a finalement été condamné à verser 8.210 euros à la SNCF et 3.000 euros à la préfecture de police.

Son avocate, Me Karina Costa, qui avait plaidé pour un suivi psychiatrique, a admis que cette alerte infondée était "un appel au secours bien maladroit".

Première publication : 07/10/2010

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