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FRANCE

Le Sénat adopte le report à 67 ans de l'âge légal de la retraite sans décote

Texte par Dépêche

Dernière modification : 11/10/2010

Après avoir adopté le report de l'âge légal de départ à la retraite à 62 ans, le Sénat a voté, ce lundi, l'article repoussant de 65 à 67 ans l'âge de la retraite sans décote quel que soit le nombre d'années de cotisation.

AFP - Le Sénat a voté lundi soir le deuxième article phare de la réforme des retraites, repoussant de 65 à 67 ans l'âge de la retraite sans décote quel que soit le nombre d'années de cotisation, à la veille d'une nouvelle journée de grèves et de manifestations.

Cet article (le 6) a été adopté par 174 voix contre 159. L'UMP a voté pour ainsi qu'une majorité de centristes. Les sénateurs centristes du MoDem ont voté contre de même que le PS, le CRC-SPG (communistes et parti de gauche) et le RDSE (à majorité radicaux de gauche).

Ce qui pourrait encore changer au Sénat
  • Les femmes : Pour prendre en compte les inégalités salariales et les carrières plus courtes des mères de famille, la droite pourrait prévoir des aménagements.
     
  • Le handicap : la majorité pourrait réévaluer les critères pour permettre à un plus grand nombre de travailleurs reconnus handicapés de bénéficier d’un accès à la retraite anticipée.
     
  • La pénibilité : le PS compte "se battre sur la pénibilité" et faire en sorte que celle-ci soit prise en compte branche par branche plutôt qu’individuellement comme prévu dans le projet de loi actuel.
     

L'autre article le plus important du texte, le report de l'âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans (article 5), avait été adopté vendredi en fin d'après-midi.

Les sénateurs de gauche, venus en force dans l'hémicycle, ont défendu inlassablement, en multipliant tout au long de de la journée les prises de parole, des amendements ou des sous-amendements au projet. Ils ont également fait entendre leur opposition à la réforme par des points de presse .

En face, la majorité UMP et centriste, également très mobilisée, a fait montre à de rares exceptions près d'une unité sans faille pour soutenir le ministre du Travail, Eric Woerth. Le président du groupe UMP, Gérard Longuet, a affirmé qu'il ne voyait "pour l'instant plus de marge de manoeuvre" pour faire bouger le texte.

Eric Woerth a aussi assuré que ceux qui appellent à la mobilisation des jeunes "sont totalement irresponsables".

Lundi en fin de journée, une course de vitesse s'était engagée, l'exécutif souhaitant boucler avant mardi le coeur de la réforme en faisant adopter l'article 6.

"Ne croyez par que l'adoption (de l'article 6) suffise à vous garantir de gagner la partie, il reste encore plus de 900 amendements" et "une détermination grandissante des salariés", a averti Isabelle Pasquet (CRC-SPG, communiste et du parti de gauche).

"Nous voterons contre l'article avec toute l'indignation des écologistes" a lancé Marie-Christine Blandin (Verts). "Le passage à 67 ans va pénaliser les plus faibles", a poursuivi Christiane Demontès (PS).

Le gouvernement avait également fait voter vendredi l'une des deux "avancées" qu'il avait annoncée la semaine dernière, sous forme d'amendement à l'article 6, à savoir le maintien du départ à 65 ans pour les parents d'enfants lourdement handicapés soignés à domicile.

La seconde mesure présentée par le gouvernement comme une concession - maintien des 65 ans pour les mères de trois enfants nées entre 1951 et 1955 ayant arrêté de travailler pour les élever - a été adoptée lundi après-midi après avoir fait l'objet de nombreux sous-amendements.

Ces sous-amendements, dont l'un déposé par la sénatrice UMP Jacqueline Panis pour la délégation du Sénat aux droits des femmes, visaient à élargir le maintien des 65 ans à l'ensemble des mères. Ils ont été tous rejetés par l'UMP et les centristes.

"Le gouvernement a ouvert une porte beaucoup trop étroite", a déclaré Catherine Tasca (PS). "Pourquoi restreindre cet avantage aux femmes de trois enfants?", s'est demandée le président du groupe PS, Jean-Pierre Bel.

"On ne peut pas à la fois dire il faut réformer les retraites et dire il n'y a que des exceptions à la réforme", a argué Eric Woerth.

Le ministre du Travail, ainsi que plusieurs orateurs de l'UMP, ont accusé la gauche de ne pas "s'être préoccupée de la retraite des femmes quand elle était aux affaires". "La justice sociale, c'est juste pour vous un thème de discours" a-t-il lancé.

Première publication : 11/10/2010

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