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FRANCE

Nice s’apprête à verbaliser par vidéosurveillance

Texte par Sébastian SEIBT

Dernière modification : 12/10/2010

Depuis trois jours, la ville de Nice utilise une partie de ses 600 caméras de vidéosurveillance pour traquer des infractions au code de la route. À partir du 1er novembre, la police se mettra à la vidéo-verbalisation.

Nice, sa promenade des Anglais, ses caméras de vidéosurveillance et ses amendes surprises. Non contente d’avoir le système de surveillance le plus conséquent de France – la ville comptera 649 caméras en fin d’année – la célèbre station balnéaire a décidé de transformer une partie de ce dispositif en agent de la circulation. À partir du 1er novembre, la police enverra, par la poste, des amendes pour infraction au code de la route constatées par un agent derrière son écran.

Depuis trois jours et jusqu’à la fin du mois, la commune se contente d’adresser des courriers d’avertissement "sans suite" en guise de "prévention". Ces "balles à blancs" cèderont ensuite la place à de véritables amendes de 35 euros, payables sous 45 jours après réception du courrier. Cette vidéo-verbalisation ne concernera, dans un premier temps, que trois zones bien délimitées et s'appliquera essentiellement pour des stationnements gênants. Mais la municipalité n’exclut pas d’étendre par la suite ce dispositif à d'autres infractions.

Dissuasif
 
Cette utilisation répressive des caméras de surveillance peut étonner, mais Nice, sous la houlette du maire et ministre de l’Industrie, Christian Estrosi, assure que tout est en ordre et en règle. Le procureur de la République a, en effet, donné son accord à cette initiative et la loi du 21 janvier 1995 prévoit expressément l’utilisation de la videosurveillance pour la constatation "des infractions aux règles de la circulation".

Et puis la ville ne fait que déployer à plus grande échelle un dispositif déjà en place dans la commune voisine de Cagnes-sur-Mer ou à Draguignan depuis l’année dernière. Deux municipalités qui ne regrettent pas d’avoir joué à plein l’effet "Big Brother" pour, disent-il, "désengorger le centre-ville". 2 000 contraventions plus tard, le centre-ville de Cagnes-sur-mer serait, d’après le sénateur maire (UMP) Louis Nègre, redevenu un lieu où il fait bon conduire.

Et qu’importe si les automobilistes dénoncent une initiative dont le seul but est de faire du chiffre, arguant que les caméras seraient mieux utilisées à d’autres fins. C’est, en tout cas, le débat qui agite la Grande-Bretagne depuis que la vidéo-verbalisation y a été introduite début 2008. "La caméra ne peut absolument pas savoir si quelqu’un s’est arrêté en double file quelques instants ou si sa voiture a un problème qui l’oblige à se garer d’urgence", souligne The Automobile Association (association britannique des automobilistes).

Première publication : 12/10/2010

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