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FRANCE

Pénurie d'essence : le gouvernement rassure, les Français s'inquiètent

©

Vidéo par France 2

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 18/10/2010

Craignant que le mouvement de grève ne provoque une pénurie de carburant à la pompe, des automobilistes français se ruent sur les stations-service pour s'approvisionner. Le gouvernement et le secteur pétrolier se veulent pourtant rassurants.

"Il n'y a aucune station sans essence", a assuré, dimanche matin, le secrétaire d'État français aux Transports, Dominique Bussereau. Même son de cloche du côté du Premier ministre quelques heures plus tard sur TF1 : "il n'y aura pas de pénurie" de carburant à la suite des grèves dans les raffineries. Je ne laisserai pas bloquer notre pays", a-t-il affirmé. Mais sur le terrain, des automobilistes, alertés par la menace de pénurie de carburant, affluent depuis quelques jours aux stations-service pour faire le plein.

En marge du conflit social contre la réforme des retraites, la grève dans les 12 raffineries et le blocage des dépôts de carburant inquiètent. Lundi matin, elles ont toutes décidé de reconduire la grève. Et ce, malgré les appels "au bon sens" de Dominique Bussereau, qui a évalué à 200 le nombre de stations-service "gênées" en
Explications de notre envoyé spéciale Florence Villeminot
France. Selon le quotidien "Le Parisien", près de 800 stations-service sur les 12 500 que compte l'Hexagone étaient en difficulté d’approvisionnement samedi.
 
Un plein de précaution
 
"Toutes nos cuves sont vides depuis hier après-midi [samedi]. C’est une conséquence directe de la panique de nos clients qui ont préféré prendre leurs précautions. On devrait être livré lundi matin. Enfin, normalement…", espère un employé d’une station Total, en pénurie d’essence, près de la porte de Saint-Cloud, à Paris. Plus loin, une automobiliste en quête de carburant peine à cacher sa colère. "Je trouve inadmissible de mettre à mal la liberté de circuler et de travailler de la population, et pourtant je soutiens le mouvement de protestation contre la réforme des retraites", peste Sylvie, 50 ans, qui va "passer son dimanche après-midi à chercher de l’essence".
 
Mais toutes les stations ne sont pas logées à la même enseigne. Une autre pompe du géant pétrolier Total située sur le quai d’Issy-les-Moulineaux, dans le XVe arrondissement de Paris, approvisionne normalement ses clients. Ce dimanche matin, pas de file d’attente mais plutôt un flot régulier de véhicules venus se ravitailler. "Nous sommes clairement en suractivité pour un dimanche, certains clients sont apparemment inquiets", déclare un employé de la station. "Je me suis déplacé spécialement après avoir entendu des informations sur les pénuries d’essence. Après deux échecs dans deux stations fermées autour de Paris, j’ai enfin pu faire le plein, comme quoi ce n’est pas vraiment une rumeur", déclare Marek, automobiliste de 38 ans.
 
Sans céder à la panique, certains clients de la station préfèrent prévenir que guérir. "Je ne suis pas particulièrement inquiet, il s’agit d’une démarche préventive car si la pénurie se confirme je risque fort de me retrouver au chômage technique parce que je ne peux pas travailler sans mon véhicule", confie Jérémie, déménageur indépendant.
 
"La situation se calme"
 
D’autres, plus philosophes, n’ont pas modifié leurs comportements. "Je suis venu comme tous les dimanches pour faire le plein. Je pense que le risque de pénurie n’est pas réel, c’est un secteur stratégique et j’ose espérer que la menace est maîtrisée par les autorités", tempère Mathieu, architecte à Paris.
 
De son côté, Total affirme, dans un communiqué publié hier sur son site Internet, que tous ses dépôts de distribution de carburant et de fioul-chauffage disposent de produits prêts à être livrés aux stations-service de son réseau. Un bémol toutefois : "dans certaines régions, le rythme des ventes en stations-service est accéléré par des achats de précaution des consommateurs et dépasse le temps nécessaire aux réapprovisionnements ce qui provoque des indisponibilités temporaires".
 
Enfin, le président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), Jean-Louis Schilansky, s’est également montré rassurant. "La situation se calme […] Nous avons les moyens de livrer les stations-service de façon quasi normale", a-t-il affirmé, les stocks ayant été "rendus disponibles". Pour autant, "nous ne pourrons pas tenir éternellement", a-t-il prévenu.
Quelques réactions d'automobilistes face à la pénurie
 

 

Première publication : 17/10/2010

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