Dernière modification : 18/10/2010 

- Laïcité - Turquie


Une brèche dans l'interdiction du voile à l'université

La laïcité est, depuis le début du siècle, l’un des socles fondamentaux de la Turquie. Pourtant la majorité de ses 76 millions d’habitants est musulmane. Mais depuis quelques années, et notamment l'accession au pouvoir du parti islamiste AKP, les pros laïcs s'inquiètent de voir disparaitre ce modèle. Reportage.

Par Assia SHIHAB

La plus grande université de Turquie, l'Université d'Istanbul, était depuis des décennies un bastion laïc interdisant l'accès du campus aux étudiantes voilées. Mais cette année pour la première fois, le foulard religieux n'y est plus banni.

Ce relâchement est dû à un incident qui a opposé une étudiante qui portait un chapeau pour contourner l'interdiction, à un professeur. L'étudiante, expulsée du cours à cause de ce chapeau, s'est plainte à l'université qui en a référé au Conseil Supérieur des Universités (YOK). Le conseil a alors envoyé une circulaire stipulant qu'aucun étudiant ne pouvait être expulsé de classe sans raison valable.

Depuis, les étudiantes n'ont plus à retirer leur foulard à l'entrée du campus ni, surtout, avant d'entrer en classe. Une évolution dont se réjouissent des milliers de jeunes filles voilées, dont Nahide Gelgec, étudiante en sciences de l'éducation, âgée de 20 ans. Nahide a très mal vécu les années où elle était obligée de se devoiler à l'université. “J'avais l'impression d'avoir deux identités, une à l'intérieur et une à l'extérieur de la fac et ça me posait vraiment des problèmes psychologiques” explique-t-elle. Certaines étudiantes allaient même étudier à l'étranger.

Le gouvernement islamo-conservateur AKP a tenté de lever cette interdiction en votant une modification de la constitution en 2008. Mais la Cour constitutionnelle turque avait bloqué cet amendement, concluant à une atteinte à la laïcité du régime, et avait failli interdire l'AKP par la même occasion. Mais depuis, la question s'est banalisée, et peu à peu tout l'enseignement supérieur turc est en train de lever cette interdiction du voile à l'université, en vigueur depuis le coup d'état militaire de 1980. Pour les conservateurs mais aussi beaucoup de libéraux turcs, cette règle qui n'existe même pas en Europe, est une violation des libertés individuelles.

“Le fait que plus de 60% des femmes en Turquie portent le voile et que malgré cela certaines universités tres laicardes et autoritaires aient pris la décision l'année dernière d'interdire l'accès des cours à des étudiantes qui portaient un chapeau ou une perruque, toutes ces attitudes extremistes ont aussi accéléré la décrédibilisation de cette interdiction” analyse Ahmet Insel professeur à l'Université de Galatasaray, autre établissement public qui admet aussi désormais le foulard dans ses amphithéâtres.

Mais dans les milieux kémalistes, attachés aux principes laïcs établis par Atatürk au début du 20ème siècle, la libéralisation du voile fait grincer des dents. Aysel Celikel, présidente de l'Association pour le soutien de la vie moderne s'inquiète d'une islamisation progressive de la société turque. “Le parti au pouvoir et les confréries religieuses se battent ensemble pour lever l'interdiction du voile, selon des considérations religieuses et pas dans une perspective de droits individuels et ca c'est très dangereux” estime-t-elle.

Les organisations pro-laïques craignent surtout que l'autorisation du voile à l'université n'ouvre la voie à son autorisation dans la fonction publique et que les femmes turques ne subissent des pressions pour se couvrir. Des craintes fermement rejetées par Nahide. “Les gens font comme si on représentait un danger pour la société. Mais on ne fait pas de propagande, ni pression sur qui que ce soit, on fait ce que notre foi requiert. On ne devrait pas interdire le voile dans la fonction publique et on ne devrait pas etre puni à cause de notre religion”.

La question du voile à l'université est en passe d'être réglée, mais le flou juridique qui entoure son statut promet la poursuite du débat encore longtemps en Turquie.


Commentaires (5)

La Crise du monde moderne* :

Un monde révolu et dépassé qu'est la modernité arrogante et dogmatique des années de "lumière de bougies éphémères" et des bricolages technologiques contre nature, dont nous comprenons la dérive et la barbarie juste maintenant avec toutes ces guerres impérialistes motivées pas l'unique puissance de l'argent et des armes de destruction de la vie sur terre !
L'avenir de notre monde sera spirituel ou ne le sera plus.
Et dans ce domaine de réflexion , il faut savoir que le parti
islamique de Turquie a été élu démocratiquement au suffrage universel et non pas porté au pouvoir comme vous semblez le faire croire dans votre simpliste texte, chère Assia Shihab .
Ainsi, le poisson rouge ne peut se voir par lui-même nager dans son propre bocal !
Aussi la pensée islamique est trop haute pour votre vision trop réduite et limitée aux seuls besoins immédiat de la consommation quotidienne...
Bref , votre modernité est bel et bien morte , inutile de chercher à la réanimer !
Il est , certes trop tard , et le soleil continuera à se lever toujours en orient, pour finir par se coucher en accident(oh !)
Au fait, c'est combien ?
lol

En même temps, comme faire

En même temps, comme faire avancer un pays avec des gens qui ne savent même pas écrire le français correctement. Puis les commentaires du genre "Merci Seigneur (oui quand on est croyant on met une majuscule à Seigneur), ça ne sert strictement à rien sinon à souligner votre absence des bancs scolaires et votre manque flagrant d'argumentation.

le port de voile

je suis pour le port de voile

je suis plus que heureux se

je suis plus que heureux se matin d'apprendre cette bellle nouvellle une fois de plus merci mon seigneur

la reforme de retaire

sur cet theme reconductions de la greve dans les transports en commun

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