Dernière modification : 20/10/2010 

- Énergie - Grèves - Nicolas Sarkozy - Pétrole - Retraite


La pénurie de carburant se généralise, l'opposition multiplie les recours au Sénat

Alors qu’une guerre d’usure s’est installée au Sénat autour du texte sur la réforme des retraites, la mobilisation se durcit, notamment dans le secteur pétrolier. Mercredi, un tiers des stations-service étaient partiellement ou totalement vides.

Par FRANCE 24 (vidéo)
FRANCE 24 (texte)
 

Les files d’attente s’allongent inexorablement devant les pompes à essence. L'approvisionnement des stations-service est limité depuis plusieurs jours pour cause de blocage des dépôts de carburant et des mouvements de grève dans les 12 raffineries du pays.

"Sur 12 311 stations-service, 3 190 se déclarent momentanément vides à cette heure-ci et attendent l'approvisionnement, 1 700 estiment être dans une difficulté particulière sur un des produits et les camions sont en train de les acheminer", a annoncé Jean-Louis Borloo lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale.

Le retour à la normale dans les stations-service françaises perturbées par les actions contre la réforme des retraites prendra quelques jours, a déclaré mercredi la ministre de l'Économie Christine Lagarde.

Mercredi matin en Conseil des ministres, le président Nicolas Sarkozy a ordonné le déblocage de la totalité des dépôts de carburant "afin de rétablir au plus tôt une situation normale". "S'il n' est pas mis un terme rapidement aux blocages, ces désordres […] pourraient avoir des conséquences en termes d'emploi en détériorant le déroulement normal de l'activité économique", a-t-il ajouté.

Déblocage des dépôts

Trois dépôts de carburant - à Donges (Loire-Atlantique), au Mans et à La Rochelle - ont été débloqués par les forces de l'ordre, dans le calme, dans la nuit de mardi à mercredi. Depuis vendredi, les accès de 21 dépôts de carburant ont été dégagés par les forces de l’ordre. Peine (presque) perdue : de nombreux dépôts ont de nouveau été bloqués par les manifestants juste après leur évacuation.

Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a prévenu mercredi que les forces de l'ordre continueraient "à débloquer autant que nécessaire les dépôts" de carburant.

D’autre part, le secteur de l’énergie est fortement perturbé par le mouvement social. Mercredi, les autorités ont été contraintes d’importer une quantité d’électricité équivalente à la production de six réacteurs nucléaires.

Syndiquer le contenuTour d'horizon de la mobilisation contre la réforme des retraites

Les casseurs sévissent à Lyon

Parallèlement, de violents affrontements ont opposé forces de l’ordre et casseurs notamment à Nanterre, en banlieue parisienne, et à Lyon. Les heurts y sont devenus presque quotidiens depuis la semaine dernière. Après des scènes de guérilla urbaine mardi et mercredi matin dans le centre de Lyon, un calme relatif est revenu dans l’après-midi. Le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux y a effectué une visite éclair. "La France n’appartient pas aux casseurs, aux pilleurs, ni aux caillasseurs, a-t-il déclaré. La France appartient aux honnêtes gens qui veulent travailler paisiblement."

Au Sénat, l’opposition appelle à suspendre les débats

Au même moment au Sénat - où on examine le projet de loi sur la réforme des retraites depuis près de trois semaines -, les présidents de trois groupes de gauche ont appelé à la suspension des débats. Une demande que le ministre du Travail Éric Woerth a rejetée. "Il n’y a aucune raison d’interrompre le débat au Sénat. Cette réforme est absolument indispensable pour protéger nos régimes de retraite" a-t-il affirmé au micro de France 24, avant d'indiquer : "[La demande de suspension des débats] est probablement le résultat d’une perte de sang-froid ou d’un peu de fatigue [des membres de l’opposition]."

Le vote du Sénat devrait intervenir vendredi ou samedi au plus tard, selon des informations recueillies par notre envoyé spécial au Sénat Mathieu Szames.

Commentaires (7)

Les bagnoles toujours les bagnaoles

Ce qui est surprenant c'est que ça n'a pas relancé le marché du vélo.
C'est pourtant bien le vélo pour se déplacer; ça coute pas cher et ça fait un peu de sport. Un bon moyen d'éviter l'infarctus à 50 ans.

la liberté des uns nuit à celle des autres

Un jour les manifestants et les grévistes seront les maitres du monde... Dommage !!! le froid et les vacances de la Toussaint ont raison de leur conviction !!!!

NEGOCIATIONS

Monsieur SARKOZY, merci de négocier avec les syndicats...
Et pourquoi les députés refusent de se soumettre à votre réforme, Monsieur SARKOZY ?

Respect des 2 cotés

J'entends toujours la même chose dans ce pays : respecter les grévistes, car il faut bien préciser que çà ne fonctionne que dans un sens. Les autres, les non grévistes, nous ne sommes pas respectés : pas de carburants, blocages de routes, grilles de l'entreprise fermées pour empêcher l'accès à son poste de travail et bientôt, se seront les rayons alimentaires des grandes surfaces qui seront vides, etc etc... J'ajoute aussi en ce qui concerne les grèves, qu'ils y a encore, même si c'est difficile à croire des sociétés ou on effectue encore le vote à mains levées. Ce qui ne lèvent pas la main, on les considères comme des traites, on les montre du doigt. Ce n'est pas parce que certains ne veulent pas être gréviste qu'ils ne sont pas solidaires, mais tout simplement parce qu'ils ne peuvent pas se permettent de perdre une ou plusieurs journées de salaires sur leurs payes. La ou je travaille, il y en à même qui n'ont toujours pas finis de rembourser les 23 jours de grèves de décembre 1995, et ils refont grèves. J'espère pour eux que leurs conjoints ne font pas la même chose, sinon ce sont les banquiers qui vont se régaler avec les agios. A cause de çà, maintenant, je suis contre les grèves et les manifs, sans pour autant être d'accord avec cette réforme qui faut soit traiter au cas par cas, ou trouver des aménagements, sinon il faut trouver autre chose. Le seul point ou je suis d'accord avec l'opposition, c'est que dans tous les autres pays qui nous entourent, les gouvernement ont fait des négociations avec les syndicats pour alléger le recul du départ à la retraite. Quand au Espagnoles, Allemands, Anglais ou autre qui sont en train de rigoler sur notre sort, ils oublient juste de dire qu'ils commencent plutôt que nous et que leurs durées de cotisations sont les mêmes voir inférieurs aux nôtres. En conclusion, les Français seront les seuls en Europe à partir avec des retraites incomplètes.

Européens, évitez la France !

En voyant le chaos généralisé, je viens d'annuler mes vacances en France. J'irais en Italie en passant par l'Allemagne et la Suisse.
Et c'est pas demain que je vais remettre les pieds en France. Faite la grêve, bloquez votre pays, c'est votre droit et je le respecte, mais on vous fuira. Je sais c'est provocateur, mais c'est la réalité de beaucoup de non-Francais qui en ont plus que marre de se faire em... pendant leur vacances.

sarkozy est nul

il ment et il ne sait rien gérer

Un bon geste

Plutôt que de se cabrer et de vouloir jouer la fermeté de façade Monsieur Sarkozy ferait mieux de négocier avec les syndicats de salariés pour nous sortir de la crise.

Un bon geste, monsieur le président.

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