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EUROPE

Prison à perpétuité pour un petit-fils du roi Abdallah d'Arabie saoudite

Texte par Dépêche

Dernière modification : 20/10/2010

Petit-fils du roi Abdallah d'Arabie saoudite, Saud Bin Abdulaziz Bin Nasir al Saud a été condamné à la prison à vie pour le meurtre de l'un de ses domestiques par la justice britannique. Les faits remontent au mois de février dernier.

AFP - La justice britannique a condamné mercredi à la prison à vie un petit-fils du roi Abdallah d'Arabie saoudite, déclaré coupable du meurtre d'un de ses domestiques en février dernier, qu'il avait battu et étranglé après une soirée arrosée à connotation "sexuelle", selon la cour.

Le tribunal de l'Old Bailey, dans le centre de Londres, a condamné Saud Bin Abdulaziz Bin Nasir al Saud, 34 ans, petit-fils du roi Abdallah par sa mère, à la prison à vie assortie d'une peine incompressible de 20 ans.

Le prince avait été déclaré coupable mardi du meurtre de Bandar Abdullah Abdulaziz, 32 ans, le 15 février dans une chambre du luxueux hôtel Landmark (ouest de Londres).

La victime avait été retrouvée étranglée dans la chambre d'hôtel qu'elle partageait avec le prince. Son visage portait des marques de morsures, et son corps de nombreuses traces de coups.

Le prince et son domestique revenaient d'une soirée arrosée pour la Saint-Valentin lorsque le meurtre a eu lieu. Le prince avait déjà battu son serviteur à plusieurs occasions, dont au moins une fois filmée par les caméras de sécurité de l'hôtel, en janvier.

Le prince Saud avait tenté d'invoquer l'immunité diplomatique lors de son arrestation mais, après enquête, le ministère britannique des Affaires étrangères avait déterminé qu'il ne pouvait s'en prévaloir.

Lors d'un procès qui avait duré deux semaines, l'accusation avait souligné que la victime, également saoudienne, avait subi de multiples agressions par le passé, à tel point que le domestique avait laissé le prince le tuer sans opposer de résistance.

L'accusation avait évoqué un "élément sexuel" dans le crime, apportant la preuve que le prince avait à plusieurs reprises payé des prostitués masculins et consulté des sites pour des "massages gays". Le prince avait nié toute homosexualité, assurant que les deux hommes étaient simplement "amis et égaux".

Le domestique, un orphelin adopté par une famille de serviteurs, était traité "comme un esclave", ont affirmé des témoins.

"Personne dans ce pays n'est au-dessus de la loi", a déclaré le juge David Bean en prononçant son verdict. "Je commettrais une erreur si je vous condamnais soit plus lourdement soit plus légèrement en raison de votre appartenance à la famille royale saoudienne", a-t-il ajouté.

Présent au tribunal, le prince n'a montré aucune réaction à la lecture de la sentence.

Première publication : 20/10/2010

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