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FRANCE

La Francophonie malmenée sur le continent européen

Vidéo par Ludovic de Foucaud

Texte par Marc DAOU

Dernière modification : 26/10/2010

Le 13e sommet de la Francophonie s'est ouvert à Montreux, en Suisse. Si le nombre de personnes ayant adopté la langue de Molière dans le monde est en augmentation, il est en recul sur le Vieux Continent. Explications.

"En Europe enfin, l’offre d’apprentissage des langues étrangères reste globalement peu diversifiée et la langue française en pâtit" pouvait-on lire dans un rapport de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), publié quelques jours avant l’ouverture du 13e sommet de la Francophonie, le 22 octobre en Suisse. En effet, si le français est parlé par 220 millions de personnes, contre 200 millions en 2007, il est pourtant malmené en Europe.

L'anglais détrône le français


Selon ce rapport, la "tendance ancienne à la baisse des effectifs d’apprenants de français langue étrangère persiste". Ainsi, près de 27,2 millions de personnes sont recensées comme apprenant le français sur le Vieux Continent, soit 23,4 % de l’effectif total (116 millions) contre 27 % en 2005.

Sarkozy cherche le soutien de ses pairs pour sa présidence du G20

Le chef de l'Etat français a exposé à la quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement des pays francophones présents ses ambitions pour le G20, dont la France prendra la présidence le 12 novembre.

Réformes du système monétaire internationale et de la gouvernance mondiale, lutte contre "la volatilité extravagante" du prix des matières premières, financements innovants pour aider les pays pauvres à se développer. Autant d'ambitions qui ne lui sont pas toutes exclusives. Le G20, actuellement présidé par la Corée du Sud, étant parvenu samedi à Gyeongju à un accord pour éviter une guerre des monnaies et pour une réforme historique du FMI.

Le président a également profité du sommet pour avoir plusieurs entretiens bilatéraux, notamment avec le président libanais Michel Sleiman, avec le président de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, ainsi que Blaise Campaoré, président du Burkina Faso.

Un recul "qui n’est pas contestable", mais qui n’est pas pour autant "un signe de rejet car notre langue n’a jamais été autant parlée dans le monde", explique à France24.com, Stéphane Lopez, chef de programme au sein de l’OIF et sociolinguiste. "Le monde a changé, nous ne sommes plus au siècle où les élites européennes parlaient le français qui était synonyme de culture et d’élégance. La prédominance de l’économie et de la mondialisation favorise aujourd’hui l’anglais, qui reste la langue privilégiée du milieu des affaires", explique-t-il.

Plusieurs phénomènes ont eu, selon lui, pour conséquence le recul de la francophonie en Europe. "Le plurilinguisme n’est pas en vogue au sein de l’UE, par conséquent certains pays encouragent l’enseignement, outre l’anglais, d’une langue étrangère en fonction de ses frontières. Par exemple le russe pour les pays Baltes et l’allemand pour les pays voisins de l’Autriche et de l’Allemagne", poursuit Stéphane Lopez. Des démarches censées favoriser de meilleurs débouchés universitaires et professionnels. Pourtant malgré ce recul dans les milieux de l’éducation (lycées et universités), "le français reste demandé en Europe notamment dans les centres culturels français et par des pays désireux de former leurs fonctionnaires et leurs diplomates. Nous n'avons pas toujours les moyens d’y répondre tant elle est importante" affirme Stéphane Lopez.

La langue de Molière boudée par Bruxelles

La perte de vitesse du français est aussi perceptible dans toutes les organisations internationales, alors qu’il y est souvent la langue officielle. "L'anglais est dans le vent, c'est une sorte de solution de facilité. Malheureusement, nous constatons que même des hauts fonctionnaires de nos pays membres se laissent aller à cette solution de facilité et ce n'est pas acceptable", a déploré jeudi le secrétaire général de la Francophonie Abdou Diouf dans un entretien à l’AFP. Et l’Union européenne n’est pas en reste. "Si l’interprétation est toujours assurée au plus haut niveau (Conseil européen, conférences ministérielles…), lors des autres réunions, des conférences et des points presse, la langue utilisée à plus de 90 % est l’anglais … même si plus de 90 % des participants maîtrisent autant le français", précise le dernier rapport de l’OIF.

Alors que le français a longtemps été la langue privilégiée des institutions européennes, l’élargissement de l’UE au fil des années l’a pénalisé. Il est même en berne au sein de la Commission, où la majorité des documents sont désormais rédigés en anglais. Par ailleurs, le fait que la chef de la diplomatie de l'UE, la Britannique Catherine Ashton ne parle pas un seul mot de français est un exemple criant dénoncé en coulisse. "Comment a-t-on pu commettre l’erreur de nommer quelqu’un à ce poste si important qui ne soit d’une part ni diplomate ni francophone ?", s’insurge un fonctionnaire de l’OIF qui a requis l’anonymat. "Il faut être réaliste et arrêter de pleurnicher sur le sort de notre langue" affirme Stéphane Lopez pour qui, "l’Union européenne n’est plus l’Europe des six pays fondateurs, dont trois pays francophones (France, Belgique et Luxembourg), nous sommes désormais 27 pays, il faut s’adapter et continuer à promouvoir le français avec plus de volonté ", conclut-il.

 

Première publication : 22/10/2010

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