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FRANCE

"Une station-service sur quatre" toujours à court de carburant

Vidéo par Karim HAKIKI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 25/10/2010

Raymond Soubie, conseiller social de M. Sarkozy, a déclaré sur Europe 1 qu'un quart des pompes à essence françaises n'étaient plus approvisionnées, estimant que la situation s'améliorerait peu à peu. Sept départements demeurent à court de carburant.

AFP - Un quart des pompes à essence était toujours à sec dimanche en France, où les syndicats entendent maintenir la mobilisation contre la réforme des retraites, en dépit des vacances scolaires et de l'adoption définitive du projet de loi prévue mercredi.

Ils ont ainsi programmé pour jeudi prochain une nouvelle journée d'action, la 7ème depuis la rentrée.

"Une station-service sur quatre" n'était pas approvisionnée en carburant dimanche, a déclaré sur Europe 1 Raymond Soubie, conseiller social de Nicolas Sarkozy, en ajoutant que la situation allait "s'améliorer très progressivement" alors que les vacances de la Toussaint viennent de débuter.

Peu auparavant le ministère de l'Ecologie avait indiqué que la situation restait inchangée dimanche par rapport à la veille, l'Ouest et l'Ile-de-France étant toujours les plus touchées, obligeant les automobilistes à faire preuve de patience dans les stations-services ou à faire jouer le système D.

"En Ile-de France on avait 35% de stations à sec ou en manque d'au moins un produit, et dans l'Ouest, un petit tiers environ des stations qui posent de réelles difficultés", selon le ministère.

Les sept départements en pénurie d'essence

Sept départements (Eure, Calvados, Loire-Atlantique, Indre-et-Loire, Val-de-Marne, Oise, Allier) étaient toujours à court de carburant "même si la situation est un peu meilleure" dans l'Oise, a-t-on ajouté.

Quant aux stations d'autoroutes, "sur les 336 qui dépendent du grand réseau, il y a en avait cinq fermées et une dizaine en difficultés samedi", selon la même source.

De son côté, l'Union française des industries pétrolières (UFIP) prévoit une nouvelle dégradation ponctuelle dans les stations-service françaises, du fait de l'approvisionnement ralenti dimanche par le repos obligatoire des chauffeurs de camions-citerne.

Samedi, le ministre de l'Energie Jean-Louis Borloo avait appelé à une reprise du travail dans les raffineries, qui sont toujours toutes à l'arrêt.

Malgré le début des vacances, de nombreuses actions de protestation émaillaient le week-end : péages gratuits samedi, grève des éboueurs toulousains ou marseillais, débrayages des employés des ports comme chaque week-end en octobre.

"La situation va s'améliorer mais lentement" (Soubie)



Le trafic SNCF devait être encore perturbé dimanche avec en moyenne huit TGV sur dix et un TER et un Transilien (Ile-de-France) sur deux aux heures de pointe.

L'adoption définitive de la réforme par le Parlement est prévue mercredi, mais les syndicats espèrent de nouveau mobiliser massivement le lendemain.

Lors de la précédente journée d'action le 19 octobre, les syndicats avaient dénombré près de 3,5 millions de manifestants et le ministère de l'Intérieur 1,1 million. Mais jeudi, les lycéens, dont la présence avait notamment contribué à faire le plein de manifestants lors des dernières journées d'action, seront en vacances.

La gestion de la sortie du conflit pour des syndicats est de plus en plus délicate. Impuissants à faire fléchir le gouvernement, ils songent à la sortie du conflit, qui s'annonce à hauts risques pour eux tant la mobilisation est forte et les divergences de stratégie importantes.

Ils veulent en tout cas prouver qu'ils se seront battus, selon le mot de Bernard Thibault, "jusqu'au bout".

Raymond Soubie a assuré dimanche qu'il n'y aurait "ni vainqueur, ni vaincu" à l'issue du bras de fer. "Cette réforme passera, c'est une victoire pour la France et les Français", a-t-il estimé.

Une nouvelle journée d'action est d'ores et déjà prévue pour le 6 novembre.

Première publication : 24/10/2010

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