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Barack Obama part à la reconquête de l’électorat africain-américain

Texte par Rachel HOLMAN

Dernière modification : 25/10/2010

Les Africains-Américains, qui avaient largement aidé Barack Obama à conquérir la Maison Blanche en 2008, semblent aujourd'hui se détourner des démocrates. À la veille des élections de mi-mandat, le président américain tente de les remobiliser.

Alors qu’on leur prédit une cuisante défaite aux élections de mi-mandat, le président américain et le camp démocrate tentent, plus que jamais, de mobiliser leurs électeurs. Dans cette perspective, ils se tournent naturellement vers une population qui avait largement soutenu le candidat Barack Obama lors de la présidentielle de 2008 : les Africains-Américains.

Mais usé par deux années difficiles, le locataire de la Maison Blanche a perdu de son pouvoir d’attraction. Plusieurs études laissent penser en effet que de nombreux Africains-Américains pourraient, cette-fois, rester chez eux le jour du vote.

Plus le même d’enthousiasme

Aussi importantes soient-elles, les élections de mi-mandat ont toujours eu du mal à passionner les Américains. Lors du scrutin, le taux de participation dépasse rarement 45 %, selon les statistiques du centre de recherche Pew. Une désaffection qui touche toutes les catégories de la population, et plus spécialement les jeunes électeurs noirs. Si Obama jouit toujours d’une opinion favorable auprès de 91 % des Africains-Américains, seuls 8 % d’entre eux assurent vouloir se rendre dans les bureaux de vote le 2 novembre, selon des sondages de l’institut Gallup.

Le professeur Charles P. Henry, du centre d’études africaines-américaines de l’université de Berkeley, voit deux raisons au manque d'enthousiasme des électeurs noirs pour l'élection : les candidats au Sénat et à la Chambre des représentants ne leur conviennent pas et, selon eux, Obama s’est désintéressé des problèmes raciaux.

"Quand ils ont eu l’occasion de voter pour un candidat noir, [les Africains-Américains] ont voté plus massivement que les blancs", explique-t-il à France 24.com. Mais ils se sentent désormais moins concernés par ces élections de mi-mandat, pour lesquelles le Parti démocrate présente peu de candidats noirs.

"C’est vrai que les noirs ont été déçus par Obama", confirme Sonya Childress, une métisse de 38 ans résidant en Californie. Contactée par France 24.com, elle assure que le président n’a pas fait assez pour améliorer la situation économique des noirs américains et qu’il n’a pas défendu les membres noirs de son administration.

La carte raciale

Pour tenter de susciter le même engouement qu’en 2008, le Parti démocrate a investi trois millions de dollars dans la campagne pour sensibiliser l’électorat africain-américain, soit dix fois plus que lors des élections de 2006.

Obama a lui aussi mis la main à la pâte en participant à plusieurs meetings dans des régions qui comptent un fort taux d’électeurs noirs. À l'occasion de l’un d’eux, en Pennsylvanie, il a assuré à un public majoritairement noir que le changement ne viendrait pas des élites ni des millions de dollars dépensés dans des publicités, mais de la base et des petites gens qui font du porte-à-porte. Il a demandé à tous de venir voter le 2 novembre car, selon lui, les républicains comptent sur le fait que les électeurs noirs ne prendront pas la peine de se rendre aux urnes.

Les conseillers du président espèrent toujours qu’un sursaut de l’électorat noir pourra aider le Parti démocrate à conserver sa majorité au Sénat et à la Chambre des représentants. Ils peuvent, quoi qu'il arrive, déjà compter sur le vote de Khadi King. Cet enseignant noir de 29 ans qui vit à Chicago continue de soutenir Obama, car, dit-il, "personne n’aurait pu faire mieux que lui dans pareille situation".

Première publication : 25/10/2010

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