Dernière modification : 26/10/2010 

- Irak - Justice - Peine de mort - Saddam Hussein


La condamnation à mort de Tarek Aziz est "une farce", selon son avocat

La Haute Cour pénale irakienne a condamné à mort l'ancien vice-Premier ministre de Saddam Hussein, Tarek Aziz, pour son rôle dans l'élimination des partis islamiques. "Une farce", selon son avocat.

Par Mounia Ben Aïssa et Jody Jenkins (vidéo)
FRANCE 24 avec dépêches (texte)
 

La Haute Cour pénale irakienne a condamné à mort mardi Tarek Aziz, le compagnon de la première heure de Saddam Hussein, pour "crimes contre l'humanité" lors de la répression des chiites dans les années 1980.

Vêtu d'une chemise bleue marine, s'appuyant à la barre, des écouteurs sur les oreilles, l'ancien dignitaire du régime déchu, 74 ans, visiblement fatigué et le regard hagard, n'a pas réagi à la lecture du verdict par le président du tribunal, Mahmoud Saleh al-Hassan.

Emprisonné depuis sa reddition fin avril 2003, un mois après l'invasion américaine de l'Irak, Tarek Aziz a été condamné à mort en même temps que deux autres piliers du régime de Saddam Hussein, l'ancien ministre de l'Intérieur Saadoun Shaker et l'ancien secrétaire du dictateur, Abed Hmoud.

"Sur la base de preuves suffisantes démontrant que Tarek Aziz a commis et participé à des meurtres avec préméditation et des crimes contre l'humanité, la Haute cour pénale a prononcé la peine de mort", a déclaré le juge.

Celui qui avait été pendant 20 ans la voix d'un régime d'abord soutenu par l'Occident puis cloué au pilori, a en outre été condamné à 15 ans de prison pour des tortures, et dix ans de prison pour crimes contre l'humanité, et tous ses biens seront saisis, a ajouté le magistrat.

"Cette décision concerne la répression contre les partis et dirigeants religieux chiites dans les années 1980, notamment contre Mohammad Baqr Sadr, tué avec sa soeur le 5 avril 1980", a indiqué à l'AFP le porte-parole du tribunal, Mohammed Abdel Saheb.

Sadr a fondé le parti Dawa, auquel appartient le Premier ministre sortant Nouri al-Maliki.

L'analyse de Lucas Menget

Saddam Hussein avait mené une repression sans merci contre les personnalités religieuses chiites craignant les retombées dans son pays de la révolution islamique iranienne de 1979.

"La famille Sadr n'a jamais porté plainte et n'a pas assisté au procès car (son fils) Jaafar n'a cessé de répéter que la meilleure façon d'honorer la mémoire de son père est de reconstruire l'Irak et de tourner la page des années sombres", a affirmé un proche.

Cette condamnation "est une opération de vengeance contre tout ce qui a trait au passé en Irak", a estimé le fils de Tarek Aziz, Ziad, joint par l'AFP à Amman où il réside avec sa famille.

Les condamnés ont un mois pour faire appel. Si la peine de mort est confirmée, elle devra encore être approuvée par le conseil présidentiel avant d'être exécutée.

"Ce procès n'est rien d'autre qu'une farce", a estimé l'un des avocats de M. Aziz, Me Giovanni di Stefano, dans un communiqué.

Le Vatican a quant-à-lui demandé que la condamnation à mort contre ce chrétien, ne soit pas exécutée, selon un communiqué du Saint Siège. "La position de l'Eglise catholique sur la peine de mort est connue. Nous souhaitons donc vraiment que la sentence contre Tarek Aziz ne soit pas exécutée", a indiqué le père Federico Lombardi, porte-parole du Vatican, dans une déclaration écrite.

M. Aziz, transféré en juillet du camp de détention américain Cropper à la prison irakienne de Kazimiya, est sous le coup de deux autres condamnations: en 2009, il a été condamné à 15 ans de prison pour "crimes contre l'humanité" après l'exécution de 42 commerçants en 1992 et à sept ans de prison pour son rôle dans les exactions contre les Kurdes chiites dans les années 1980.

Sa famille a demandé maintes fois sa libération pour des raisons médicales, après qu'il ait eu deux crises cardiaques.

Après la condamnation à mort, l'Union européenne entend entreprendre des démarches auprès des autorités irakiennes pour rappeler son opposition à la peine de mort, selon une source diplomatique à Bruxelles.

Amnesty International a aussi appelé Bagdad à ne pas mettre à exécution la sentence de mort.

Unique chrétien parmi les proches de Saddam Hussein, Tarek Aziz a été ministre de l'Information, vice-Premier ministre et chef de la diplomatie. Il s'était rapidement imposé, grâce à sa répartie et sa maîtrise de l'anglais, comme le défenseur infatigable d'un régime de moins en moins fréquentable.

Saddam Hussein a été pendu en 2006 après sa condamnation à mort pour un massacre de chiites en 1982.

Commentaires (3)

entre Busch et saddam qui a

entre Busch et saddam qui a été plus dangereux pour l´existance de l´irak? mais il est tranquille dans son coin et il appartient au camp des fréquentables...
le monde est tel que les régimes qui ont causé le plus de tort au monde se font appeller par les médias dévoués à leur cause régimes démocratiques ... donc fréquentables
sur cette terre, pour être frequentable, il faut avoir détruit l´irak, posseder une prison de non droit( guantanamo), pratiquer la peine de mort, avoir soutenu l´apartheid, la destruction de la palestine, exterminé les indiens,pratiqué la ségrégation raciale, etc....
avec ce passé on peut se proclamer axe du bien et on est de manière légitime la première démocratie du monde
si ces gens et leurs vallets au soi disant pouvoir en irak s´empressent de tuer les enciens dirigeants irakiens, c´est simplement de peur d´un réel procès cer tous les dirigeants du monde ont travaillé avec l´irac donc saddamm
il lui ont vendu des armes, et l´ont encouragé à combattre l´iran etc... il ne faut pas qu´on se moque du monde
personne n´a pendu les anciens boureaux de l´appartheid, des arborigenes, de la colonisation etc,,,,....

Que ce qu'il ai fait soit

Que ce qu'il ai fait soit atroce ou pas, un pays qui pratique la peine de mort est un pays barbare qui n'as aucune leçon de justice à donner. Déjà sur le principe c'est se ranger du même coté que les accusés de crime contre l'humanitée (car une execution n'est rien d'autre qu'un crime prémédité), et de plus ça déssert completement la sociétée en attisant la haine et la violence; la prison à vie est la meilleure solution car cela à valeur d'exemple pour tout les dictateurs et prouve au moins une chose, que la justice est plus evoluée que les accusés qu'elle juge.

Médaille...

Il a débarrassé le monde d'Islamiste fanatiques (Comme Bush a voulufaire) On devrait lui donner une médaille au lieu de le condamner.

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