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Asie - pacifique

Le bilan officiel du tsunami s'alourdit, les recherches se poursuivent

©

Vidéo par Karim YAHIAOUI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 28/10/2010

Plus de 48 heures après le séisme qui a provoqué un tsunami sur les îles Mentawaï, les recherches pour tenter de retrouver les quelque 338 personnes disparues dans la catastrophe qui a fait au moins 370 morts se poursuivent, ce jeudi.

AFP - Le tsunami ayant dévasté des îles indonésiennes de l'océan Indien a probablement causé la mort de 500 personnes, ont estimé jeudi les autorités.

Le bilan officiel s'établissait en fin de journée à 370 morts avec 338 personnes portées disparues.

"Mais il est probable que les deux tiers des disparus ont été soit emportés par la mer soit ensevelis", a déclaré un responsable des services de secours, Ade Edward.

"En survolant la zone hier, nous avons vu de nombreux corps. Des têtes et des jambes sortaient du sable, des cadavres étaient accrochés dans des arbres", a-t-il précisé.

Les recherches sont rendues difficiles par l'isolement des villages de pêcheurs disséminés le long des côtes des Mentawaï, un chapelet d'îles au large de Sumatra.

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono, s'y est rendu jeudi pour réconforter les rescapés et superviser l'arrivée de la nourriture, de l'eau et des médicaments dont ils manquaient.

A Sikakap, le port de l'île de Pagaï du Nord, des centaines d'habitants ont commencé à être soignés pour des blessures provoquées par les deux vagues géantes successives ayant pénétré jusqu'à 600 mètres à l'intérieur des terres, a constaté un photographe de l'AFP.

Tous témoignaient de la brutalité de la catastrophe, le tsunami ayant frappé une dizaine de minutes seulement après le tremblement de terre de magnitude 7,7 alors qu'il faisait nuit et qu'il pleuvait.

"Nous avons entendu comme une explosion lorsque la première vague a déferlé", raconte Chandra, 20 ans. La jeune femme a réussi, "par miracle grâce à un tronc de cocotier", à survivre, contrairement à son mari, dont le corps a été retrouvé, et à son bébé, est toujours porté disparu.

Dans le village de Muntei Baru Baru, où ne subsistent que les fondations des maisons, les rescapés indiquent ne pas avoir été avertis alors qu'une alerte au tsunami avait été déclenchée par le gouvernement juste après la secousse.

Un système perfectionné et coûteux d'alerte avait été installé le long de la côte de Sumatra à la suite du terrible tsunami de décembre 2004, qui avait fait plus de 220.000 morts dans plusieurs pays d'Asie.

Mais les autorités ont reconnu qu'il n'était pas disponible tout au long des côtes, où de nombreux villages sont dépourvus de sirènes d'alerte.

A plus de 1.000 km des Mentawaï, la population a rendu un dernier hommage aux victimes de l'éruption du volcan Merapi, l'autre catastrophe naturelle ayant frappé l'Indonésie cette semaine.

Une vingtaine des 32 morts ont été inhumés ensemble, certains corps n'ayant pu être identifiés après avoir été brûlés et défigurés par les cendres incandescentes crachées par le volcan mardi soir.

Une cérémonie particulière a été organisée pour celui qui personnalisait le Merapi aux yeux des Indonésiens, "grand-père" Marijan, qui officiait comme "gardien spirituel" de la montagne.

Le bilan humain aurait été bien plus élevé sans l'ordre d'évacuation de milliers de personnes habitant sur les pentes du volcan lancé lundi par les autorités.

Considéré comme le volcan le plus actif d'Indonésie, le Merapi est de nouveau entré en éruption jeudi, projetant des nuages de cendres et de nuées toxiques.

"Nous avons enregistré une secousse volcanique modérée. La menace est toujours là", a déclaré Surono, chargé de la surveillance des volcans en Indonésie.

Le déclenchement de petites éruptions n'est pas forcément un mauvais signe car elles permettent "d'éviter l'accumulation d'énergie susceptible de provoquer une violente éruption", a précisé un autre vulcanologue, Subandrio.

Première publication : 28/10/2010

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