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EUROPE

"L’Europe sera dans un état lamentable dans trois ans en termes de chômage et de croissance"

Texte par Aurélie BLONDEL

Dernière modification : 29/10/2010

Les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept se sont entendus jeudi sur des mesures pour éviter une nouvelle crise financière. Ce plan pourrait plomber la croissance et aggraver le chômage en Europe, alerte l’économiste Henri Sterdyniak.

Comment permettre à la zone euro de mieux résister aux crises financières à l’avenir ? Les chefs d’État et de gouvernement des Vingt-Sept, réunis jeudi à Bruxelles, sont tombés d’accord sur deux solutions : pérenniser le fonds de soutien aux pays en difficulté, créé en mai suite à la crise grecque, et renforcer la discipline budgétaire.

Mais pour l’économiste Henri Sterdyniak, spécialiste des questions européennes à l’OFCE (Centre de recherche en économie de Sciences-Po), l’Europe se trompe de voie.

FRANCE 24. En quoi consiste le fonds de soutien que l’UE veut pérenniser ?

Henri Sterdyniak, économiste à l'OFCE


Henri Sterdyniak. Le "Fonds européen de stabilisation financière" est un fonds de 750 milliards d’euros destiné à aider les pays qui ne pourraient plus emprunter sur les marchés. Sur les 750 milliards, le FMI s’est engagé à prêter 250 milliards, l’Union européenne 60 et les États européens 440. Ce fonds doit expirer en 2013. Les États européens souhaitent aujourd’hui un fonds permanent.

Ce dispositif sert à rassurer les marchés, à leur montrer qu’un État ne peut être mis en faillite. [NDLR : L’objectif est d’éviter le cercle vicieux de l’emballement des marchés : les investisseurs craignent qu’un pays ne puisse plus rembourser ses emprunts, ils lui imposent donc des taux d’intérêt élevés pour lui prêter de l’argent, la dette augmente automatiquement, la note du pays baisse encore, les investisseurs sont encore plus méfiants…]

FRANCE 24. En quoi consiste le renforcement de la discipline budgétaire, deuxième volet des mesures annoncées ?
H.S. Ce sont de nouveaux moyens de pression contre les États qui ne respectent pas le Pacte de stabilité et de croissance, qui impose un déficit inférieur à 3 % du PIB et une dette [cumul des déficits annuels] inférieure à 60 %.

Ces seuils sont aujourd’hui, suite à la crise, largement dépassés. Le déficit 2010 en France s’élève ainsi à 7,7 %. Actuellement, quand un pays dépasse ces limites, il peut en théorie être condamné à une amende, mais le Conseil [les États] doit voter cette sanction à la majorité qualifiée. Il ne l’a jamais fait, par solidarité avec les copains. Dorénavant, les amendes seront automatiques, et il faudra qu’une majorité qualifiée d’États se prononce contre afin que ces amendes ne s'appliquent pas.

F24. Pourquoi faut-il réformer le Traité de Lisbonne ?
H.S. Le Traité de Lisbonne interdit à un pays de soutenir la dette d’un autre. Pour que le fonds de soutien ne soit pas attaqué, par exemple par la vigilante Cour constitutionnelle allemande, il faut inscrire la solidarité dans le Traité. Mais une modification du Traité prend du temps : la Commission proposera un texte, qui devra être adopté par le Conseil et le Parlement, puis ratifié par chacun des vingt-sept États.

Le renforcement de la discipline budgétaire, en revanche, ne constitue pas une modification du Traité et ne nécessite pas une ratification par chaque État.

F24. Les mesures décidées jeudi à Bruxelles seront-elles efficaces selon vous ?
H.S. Ce n’est pas la bonne solution. La pérennisation du fonds de soutien va certes dans le bon sens. Plus de solidarité dans la zone euro permet en effet de rassurer les marchés sans avoir besoin d’une politique drastique de baisse des déficits à un moment inopportun – la sortie de crise.

Le problème, c’est que l’Allemagne accepte ce fonds, mais qu’elle en annule l’intérêt en imposant parallèlement la rigueur. Elle impose que ce fonds ne serve à rien ! On a appris aujourd’hui que le taux de chômage de la zone euro avait atteint un record - 10,1%. La situation s’aggravera si l’on oblige les pays à mener des politiques de rigueur alors que la croissance est faible et le chômage élevé. L’Europe sera dans trois ans dans un état lamentable en termes de chômage et de croissance.

F24. Un fonds de soutien sans lutte contre les déficits : ne serait-ce pas le risque de laisser croire aux États que tout est permis, puisque l’UE viendra à la rescousse ?
H.S. Non, faire appel au fonds n’est pas une partie de plaisir pour un État, l’aide est soumise à beaucoup de conditions. C’est comme une mise sous tutelle, il faut s’engager à faire des efforts fabuleux.

F24. Quelles solutions préconisez-vous ?
H.S. Pour rassurer les marchés, réaffirmons plutôt la solidarité dans la zone euro. La discipline budgétaire n’est pas le plus gros problème de l’Europe aujourd’hui. Le déficit est de 6,6 % dans la zone euro, contre 11 % aux États-Unis. Il faut renoncer aux seuils de 3 % et 60 %, et avoir une stratégie axée sur la croissance et l’emploi. Malheureusement, les États n’ont jamais réussi à se mettre d’accord pour plus de coordination économique. La crise n’a pas suffi à les convaincre.
 

Première publication : 29/10/2010

  • UNION EUROPÉENNE

    Les Vingt-Sept se résignent à une réforme "limitée" du traité de Lisbonne

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