- Ben Bernanke - Crise économique - Réserve fédérale
La Fed contre le reste du monde
Critiqué de toutes parts, le plan de soutien à l'économie américaine mis en place par la Réserve fédérale (Fed) risque, selon ses détracteurs, de compromettre l'équilibre du commerce international.
Même Barack Obama est monté au créneau. Le président américain a défendu, lundi, la décision de la Réserve fédérale (Fed) d’injecter près de 600 milliards de dollars dans l’économie américaine. "Ce n’est pas bon seulement pour les États-Unis mais aussi pour le monde entier", a estimé le locataire de la Maison Blanche, alors en visite d'État en Inde.
Tout le week-end, le numéro un de la Banque centrale américaine, Ben Bernanke, a bataillé dur pour défendre son plan qui consiste à acheter des bons du Trésor et autres obligations d’État dans l’espoir de soutenir la reprise et le crédit.
Il faut dire que la décision de la Fed a soulevé un tollé national autant qu’international. Du ministre allemand de l’Économie au grand argentier chinois en passant par d’anciens responsables de la Bourse de New York, les réactions sont unanimement négatives. Mais que reprochent-ils donc tous à ce plan de soutien à l’économie américaine ?
Marché des changes ébranlé
Tout d’abord de déstabiliser le marché des changes : la Chine a été prompte à accuser les États-Unis d’utiliser la planche à billets pour dévaluer artificiellement le dollar. Pékin a d’autant plus sauté sur l’occasion que c’est précisément ce qui est reproché à sa politique des changes. "Les États-Unis n’ont pas suffisamment réfléchi aux conséquences de ce plan pour les économies émergentes", a estimé, samedi, Zhu Guangyao, vice-ministre chinois des Finances, en forme de réponse du berger à la bergère.
Plusieurs pays craignent en effet qu’un dollar faible n’améliore les exportations américaines au détriment de celles des autres pays. "Les États-Unis arrosent leur pays et leurs entreprises de dollars", a déploré, dimanche, Guido Mantega, le ministre brésilien des Finances. L’Allemagne, grand pays exportateur, a également peu goûté l’initiative de la Fed. "La politique monétaire expansionniste des États-Unis m'inquiète parce qu’elle se résume à une manipulation indirecte du taux de change", a regretté, dimanche, Rainer Brüderle, le ministre allemand de l’Économie.
Montée du protectionnisme
Au motif d’inquiétude : le retour du protectionnisme. La Fed est accusée de mettre en péril la globalisation. Rien que ça ! Le Conseil des relations internationales (Council on foreign relations), un think-tank britannique, résume : "le plan de la Fed va contraindre un nombre croissant de pays à prendre des mesures protectionnistes pour lutter contre des exportations américaines stimulées artificiellement".
Cet organisme rappelle que le Brésil et la Thaïlande ont déjà adopté des nouvelles taxes douanières pour se protéger contre les importations chinoises. Une tendance qui va à l’encontre "du sens de la globalisation qui a permis aux pays émergents de se développer", regrette ce think-tank. Et en jouant ce jeu, les États-Unis perdraient "leur caution morale pour s’opposer à cette remise en cause de la globalisation".
La mère de toutes les bulles spéculatives : c’est le scénario catastrophe envisagé par un éditorial au vitriol du quotidien de gauche britannique "The Guardian". Le journal y compare l’injection de dollars à un shoot d’héroïne. Ben Bernanke veut que l’économie américaine se sente mieux ? La descente va être terrible, prévient l’éditorialiste. L’idée de la Réserve fédérale est de soutenir le crédit et donc la consommation. Une stratégie qui étonne "The Guardian" car "la crise de 2009 était largement due à une bulle du crédit" et que les Américains ont encore moins d’argent qu’avant pour s’endetter de nouveau. Les pousser à le faire revient à créer une nouvelle bulle encore plus dangereuse qu’auparavant. Et surtout condamnée à éclater également.
Crédit photo : Gage Skidmore (sur Flickr)


























Commentaires (3)
la FED, à nouveau le crédit "délirant"
OHLLA!!! encore la vertigineuse montée des crédits et de l'endettement, le cercle vicieux va une fois de plus s'enclencher et absolument tout le MONDE va encore une fois de plus pâtir de cette "indigence cérébrale" des décideurs qui pensent pouvoir tout se permettre sans tenir compte de l'avis général. Attention aux retombées désastreuses.
erreur
Le council on foreign relation n'est pas un think-thank britannique, c'est un think-thank americain equivalent de ce qu'est chatham house en grande-bretagne.
ramener la croissance
ramener la croissance économique aux Etats Unis en incitant les ménages américains à consommer davantage est une solution de court terme. Les américains devront par la suite chercher de nouvelles politiques économiques soutenables dans le temps qui favoriseraient l'épargne, l'investissement et l'emploi.
L'industrie américaine est à oxygéner en faisant la jonction viatle entre le système productif et la R&D.
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