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EUROPE

Les étudiants britanniques manifestent contre l'augmentation des droits universitaires

Vidéo par Lise BARCELLINI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/11/2010

Le projet du gouvernement Cameron, de relever à 6 000 voire 9 000 livres les frais d’inscription à l’université , a poussé mercredi 50 000 étudiants britanniques dans la rue. Les conservateurs espèrent économiser 3 milliards de livres.

AFP - Des étudiants britanniques ont pénétré mercredi par la force dans l'immeuble qui abrite le siège du Parti conservateur à Londres, débordant la police à l'occasion d'une manifestation sans précédent contre le triplement des frais d'entrée à l'université, a constaté l'AFP.

Une centaine d'étudiants se trouvaient toujours vers 16H00 GMT, trois heures après les premiers débordements, dans l'édifice situé près du Parlement en bordure de Tamise, après avoir fait voler en éclats des baies vitrées.

Les policiers ont dans un premier temps essayé de les repousser à coups de matraques, avant de se résigner à un long face à face.

En début d'après-midi, plusieurs dizaines de manifestants ont réussi à accéder au toit, où ils ont déployé des banderoles. D'autres ont allumé un feu devant la tour.

Les forces de l'ordre ont visiblement été surprises par les violences, une unité anti-émeutes n'étant dépêchée sur place que tardivement.

Les services ambulanciers ont fait état de cinq personnes blessées, sans plus de précisions. Une policière le visage en sang a été évacuée, a constaté un journaliste de l'AFP.

Aaron Porter, président du Syndicat national des étudiants (NUS), a dit "condamner totalement les violences", se disant "fier de la participation pacifique de 50.000 étudiants à la manifestation" organisée dans la matinée. "Honte à ceux qui sont ici pour semer le désordre", a-t-il ajouté sur la BBC.

La police a estimé quant à elle à 20.000 environ le nombre de d'étudiants, accompagnés de professeurs, qui ont manifesté contre le projet gouvernemental d'augmenter les frais de scolarité dans les facultés anglaises.

"9000 livres, ça va pas la tête ?"

Il s'agit de la plus importante manifestation organisée depuis l'entrée en fonction du gouvernement du conservateur David Cameron, en mai dernier.

"Les politiques semblent s'en foutre. Ils devraient prendre l'argent aux personnes qui en gagnent beaucoup, qui ont des salaires à sept chiffres, pas aux étudiants qui n'ont pas d'argent", a déclaré Anna Tennant-Siren, de l'université d'Ulster à Coleraine, en Irlande du Nord.

"On n'acceptera pas que la génération précédente passe ses dettes à la génération suivante", a déclaré de son côté le leader syndical Aaron Porter.

Sur des pancartes, on pouvait lire "Arrêter les coupes dans l'éducation", "9.000 livres, ça va pas la tête ?"

Plus tôt dans la journée, lors des questions au gouvernement à la Chambre des Communes, le vice-Premier ministre Nick Clegg, chef de file des libéraux-démocrates, avait dû faire face à une attaque en règle contre le projet d'augmentation des droits d'inscription à l'université.

La mesure, voulue par les conservateurs, a été acceptée par les libéraux-démocrates qui font partie de la coalition gouvernementale, bien que les "LibDems" aient promis durant la campagne électorale de ne pas augmenter les frais de scolarité.

Actuellement, les frais d'inscription pour les étudiants britanniques et européens dans les universités anglaises ne peuvent pas dépasser 3.290 livres (3.777 euros, 5.275 dollars) par étudiant et par an.

Mais le gouvernement du conservateur David Cameron veut autoriser les universités à les fixer à 6.000 livres, et dans "des circonstances exceptionnelles" à 9.000 livres.

Première publication : 10/11/2010

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