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EUROPE

La Turquie est bien décidée à intégrer l’UE malgré les réticences franco-allemandes

Vidéo par FRANCE 24

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 11/11/2010

Invité de FRANCE 24, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan dénonce le comportement "injuste" de Paris et de Berlin, de plus en plus réticents à accueillir la Turquie au sein de l’Union européenne.

Le processus d’intégration de la Turquie à l’Union européenne (UE) semble plus que jamais au point mort. La Commission européenne a, en effet, dressé mardi un tableau peu encourageant de l'avancée des négociations d’adhésion d’Ankara à l’UE.

Outre les problèmes liés à Chypre et à la liberté de la presse, pointés dans le rapport annuel des Vingt-Sept, c’est surtout aux réticences de Paris et de Berlin que se heurte la candidature de la Turquie. La France et l’Allemagne s’opposent de plus en plus à une adhésion pleine et entière du pays à l’Union.

Paris et Berlin "injustes" envers la Turquie

Interrogé par France 24, le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan déplore ce blocage et assure qu’il souhaite que les négociations "s’accélèrent et finissent par aboutir".

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"Depuis mon arrivée au pouvoir, je suis particulièrement attentif à ce qui doit être entrepris pour l’UE et je mets tout en œuvre pour respecter l'ensemble des acquis communautaires. Je suis déterminé à continuer dans cette voie."

Recep Tayyip Erdoğan juge en outre "injustes" les réticences de Paris et de Berlin à l’égard de son pays.

"Nous sommes avec la France et l’Allemagne dans l’Otan et dans l’OCDE, nous sommes membre de l’union douanière de l’UE, mais malgré cela, la France et l’Allemagne font de la résistance pour que la Turquie ne devienne pas un membre de l'UE à part entière." Il assure ainsi que son pays "continuera d’avancer patiemment sur [son] chemin".

Seuls 38 % d’Européens favorables à l’adhésion de la Turquie

Un chemin sur lequel se dresse désormais un nouvel obstacle. Le commissaire européen à l'Élargissement, Stefan Füle, juge en effet "vital" le soutien des citoyens "tant dans l'UE que dans les pays candidats" au processus d’adhésion.

"Aucun pays ne rejoindra l'UE avant d'être prêt à le faire à 100 %, (…) de même que l'UE doit être prête à 100 % à inclure de nouveaux pays", souligne-t-il dans son rapport.

Or, selon un récent sondage, seuls 38 % des Européens sont favorables à l'adhésion de la Turquie, contre 48 % auparavant. Quant aux Turcs, ils ne sont plus que 38 % à souhaiter rejoindre l'UE alors qu'ils étaient encore 74 % en 2004.

Des chiffres qui ne découragent cependant pas Recep Tayyip Erdoğan. Après avoir rappelé que "plus de cinq millions de Turcs vivent en Europe, dont 2,7 millions en Allemagne et 500 000 en France", il assure que "ces millions de personnes constituent un pont entre les pays".

La question iranienne

L’Union européenne voit également d’un mauvais œil le récent rapprochement d’Ankara avec Téhéran. Certains l'interprètent comme un virage diplomatique vers l’est aux dépends des pays occidentaux.

"Nous avons des relations avec tous les pays du monde", se justifie Recep Tayyip Erdoğan qui assure que "ce n’est pas la Turquie qui se détourne de certains pays mais [que] ce sont eux qui se détournent de la Turquie".

Selon lui, son pays se doit d’avoir de bonnes relations avec l’Iran, ne serait-ce que pour "être utile à la paix mondiale". "De plus, nous partageons avec ce pays 400 kilomètres de frontière ainsi que des valeurs culturelles et historiques. Nous ne pouvons pas les ignorer", ajoute-t-il.

Celui-ci tient cependant à réaffirmer son "opposition franche" au fait que Téhéran acquiert la bombe atomique, mais s’étonne "que la question ne soit pas soulevée à propos d’Israël".

Première publication : 10/11/2010

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