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Millon confirme l'existence de rétrocommissions dans l'affaire Karachi

Texte par Dépêche

Dernière modification : 22/11/2010

L'ancien ministre de la Défense Charles Millon a expliqué au juge Renaud Van Ruymbeke qu'il avait eu , en 1995, "l'intime conviction" que des rétrocommissions avaient bel et bien été versées dans le cadre de la vente de sous-marins au Pakistan.

AFP - L'ancien ministre de la Défense Charles Millon a confirmé devant le juge Renaud Van Ruymbeke l'existence de rétrocommissions versées jusqu'en 1995 en marge d'un contrat de vente au Pakistan de sous-marins français, a appris mercredi l'AFP de source proche du dossier.

M. Van Ruymbeke, chargé d'une enquête pour faux témoignage et entrave à la justice dans l'affaire de l'attentat de Karachi en 2002, a entendu lundi M. Millon, ancien ministre de la Défense chargé par Jacques Chirac de mettre fin aux versements de commissions sur certains contrats d'armement.

L'ancien ministre a confié au juge que "dans les quinze jours qui ont suivi" sa nomination au gouvernement en 1995, M. Chirac lui "a demandé de procéder à la révision des contrats d'armement et de vérifier dans la mesure du possible s'il existait des indices sur l'existence de rétrocommissions", selon cette source.

La justice s'interroge sur l'existence d'éventuelles rétrocommissions liées à la vente de sous-marins au Pakistan qui auraient été destinées au financement de la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre Edouard Balladur et dont le porte-parole était Nicolas Sarkozy.

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Selon cette hypothèse, l'attentat de Karachi de 2002 qui avait coûté la vie à 14 personnes dont 11 Français pourrait être lié à l'arrêt par Jacques Chirac du versement de commissions promises au Pakistan par le gouvernement Balladur.

"Pour le contrat pakistanais, au vu des rapports des services secrets et des analyses qui ont été effectuées par les services du ministère (de la Défense, ndlr), on a eu une intime conviction qu'il y avait rétrocommissions", a rapporté M. Millon, citant également le contrat Sawari II (vente de frégates à l'Arabie saoudite).

Au cours de cette audition, dont le Nouvel Observateur fait également état dans son édition de jeudi, M. Millon précise avoir été "en lien direct" avec les collaborateurs de M. Chirac, "en particulier avec le secrétaire général, Dominique de Villepin, qu'(il tenait) régulièrement informé des investigations".

Première publication : 17/11/2010

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