- Andry Rajoelina - Madagascar - Révision constitutionnelle
Tentative de putsch militaire à Antananarivo
L'État-major malgache a été convoqué en urgence après qu'un groupe de militaires a affirmé avoir pris le pouvoir. Pour l'heure, le calme prévaut sur l'île tandis que les électeurs doivent se prononcer sur un projet de Constitution.
Une vingtaine de militaires affirme avoir pris le pouvoir à Madagascar, alors qu’un référendum constitutionnel est organisé sur l’île. Les putschistes ont indiqué avoir dissout toutes les institutions gouvernementales et formé un comité militaire.
"A partir de maintenant, toutes les institutions existantes sont suspendues, et c’est un Comité militaire qui va gérer les affaires du pays", a affirmé le général Noël Rakotonandrasana, ancien ministre des Forces armées limogé le 7 avril dernier. Il s'exprimait depuis un camp militaire proche de l'aéroport d'Antananarivo, à une quinzaine de kilomètres en périphérie de la ville.
"L'État prendra ses responsabilités"
Cette déclaration est restée toute la journée sans effet perceptible dans la capitale. En fin de journée, de brèves échauffourées ont éclaté près de l'aéroport entre les forces de l'ordre et quelques centaines de manifestants anti-gouvernementaux.
"L'État prendra ses responsabilités et agira en conséquence. Actuellement, il y une réunion à la Primature avec l'état-major. Ce sont eux qui vont déterminer les mesures à prendre", a déclaré à la presse l'homme fort du pays Andry Rajoelina.
Selon Franck Ramarosaona, politologue et directeur du quotidien "Le Courrier de Madagascar" joint par France24.com dans la capitale malgache, le Premier ministre et général Camille Vital, envisageraient de lancer une opération contre ce groupe de militaires.
Le pays est plongé dans une grave crise politique depuis décembre 2008, au moment où Andry Rajoelina, alors maire de la capitale Antananarivo, avait mené une fronde contre le très impopulaire président Marc Ravalomanana. Sous la pression militaire et populaire, ce dernier avait fini par remettre le pouvoir à un directoire militaire, en mars 2009, qui l'avait ensuite confié à Andry Rajoelina.
Une tentative de coup d'Etat qui intervient à un moment-clé
La tentative de coup d’État intervient au moment où un scrutin-clé est organisé pour le régime en place. Près de huit millions de Malgaches étaient appelés aux urnes ce mercredi pour se prononcer sur un projet de Constitution, taillé sur-mesure pour l’homme fort de Madagascar. Ce nouveau texte, s'il était avalisé, permettrait notamment à Andry Rajoelina, âgé de 36 ans, de briguer la présidence malgache, jusqu’à présent interdite aux personnes âgées de moins de 40 ans.
Cette consultation populaire est présentée par le camp du dirigeant malgache comme la première étape d’une sortie de crise, qui paralyse la Grande Île depuis près de deux ans. Des élections législatives et présidentielle devraient être organisées courant 2011. "Ce référendum est un rendez-vous avec l’Histoire, a affirmé Augustin Andriamananoro, directeur de campagne pour le "oui". "Cette nouvelle Constitution va corriger les erreurs du passé par rapport aux abus de pouvoir et instaurer un pacte social entre gouvernés et gouvernant".
Rajoelina à la recherche d'une légitimité au travers du référendum
Pour nombre d’observateurs, cependant, ce scrutin n’est qu’une manière d’asseoir le pouvoir du président par intérim. "Ce référendum ressemble à une marche forcée organisée par Rajoelina pour s’imposer et se forger une légitimité", déplore Franck Ramarosaona. "Il suffisait de voir la campagne : elle était axée sur la personne de Rajoelina, pas sur le référendum", poursuit-il.
"L’opposition n’a pas réussi à se faire entendre [au cours de la campagne référendaire]", ajoute Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Institut de recherche internationale et stratégique (IRIS), en charge de l’Afrique. "Le "oui" va vraisemblablement l’emporter. Mais le nombre de votants risque d’être faible, ce qui pourrait entraver la légitimité que recherche Rajoelina", poursuit le chercheur, n’excluant pas un gonflement frauduleux du taux de participation.
En effet, malgré une campagne référendaire menée en grande pompe – prenant parfois des allures de campagne présidentielle avec distribution de tee-shirts, promesses mirobolantes et grands meetings politiques – le référendum ne soulève que peu d’enthousiasme au sein de la population. En fin de matinée mercredi, selon des chiffres non-officiels, seuls 18% des électeurs s’étaient déplacé dans les 18 000 bureaux de vote de l’île. À la veille du référendum, les partisans du "oui" affirmaient attendre plus de 40% de participation.
"Il y a une très grande lassitude chez les Malgaches, rapporte Franck Ramarosaona. Je crains une nouvelle crise, aussi violente que celle de 2002 [qui avait fait une centaine de morts dans des émeutes qui avaient éclaté au moment de l’élection présidentielle]".
Le mécontentement des Malgaches est accentué par un taux de chômage croissant et une situation économique catastrophique. Le pays, l’un des plus pauvres du monde, s’enfonce dans une crise économique persistante depuis que les bailleurs de fonds (Union européenne, France, Etats-Unis, ONU…) ont suspendu leur aide au pays après la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina en 2009.



























Commentaires (6)
Tu m'etonnes anonyme,
Tu m'etonnes anonyme, pourquoi ne pas dire carrement que tu es pour la re-colonisation de Madagascar. Vive le colonialisme.
Que penser de ce referundum
Que penser de ce referundum lorsqu'on sait que des fiches ont deja ete cochees au prealable et pour le "oui" bien evidemment. Et lorsqu'on sait que dans un des bureaux de vote, sur 638 votants, le oui l'emporte avec 739 voix.
Je ne vous site juste que quelques faits mais il y en a tout un tas dont, changement a la derniere minutes des reglements pour le referudum, genre, on peut voter avec juste un certificat de residence,....
Et dire que la France soutient ce regime en place.Je n'oserai meme pas dire regime car ce n'est meme pas une entite legitime. Il s'est empare du pouvoir en 2009, par coup de force, elle etait ou la France pour condamner? pas un seul communique ...un pays qui se dit democratique, mais qu'appelle t-elle democratie en fait? La france se dit etre l'ami de l'Afrique, soutenir les pays Africains soit disant pour leur developpement, mais en realite elle ne fait que foutre le bordel dans presque tous les pays Africains. Je plainds surtout nos compatriotes qui sont de meche avec.
Merci la France pour tout ce que vous avez fait et ce que vous nous ferez. Quelle joie que de savoir que vous etes toujours derriere l'Afrique pour l'aider a sortir de la misere.
Vive la France.
un putchiste renversé par un autre putchiste...
et pendant ce temps là le peuple malgache souffre...
depuis que ce DJ est au pouvoir les affairistes se sont enrichis soudainement..Il n'y a qu'à compter le nombre incalculable de 4*4 neufs d'une valeur de 100000 euros pièces qui roulent à mada depuis 2ans, il y a le trafic du bois de rose, bois précieux malgache.L'insécurité règne, on ne compte plus le nombre de personnes détenant des kalachnikov..La corruption est partout..Il n'y a plus d'usine de produits laitiers dans le pays depuis qu'ils ont détruits les usines du président élu ravalomanana, les enfants ont des carences en calcium. La situation est désastreuse pour le peuple malgache, et pendant ce temps là le pouvoir actuel vole le peu de ressources que l'état malgache possède.
Ces gens n'ont pas été élus démocratiquement et veulent légitimer leur pouvoir en organisant ce referendum mais le peuple malgache lui réclame des élections présidentielles depuis 2ans. Il veut modifier la constitution pour se présenter aux élections en mai (si elles ont lieu réellement) alors qu'il a promis qu'il ne se présenterait pas...C'est fou comme les hommes politiques ont la mémoire courte
nous les Malagasy ?! je suis
nous les Malagasy ?! je suis Malagasy et je vis à Madagascar depuis ma naissance et la pauvreté aigue, pour une lecture correcte, ne se résume pas à la transition. La dégringolade a commencé à l'ère Ratsiraka jusqu'à l'amateurisme politique de Ravalomanana. En témoigne les crises cycliques : 1972, 1991, 2002 et finalement 2009. Aussi, en parlant de vols, on peut faire un livre en listant les vols/détournements/corruptions depuis Ratsiraka>Ravalomanana également. Tout cela, ce n'est pas Rajoelina, c'est la faute à Voltaire ;-) C'est trop facile.
Un putsch pour un coup d'état,
Nous sommes perdus dans une crise qui nous renvoi à la pauvreté aiguë, nous les Malagasy accusent ce Andry Rajoelina de génocide et vol de tout les facettes.
C'est le bordel!
Cette ile est un veritable navire en perdition. C'est le desordre total!
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