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Asie - pacifique

Medvedev confirme que Moscou travaillera avec l'Otan sur le bouclier antimissile

Vidéo par Sylvain ATTAL

Texte par FRANCE 24 avec dépêches

Dernière modification : 20/11/2010

La Russie, par l'intermédiaire de son président Dmitri Medvedev, a accepté de prendre part au bouclier antimissile en Europe. En outre, le président russe a appelé le Sénat américain à ratifier le traité russo-américain de désarmement nucléaire.

Le président russe Dmitri Medvedev a confirmé samedi que Moscou allait travailler avec l'Otan sur le bouclier antimissile en Europe, en soulignant que son pays avait des projets "ambitieux" de coopération avec l'alliance.

Il a toutefois prévenu que la réponse positive donnée par la Russie à l'Otan pour travailler à un bouclier antimissile en Europe était conditionnée à la qualité de cette collaboration.

"La Russie doit encore se faire une idée définitive de ce que sera le système antimissile européen", a-t-il dit à la presse qui l'interrogeait sur la portée de l'accord conclu le jour même à Lisbonne lors du sommet Otan-Russie.

"C'est aux Européens qu'il revient de déterminer quelle est leur place, et à quoi ils veulent que le bouclier antimissile ressemble au bout du compte; et nous à notre tour, nous devrions réfléchir à la place que nous tiendrons", a encore déclaré M. Medvedev, qui s'est toutefois dit "plus optimiste après ce sommet qu'avant".

Medvedev : "Le bouclier antimissile ne peut se faire qu'à condition d'une entière collaboration (...) ou bien nous n'y participerons pas."

"Notre participation doit absolument être égale" à celle des autres, elle "doit même être celle d'un partenaire, il ne peut en être autrement", a-t-il ajouté.

"Ou bien nous participons pleinement, et nous échangeons les informations, sommes chargés de régler tel ou tel problème, ou nous ne participons en rien", a-t-il poursuivi, laissant entendre que Moscou n'accepterait pas de n'être qu'un simple complément du système otanien.

"Si nous ne participions pas du tout, alors nous serions forcés de nous défendre, pour des raisons compréhensibles", a-t-il conclu, dans une mise en garde proche de celle qu'il avait déjà formulée à l'issue du sommet franco-germano-russe de Deauville (ouest de la France) des 16 et 17 octobre.

"L'Otan doit d'abord déterminer elle-même comment elle conçoit une participation de la Russie à ce système", avait-il alors relevé.

Pour l'Otan, il n'est pas question pour l'instant d'un système intégré avec la Russie, mais d'un lien entre son propre bouclier -largement basé sur la technologie américaine- et celui de Moscou, consistant en un échange d'informations et des procédures d'alerte mutuelles.

Medvedev demande au Sénat américain d'être "responsable"

Appel de Dmitri Medvedev au Congrès américain

Le président russe Dmitri Medvedev a appelé samedi le Sénat américain à faire preuve de "responsabilité" en ratifiant le traité russo-américain de désarmement nucléaire START, mettant en garde contre une "réciprocité" de la position russe.

"J'espère que les législateurs américains vont faire preuve d'une approche responsable", a déclaré M. Medvedev, estimant que la non ratification du traité START par les Etats-Unis "serait une honte".


"Nous agirons en réciprocité en fonction de ce qui se passera aux Etats-Unis" a-t-il averti, lors d'une conférence de presse à l'issue d'un sommet à Lisbonne avec les dirigeants de l'Otan.

Un peu plus tôt, le président américain Barack Obama avait assuré avoir obtenu un "large soutien" de ses alliés de l'Otan à la ratification du traité, "élément essentiel pour la sécurité européenne et américaine".

Une grande partie des républicains au Sénat bloquent la ratification du nouveau traité START, signé en avril dernier par MM. Obama et Medvedev à Prague, et qui prévoit une réduction de 30% du nombre de têtes nucléaires détenues par les deux superpuissances atomiques et des vérifications mutuelles plus transparentes.

Barack Obama a besoin d'une majorité qualifiée de 67 voix sur 100 pour obtenir la ratification, et fait feu de tout bois pour convaincre un groupe de républicains réticent à voter ce texte avant la fin de l'année.

L'échéance est cruciale, car c'est à partir du 3 janvier 2011 que siégera le nouveau Sénat issu des élections législatives du 2 novembre. Les républicains y seront 47, contre 41 aujourd'hui, compliquant d'autant la tâche du président.

Dix nouveaux élus, tous républicains, ont demandé jeudi que START ne soit pas examiné par la chambre haute avant janvier, "par respect pour les électeurs de (leurs) Etats".

Première publication : 20/11/2010

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