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FRANCE

900 accidents médicaux surviennent chaque jour en France

Texte par Dépêche

Dernière modification : 26/11/2010

Une enquête révèle que 900 accidents médicaux ont lieu dans les hôpitaux français chaque jour, dont 400 pourraient être évités. L'étude pointe des défaillances humaines dues à de mauvaises conditions de travail.

AFP - Neuf cents accidents médicaux surviennent chaque jour, en moyenne, dans les hôpitaux et cliniques français dont près de 400 considérés comme "évitables", et plus de 600 hospitalisations sont causées quotidiennement par des accidents médicaux, appelés événements indésirables.

C'est ce qu'indique la deuxième enquête nationale sur les événements indésirables graves liés aux soins (Eneis), évitables ou non, dont "les résultats de 2009 sont proches de ceux de 2004", selon ses auteurs.

"Globalement, ça n'est pas brillant", convient Philippe Michel, directeur du Comité de coordination de l'évaluation clinique et de la qualité en Aquitaine (CCECQA) co-auteur de l'étude réalisée avec la Drees (évaluation et statistique).

L'étude a été réalisée auprès d'un échantillon représentatif d'établissements de soins aigus publics et privés, incluant 8.269 patients.

"Mais cela ne doit pas masquer les progrès qui ont été faits, par exemple en anesthésie-réanimation ou contre les infections nosocomiales, c'est-à-dire contractées à l'hôpital", tempère M. Michel.

Chaque année, entre 275.000 et 395.000 "événements indésirables graves" (EIG) surviendraient dans les hôpitaux et les cliniques dont 95.000 à 180.000 "évitables", selon l'étude. "A cela s'ajoutent 330.000 à 490.000 admissions causées par un EIG dont 160.000 à 290.000 peuvent être considérés comme évitables", précise-t-il.

Les EIG évitables sont ceux "qui n'auraient pas eu lieu si les soins avaient été conformes à la prise en charge considérée comme satisfaisante au moment de leur survenue".

"20% des EIG évitables survenus à l'hôpital ou en clinique sont associés à des médicaments". Et, "les médicaments sont en cause dans quasiment la moitié des cas d'EIG ayant entraîné une hospitalisation", ajoute Philippe Michel.

Il évoque le problème des traitements anticoagulants où on n'enregistre guère de progrès, avec des traitements compliqués qui peuvent être difficiles à gérer par des patients âgés.

Autre tendance, "une augmentation des hospitalisations pour infections du site opératoire, qui peut être liée à l'identification au domicile d'une infection contractée dans un établissement de santé". "Mais cela peut être aussi la conséquence d'une mauvaise prise en charge des plaies opératoires en ambulatoire (hors de l'hôpital,ndlr)", dit-il.

Cependant, tous les évènements indésirables liés aux soins ne sont pas considérés comme évitables. Ils peuvent aussi résulter de risques auxquels est exposé le patient dans le cadre de soins optimaux, souligne l'étude.

Ils touchent plus fréquemment des patients fragiles, âgés, souvent déjà dans un mauvais état de santé.

Le plus souvent, l'événement indésirable entraîne un prolongement d'hospitalisation, mais le pronostic vital ou une incapacité à la sortie de l'hôpital peuvent être en jeu, voire plus rarement un décès.

Les actes "invasifs" (pose de cathéter, de sonde, endoscopies..) et chirurgicaux sont à l'origine du plus grand nombre d'EIG évitables identifiés à l'hôpital, suivis des produits de santé (médicaments et dispositifs médicaux implantables : prothèses de hanche, implants oculaires, stimulateurs cardiaques...) et des infections nosocomiales.

Comme en 2004, l'étude pointe des "défaillances humaines desprofessionnels", moins souvent en lien avec des défauts de connaissance qu'avec des conditions de travail dégradées, "une supervision insuffisante des collaborateurs" ou encore une "mauvaise organisation" ou un "déficit de communication entre professionnels", note le Dr Michel.

Première publication : 26/11/2010

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