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Moyen-orient

Téhéran démarre sa première centrale nucléaire

Vidéo par Lise BARCELLINI

Texte par Dépêche

Dernière modification : 27/11/2010

L'Iran a discrètement annoncé le démarrage du réacteur de la première centrale nucléaire du pays, située à Bouchehr, ce samedi. L'installation a été construite par la Russie.

AFP - L'Iran a annoncé samedi le démarrage de sa première centrale nucléaire à Bouchehr (sud du pays), dans une discrétion contrastant avec la publicité faite autour du début du chargement en août de cette installation longtemps controversée construite par la Russie.

"Sans propagande ni publicité, nous avons installé toutes les barres de combustible et fermé le couvercle du réacteur. Nous attendons maintenant que l'eau du coeur du réacteur se chauffe petit à petit", a déclaré le chef du programme nucléaire iranien Ali Akbar Salehi.

Il n'a pas précisé à quel moment le démarrage du réacteur était intervenu. En août, les autorités avaient emmené les journalistes iraniens et étrangers sur le site de Bouchehr pour montrer le début du transfert du combustible vers le coeur de la centrale, opération présentée comme une grande victoire de l'Iran face aux Occidentaux qui ont longtemps tenté d'empêcher Téhéran de se doter d'une telle installation.

"Nous espérons que la centrale sera connectée au réseau national d'électricité d'ici un ou deux mois", a déclaré M. Salehi cité par les médias iraniens. Il avait indiqué précédemment que la centrale de 1.000 mégawatts serait connectée au réseau national lorsque le réacteur aurait atteint 40 à 50% de sa puissance.

M. Salehi a ajouté qu'une "grande fête" serait organisée en février pour célébrer le raccordement de Bouchehr au réseau national d'électricité.

Le démarrage de la première centrale iranienne, construite par la Russie, a pris environ deux mois de retard par rapport au calendrier initialement annoncé en août.

Les autorités ont attribué ce retard aux conditions météo défavorables, à une "petite fuite" à proximité du réacteur ou au souci de prendre toutes les précautions de sécurité pour le lancement de la centrale, sous contrôle d'experts russes.

Elles ont en revanche démenti tout lien entre ce retard et d'éventuels dégâts causés par le virus informatique Stuxnet, qui a infecté quelque 30.000 ordinateurs industriels en Iran. Stuxnet, dont l'existence a été révélée cet été, visait apparemment essentiellement les installations nucléaires iraniennes, au centre de nombreuses inquiétudes de la communauté internationale.

La Russie a achevé et livré la centrale de Bouchehr malgré les pressions des Etats-Unis et d'Israël, qui ont longtemps invoqué des risques de prolifération nucléaire.

La centrale, dont l'AIEA et les Occidentaux reconnaissent désormais qu'elle ne présente pas de risques proliférants, doit demeurer plusieurs années sous le contrôle conjoint de techniciens russes et iraniens.

La construction de Bouchehr, entamée par l'Allemagne en 1975 puis interrompue par la révolution islamique de 1979 et la guerre Iran-Irak (1980-88), avait été reprise par la Russie en 1995 après un refus allemand de relancer le chantier.

L'annonce du démarrage du réacteur de la centrale intervient alors que l'Iran et les grandes puissances du groupe des "5+1" --les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Grande-Bretagne), plus l'Allemagne-- doivent en principe se rencontrer le 5 décembre pour tenter de renouer le dialogue, interrompu depuis un an, sur le dossier nucléaire iranien.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté le 9 juin une nouvelle résolution condamnant l'Iran et renforçant les sanctions économiques internationales contre Téhéran pour son refus notamment de suspendre l'enrichissement d'uranium.

Les Occidentaux redoutent que l'Iran, malgré ses dénégations, ne cherche à se doter de l'arme nucléaire sous couvert de son programme civil.

Première publication : 27/11/2010

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