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Amériques

Éric Besson se défend de vouloir "censurer" WikiLeaks

Texte par Dépêche

Dernière modification : 05/12/2010

"Il n'est pas question de censure", a déclaré sur Europe 1, le ministre chargé de l'Économie numérique. Besson a toutefois répété qu'il jugeait "inacceptable" l'hébergement en France du site WikiLeaks, "considéré comme criminel" par les États-Unis.

AFP - Le ministre chargé de l'Economie numérique Eric Besson a récusé dimanche vouloir "censurer" Wikileaks, mais jugé "pas acceptable" que le site de révélations de documents secrets, "considéré comme criminel" par les Etats-Unis, puisse continuer d'être hébergé en France.

"Il n'est pas question de censure", a déclaré M. Besson, interrogé lors du Grand Rendez-vous Europe 1/Le Parisien/Aujourd'hui en France sur sa demande de mettre fin à l'hébergement du site par OVH, un des principaux hébergeurs français basé à Roubaix (Nord).

"L'Etat a son mot à dire", a-t-il ajouté pour justifier cette demande, se posant en partisan de la "liberté régulée" sur internet.

"Lorsqu'un site est considéré comme criminel par un pays démocratique et ami, est-ce qu'on trouve naturel qu'il puisse être hébergé en France comme il l'a été depuis quelques jours ?", s'est interrogé le ministre, avant de répondre: "ce n'est pas acceptable".

Eric Besson a précisé qu'il attendait "dans les heures ou dans les jours qui viennent" la réponse du Conseil général de l'Industrie, de l'Energie et des Technologies (CGIET) sur les moyens juridiques de mettre fin à l'hébergement de Wikileaks en France.

Il a jugé "un peu surprenante mais intéressante" la réaction d'OVH, qui a saisi la justice en référé pour qu'elle statue sur la légalité du site.

"De façon, à mes yeux, un peu surprenante, mais c'est très bien, je trouve que c'est une réaction intéressante, l'hébergeur en question a demandé au juge des référés de dire le droit", a-t-il dit.

Interrogé à propos d'éventuelles actions contre le quotidien Le Monde qui publie certaines des révélations de Wikileaks, M. Besson a rappelé que "ce n'était pas à lui de juger", mais qu'il avait constaté que le quotidien "a expurgé tout ce qui pouvait être une mise en cause de la vie d'autrui".

"C'est déjà une première étape", a-t-il conclu.
 

Première publication : 05/12/2010

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