AFP - Jean-Michel Lemétayer, patron depuis 10 ans de la FNSEA, passera la main à partir du 16 décembre, date d'un conseil d'administration au cours duquel sera choisi son successeur, un poste aujourd'hui âprement disputé.
Jean-Michel Lemétayer a annoncé mardi, qu'il quittait "dès maintenant" la tête du premier syndicat agricole français. C'est une "décision personnelle", a précisé M. Lemétayer sur Europe 1. Celui-ci n'avait jamais caché son souhait de quitter ses fonctions quelques semaines avant la fin de son mandat, prévu fin mars lors du Congrès de la FNSEA à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
"C'est un départ programmé, préparé", a ajouté M. Lemétayer, précisant qu'il n'était pas poussé à la "démission", alors que son mandat se terminait dans trois mois.
L'annonce de sa décision --qui est à effet immédiat-- a pris de court mais elle correspond avec la sortie ces jours-ci d'un livre-entretien "Confidences d'un leader paysan. Jean-Michel Lemétayer : une vie de combat syndical".
Hormis une petite poignée de dirigeants de la FNSEA, le gros des troupes n'a été informé de la décision de M. Lemétayer que dans un courrier diffusé cette nuit par mail, a-t-on appris de bonne source.
"J'ai décidé de passer le témoin dès maintenant. Ainsi les membres du Conseil d'administration éliront un nouveau président le 16 décembre", écrit M. Lemétayer dans une lettre adressée aux dirigeants de la FNSEA et dont l'AFP a obtenu une copie.
Ce départ anticipé va "permettre à la personne qui me succédera de prendre ses marques et surtout de présider aux importantes orientations qui seront votées à Saint-Malo fin mars", a encore expliqué M. Lemétayer.
Deux candidats sont en lice pour reprendre le flambeau et "la bataille fait rage", a-t-on appris de source proche du dossier.
D'un côté, Dominique Barrau, éleveur et actuel secrétaire général. Il est à ce titre numéro deux de la FNSEA et a de plus en plus pris la parole ces derniers mois en lieu et place de M. Lemétayer. De l'autre côté, Xavier Beulin, céréalier, est premier vice-président. Les deux hommes ont des profils diamétralement opposés.
Autant M. Barrau, avec son accent rocailleux, semble coller à l'image que l'on se fait des agriculteurs, autant le second semble tout droit sorti des meilleures écoles de commerce.
Selon le quotidien Les Echos, les deux hommes pourraient former un tandem pour prendre la direction de la FNSEA. Mais cette solution ne parait pas avoir la bénédiction de M. Lemétayer.
"Je souhaite que les deux candidats se mettent d'accord pour qu'il n'y ait plus qu'une seule candidature", a-t-il affirmé à l'AFP. "Il n'y a pas de binôme à la FNSEA (...) et je souhaite garder cette unité", a-t-il ajouté.
A l'issue du conseil d'administration du 16 décembre, il reviendra au nouveau président de finir le mandat de M. Lemétayer et d'organiser le prochain congrès de la FNSEA.
Ce congrès sera électif. Il renouvellera le conseil d'administration à qui il reviendra d'élire le nouveau président qui, si tout se passe comme prévu, devrait être celui qui aura déjà été choisi le 16 décembre. Les mandats sont de trois ans.
Elu en 2001 pour aller jusqu'au bout du mandat de Luc Guyau dont l'échéance était 2002, Jean-Michel Lemétayer, 59 ans, a été depuis constamment réélu.
Ces deux dernières années ont été marquées par l'une des plus graves crises qu'a connue le secteur agricole ces dernières décennies. En 2009, les revenus des agriculteurs ont chuté de plus de 30% après avoir déjà baissé de 20% en 2008.
Cette dernière période a aussi été l'occasion de fortes dissensions au sein de monde agricole où l'emprise de la FNSEA a été de plus en plus remise en cause par les autres syndicats, minoritaires, comme la Confédération paysanne et la Coordination rurale.








