Dernière modification : 08/12/2010 

- Éducation - France - OCDE


"En France plus qu'ailleurs, la réussite scolaire dépend du milieu économique"

"En France plus qu'ailleurs, la réussite scolaire dépend du milieu économique"

Selon un rapport de l'OCDE sur l'éducation, le nombre de mauvais élèves a fortement augmenté en France, ces neuf dernières années. Des résultats qui constituent "une mise en garde", d'après Éric Charbonnier, expert au sein de l'organisation.

Par FRANCE 24 (texte)
 

L’éducation en France n’est ni bonne ni mauvaise. Le système d’enseignement français se trouve au milieu, dans la moyenne du classement des pays riches et en développement publié par l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), ce mardi.

Les experts de l’organisation placent la France au 22e rang sur 65 pour la compréhension de lecture et les mathématiques, et au 27e rang pour l’enseignement des sciences.

Mais ce niveau est en baisse. Lors de la précédente étude menée par l’organisme en 2000, la France se situait au dessus de la moyenne des pays de l’OCDE. Depuis, la part de bons élèves est passée de 32 % à 28 % et le nombre d’enfants en échec scolaire a augmenté de cinq points, passant de 15 % à 20 %.

Triste exception française

"L’augmentation de cette part de mauvais élèves est principalement dû au fait que la seule méthode appliquée en France contre l’échec est le redoublement", analyse Éric Charbonnier, expert à la direction de l’éducation au sein de l’OCDE et co-auteur du rapport. "Les pays qui réussissent appliquent d’autres méthodes, comme le soutien personnel. La province de Shanghaï, qui arrive en tête des performances scolaires, envoie ses meilleurs enseignants dans les écoles les plus difficiles", précise-t-il.

Selon l’étude de l’organisation, les élèves en difficulté en France sont en grande partie issus de milieux socioculturels défavorisés. "En France plus qu’ailleurs, la réussite dépend du milieu économique", précise l’expert. Triste exception française. Le Portugal, qui se situait en deçà de la moyenne de l’OCDE en 2000, est considérablement remonté dans le classement de 2009 grâce à une série de réformes axées sur la lutte contre les inégalités sociales. Des aides personnalisées aux enfants issus de familles défavorisées ont notamment été mises en place.

Des salaires trop bas pour les professeurs débutants

Dans ce sens, "la France doit améliorer son apprentissage dans les ZEP [Zones d’éducation prioritaires], en donnant davantage d’autonomie aux directeurs, et en incitant les professeurs expérimentés à y enseigner", poursuit Éric Charbonnier. Et pour ce faire, le rapport de l’OCDE est clair : il faut augmenter le salaire des enseignants.

"Au niveau du système d’éducation, l’enquête montre qu’une performance élevée est associée non à la réduction de taille des classes, mais à l’augmentation du salaire des enseignants", affirme le rapport.

En France, un enseignant débutant gagne moins que la moyenne des pays de l’OCDE, et il est souvent en charge de classes difficiles. "C’est décourageant pour les jeunes professeurs, affirme Éric Charbonnier. Dans les ZEP, il y a un 'turn-over' énorme, ce qui induit un manque de cohésion et d’expérimentation de l’ensemble des équipes enseignantes."

Pour le chercheur, l’heure n’est toutefois pas à la panique. "Les programmes scolaires sont bons, les élites [bons élèves] sont suffisamment nombreuses, précise-t-il. Mais ce rapport fait office de mise en garde : si rien n’est fait, le niveau va continuer de dégringoler."

Le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, a promis de remédier aux maux du système éducatif français en mettant en place un "plan sciences", qui s’ajoutera au "plan illettrisme" déjà existant. Il a également promis un développement de l’aide personnalisée au lycée.
 

Commentaires (6)

la reussite scolaire depend du milieu economique

je ne suis pas d'accord ! je soutien que la reussite scolaire depend du milieu economique, si vous venez d'un milieux aise, par consequent vous avez les moyens, et de ce faite peu importe le niveau de l'enfant vous trouverez toujours un moyen de combler les lacunes, soit avec 1 prof a domicile, ou alors le mettre dans une ecole plus cote, bref par ce que vous avez le financement necessaire, vous trouverez toujours un moyen pour donner a votre enfant l'envie d'apprendre, pour qu'il soit entoure que de gens qui eux aussi veulent apprendrent. mais si au contraire vous n'avez pas ces moyens et bien qu'arrivera t'il? si l'enfant frequente une ecole (que vous juge peu recomandable mais par faute de moyen vous n'avez d'autre choix que de l'y envoyer)et que ce dernier rencontre des difficultes mais encore par fautes de moyen vous ne pouvez rien y faire (pas de possibilite de cours particulier...), si par manque de moyen vous ne pouvez tous simplement pas payer une tutrice ou meme lui offrire l'environement adequate dont t-il a besoin, dites moi, s'il n'y a toujours pas de relation entre les etudes et le milieu sociale ?

l'école

Et si l'enfant était enfin une priorité ?

L'enseignement et les parents sont coupables.

Si le niveau scolaire n'est pas bon, c'est que l'enseignement est médiocre. D'autre part, si les enfants ne sont pas éduqués, c'est qu'on ne pense d'abord qu'à une chose, une seule: les nourrir sans leur apprendre à bien se tenir à table. Parents et enseignants zéros pointés.

Ortiz-Miko

Amen! Je suis tout a fait d'accord avec toi!
Les parents ont leur part de responsabilité: eduquer leurs enfants plus severement pour qu'ils se comportent mieux a l'ecole. Des eleves plus sages permettrait un meilleur enseignement. Plus de sanctions aideraient aussi a maintenir les eleves sages.
Je n'ai que 30 ans, mais a mon epoque, on ne repondait pas au profs ou a ses parents. Beaucoup de jeunes aujourd'hui ne connaissent pas ces limites, et je suis certaine que le plus gros du probleme est bien la!

élève en diff.

une élève en petite difficulté en 1s en math réponse de la prof que fait tu en S.!!

Conclusion tronquée

Dire que la réussite scolaire dépend du niveau économique est une interprétation douteuse et carrément orientée qui vise à raviver la lutte des classes et à discréditer l'Education Nationale. C'est au contraire la réussite scolaire qui influe le niveau économique !
Ce qui est réellement en cause, ce sont les programmes (du n'importe quoi, où notamment l'idéologie supplante les savoirs, programmes qui changent tous les deux ans en plus), également la culture du zéro effort approuvé par les parents et compris comme un "avantage acquis" et la valorisation du cancre que toute vedette des "arts et du spectacle" se vante d'avoir été !

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