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FRANCE

Prison ferme pour sept policiers, les syndicats en colère

Vidéo par France 2

Texte par Dépêche

Dernière modification : 10/12/2010

Sept policiers de Seine-Saint-Denis, qui ont menti pour masquer une bavure, ont été condamnés à des peines de prison ferme. Les syndicats de police ont manifesté contre le tribunal de Bobigny qui est allé au-delà des réquisitions du procureur.

REUTERS - Sept policiers reconnus coupables de violences et de fausses accusations de tentative d'homicide contre un homme ont été condamnés vendredi à des peines de six mois à un an de prison ferme, ce qui a suscité la colère des syndicats de la profession.

Le tribunal correctionnel de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a en outre ordonné l'inscription au casier judiciaire pour cinq d'entre eux de la sanction, ce qui entraînerait une radiation
automatique de la police si le jugement était confirmé en appel.

Le tribunal est allé au-delà des réquisitions du parquet qui avait demandé lors du procès le mois dernier des peines de trois à six mois de prison avec sursis.

Le parquet a décidé de faire appel du jugement, comme les prévenus, et il y aura donc un second procès.

Dans des déclarations publiées par plusieurs médias, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a estimé que le jugement pouvait "légitimement apparaître, aux yeux des forces de sécurité, comme disproportionné" et le préfet de Seine-Saint-Denis Christian Lambert s'est dit "étonné".

Les syndicats de police ont vivement protesté et organisé une manifestation devant le tribunal, rassemblant des voitures dont ils avaient allumé les gyrophares.

Le syndicat Synergie-officiers parle de "déclaration de guerre à la police" par les juges. "Au-delà des sept policiers de Bobigny qui ont fauté, ce sont bel et bien tous les policiers
de France qui prendront ce verdict incroyable comme un camouflet à leur encontre et un nouvel appel à la haine venant de magistrats", dit ce syndicat dans un communiqué.

Guerre police - justice

Le Syndicat national des officiers de police (Snop), tout en condamnant les actes des policiers visés, proteste quand même car selon lui les peines sont trop lourdes.

"Le corps des fonctionnaires de la police a le sentiment d'être déconsidéré par rapport aux autres citoyens aux prises avec la justice", déclare Unité-SGP Police (majoritaire).

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) a réagi en qualifiant "d'ahurissantes" les réactions du ministre, du préfet et des syndicats de policiers.

"Le métier de la police n'est pas de faire des faux et de frapper des suspects. Ces faux auraient pu conduire une personne en cour d'assises où il encourait la réclusion à perpétuité", a dit à Reuters son président Chtistophe Régnard.

Les policiers condamnés, qui ne sont pas écroués en raison du caractère suspensif de l'appel, étaient accusés d'avoir imputé les blessures d'un de leurs collègues survenues le 9 septembre à Aulnay-sous-Bois, près de Paris, à une tierce personne qu'ils poursuivaient.

Ces blessures résultaient en fait d'une collision avec une autre voiture de police. Trois des policiers ont de plus frappé ensuite à terre l'homme qu'ils poursuivaient et tous ont relaté une fausse version en rédigeant un faux procès-verbal.

L'audience du procès avait provoqué un incident, les syndicats de police s'élevant contre le réquisitoire d'un magistrat du parquet comparant les policiers à la Gestapo.

Une enquête administrative a été ouverte sur les propos prêtés à ce magistrat en vue d'éventuelles poursuites disciplinaires du procureur devant le Conseil supérieur de la
magistrature.

Les querelles entre syndicats de policiers et de magistrats se multiplient ces derniers mois. Les premiers imputent aux seconds des remises en liberté de suspects jugées abusives, ceux-ci répondant que leur fonction est justement d'examiner la
validité des charges et le bien-fondé de condamnations.

 

Première publication : 10/12/2010

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